Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

coexistence pacifique (suite)

Perspectives

La logique du système mène donc à un blocage général des relations internationales à un niveau déterminé du rapport des forces. On peut, cependant, relever quelques facteurs susceptibles de remettre cet équilibre en question.

Une découverte technique qui donnerait à l’un des deux une suprématie indiscutable est hautement improbable, car l’effort fourni de part et d’autre dans la recherche militaire est tel que les découvertes sont quasi simultanées ou facilement rattrapables. Par contre, un accident est toujours possible, qui déclencherait un suicide collectif que personne n’aurait voulu. L’évolution interne des pays non (ou vaguement) inclus dans une sphère d’influence peut mener au pouvoir une équipe qui passe allégeance à la puissance de l’autre camp. Il est donc exclu, à long terme, que les sphères se stabilisent définitivement.

L’apparition, sur la scène internationale, d’unités politiques capables de se doter d’un arsenal nucléaire complet remettrait entièrement en question le système duopoliste. À moyen terme, il est probable que la Chine parviendra à ce stade. La constitution d’États unis d’Europe viendrait encore bouleverser les situations acquises. En outre, la puissance extérieure reposant, en dernière analyse, sur la cohésion intérieure, le principal facteur d’évolution du système international est constitué par la situation intérieure des deux puissances : des transformations fondamentales tant à Washington qu’à Moscou pourraient entraîner une redistribution générale des cartes. Enfin, l’admission de la Chine aux Nations unies et sa politique d’ouverture diplomatique modifieront assurément la situation internationale des prochaines années.

J. B.

 La « Coexistence pacifique », numéro spécial de Tiers Monde (P. U. F., 1969). / P. Breton et J. P. Chaudet, la Coexistence pacifique (P. U. F., 1971).

Coffre

Poisson osseux téléostéen, de l’ordre des Tétrodontiformes, de la famille des Ostracionidés, dont le corps est recouvert d’une mosaïque de plaques osseuses dermiques formant carapace. Les Coffres, le plus souvent brillamment colorés, vivent au voisinage des récifs coralliens.



Description

Les Coffres sont des Poissons aberrants à plus d’un titre. La carapace externe, qui leur a valu leur nom, est en effet si rigide qu’elle s’oppose à toute déformation du corps, si bien que la musculature axiale, devenue inutile, a disparu. De cette boîte, qui présente, suivant les espèces, trois à cinq arêtes longitudinales et un nombre variable d’épines au-dessus des yeux ou en avant de l’anus, seuls se détachent, avec une certaine mobilité, la bouche, les yeux, les nageoires et le pédoncule caudal. La bouche est armée d’un bec, formé par la soudure de dents nombreuses. La cavité branchiale ne pourrait assurer la circulation de l’eau nécessaire à la respiration si des espaces lymphatiques internes n’existaient pas sous la carapace. Seules les pectorales, la dorsale, l’anale et la caudale, portée par un pédoncule court, assurent les mouvements de l’animal. Les pelviennes ont disparu.

Les Coffres sont des omnivores. En effet, ils se nourrissent de nombreux petits Invertébrés, mais peuvent aussi brouter les Coraux au milieu desquels ils vivent.

La rigidité de la carapace externe a entraîné, outre la perte de la musculature troncale, l’ankylose de la colonne vertébrale, qui comporte toujours un petit nombre de vertèbres (une quinzaine) ; l’ossification est faible. La coloration des Coffres est souvent très vive et doit être rapprochée de la toxicité de l’animal, qui libère dans l’eau, quand il est attaqué, une toxine mortelle pour d’autres Poissons. Souvent, mâle, femelle et immature ont des livrées différentes.

Les Coffres dépassent rarement 50 cm de long ; malgré leur toxicité, ils sont souvent consommés (grillés) par les peuples des îles océaniennes.


Espèces voisines

Tous les Tétrodontiformes ont les mêmes caractères généraux que les Coffres ; présence d’une carapace externe faite de plaques osseuses, d’épines, d’écaillés rigides ou d’un cuir épais ; ankylose de la colonne vertébrale et petit nombre de vertèbres ; absence de pelviennes ; soudure des dents en plaques, formant bec ; présence d’un sac stomacal permettant à l’animal de se gonfler d’air ou d’eau ; enfin toxicité des tissus. La chair de la plupart de ces Poissons est vénéneuse, et son ingestion provoque parfois des empoisonnements mortels, appelés ciguatera.

Les Tétrodontiformes proviennent vraisemblablement de Perciformes voisins des Poissons-Chirurgiens (Acanthuridés) et comprennent de nombreuses formes voisines fort intéressantes.

Les Balistidés ont conservé l’écaillure normale des Poissons, et une première dorsale à trois épines explique leur nom vulgaire d’Arbalétriers. C’est en effet la seconde épine qui maintient la première en érection et la troisième qui déverrouille le système. Il existe huit dents à chaque mâchoire, formant bec à l’extrémité d’un rostre conique. La dorsale, molle, et l’anale sont rejetées à l’arrière du corps, entourant un pédoncule caudal portant une nageoire en faucille. Les Balistes ont tous la même forme générale caractéristique et sont vivement colorés. Ce sont des Poissons tropicaux, qui se réfugient dans les Coraux au moindre danger. Les Monacanthes, ou Poissons-Limes, n’ont qu’une seule épine dorsale.

Les Tétrodons, ou Poissons-Globes, ont un bec formé de quatre plaques dentaires. La peau est nue. Le sac stomacal permet à l’animal de se gonfler au-delà de l’imaginable, force de dissuasion considérable vis-à-vis du prédateur, qui se trouve soudain en présence d’une proie qu’il ne peut plus avaler. Leur chair est particulièrement toxique. Les Diodons, ou Poissons-Porcs-Epics, ont un bec formé de deux plaques et le corps couvert d’épines érectiles quand l’animal gonfle d’air ou d’eau son sac stomacal. Également vénéneux, ils finissent souvent dans les boutiques, comme les Poissons-Globes, à l’état de lanternes japonaises.