Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

cirque (suite)

En Espagne, ce n’est qu’en 1830 que le mot cirque semble avoir, pour la première fois, brillé sur une enseigne madrilène. Il s’agissait du Circo Olímpico, mais la vitalité du cirque espagnol ne s’exprima vraiment qu’en 1855, lorsque Thomas Price installa sa demi-construction à Madrid. Venu pour quelques représentations, il resta des années. L’une des grandes attractions du Circo Price fut la cavalerie de l’Anglais William Parish, qui en devint directeur en 1876, à la mort de Thomas Price.

À Barcelone, Thomas Price donna des représentations en 1857. Dans cette ville, le cirque fut aussi représenté non seulement par Thomas Price, mais aussi par Ciniselli, qui monta le Gran Circo Real, puis par Alegria... La femme de ce dernier, puis Charles J. Rancy dirigèrent le théâtre Tivoli devenu cirque ; il fut démoli en 1919. Un autre établissement, le Circo Olimpio, lui succéda de 1924 à 1936.

Actuellement, outre le circo Price de Madrid, les grands cirques espagnols sont ambulants ; le plus important est l’Americano, ou plutôt les Americanos, car sous cette enseigne circulent plusieurs chapiteaux. D’autres intéressants cirques locaux contemporains sont : le circo Atlas, le circo Maravilla, le circo Monumental, le circo Nacional, le circo Suiza, le circo Amerós-Silvestrini, etc.

Au Moyen-Orient, en Israël, il y a le Ziratron, qui accueille souvent des numéros français.

En Chine, le cirque, dans la structure que nous connaissons, n’existait pas avant 1949. Cela venait du fait que le dressage du cheval et d’autres animaux était très peu pratiqué par les Orientaux, lesquels excellaient, par contre, depuis des siècles, dans le domaine de l’acrobatie et de l’adresse. Bien des traditions de jonglerie, de contorsion, de magie, de danse de corde ont des origines orientales.

De nos jours, les bateleurs qui travaillaient en plein air ont été rassemblés et intégrés dans une troupe appelée Ensemble acrobatique et artistique de la république de Chine.

Maintenant, il y a à Pékin un cirque et des chapiteaux, où, grâce à l’influence occidentale, se sont créés des numéros équestres et où divers animaux — ours, chiens, singes — rivalisent de force et d’adresse.

Au Japon, jusqu’à ces dernières années, les attractions dignes de figurer au cirque n’avaient pas plus qu’en Chine de cadre approprié.

Actuellement, le cirque Kozo Kinoshita est un chapiteau à deux mâts pouvant accueillir 2 000 spectateurs. La troupe est familiale et acrobatique. Notons qu’il n’existe pas de caravanes-habitations, et que les artistes vivent tout simplement dans des boxes aménagés sous les gradins et l’orchestre.

Le premier cirque qui visita l’Inde fut un chapiteau français, le cirque Gaberel : on y voyait parfois les éléphants servir de loges pour les spectateurs. Les cirques Osako, Harmstone et Karlekar Grand Circus lui succédèrent.

Actuellement, les principaux cirques de l’Inde sont le Kemale Circus, le Great Orient Circus, le Great Bombay Circus, le Great Eastern Circus.


Le spectacle du cirque

Un programme de cirque comprend de l’équitation, de l’acrobatie, de la clownerie, du dressage, de la magie parfois et de la musique pour lier le tout. Ces principales disciplines se subdivisent en ce que l’on appelle des « numéros ».


L’équitation

Le domaine équestre, qui est la base même d’un programme de cirque, permet une infinité de numéros.

Le cheval de cirque est présenté soit « en liberté », soit « en voltige », ou « en haute école », ou encore pour des « élévations », à moins qu’il ne soit dressé à jouer l’« acrobate », le « savant » ou le « comédien » dans des exercices de mémoire, d’équilibre ou de mime, ou encore habitué à servir de monture à des cavaliers insolites tels que les chiens, les singes, voire les poneys, les ours, les lions ou les tigres !

Le numéro des chevaux en liberté est le plus courant. Des chevaux empanachés tracent, au commandement de maîtres dresseurs (tels les Carré, les Rancy, Alexis Gruss, Althoff, les Knie, les Bouglione), des arabesques, valsent, se cabrent, s’agenouillent, échangent leur place entre eux ou sautent plusieurs obstacles. Généralement, les chevaux choisis pour évoluer « en liberté » sont légers ; ils ont même taille, même robe, même race.

Les groupes les plus fréquemment vus sont constitués par des arabes, des trakhènes, des palominos, des lippizans ou encore des poneys des Shetland.

Le numéro de cheval de voltige est d’inspiration militaire. On y suit les évolutions d’un cavalier (Charly Clarke, Ricono, Dany Renz) qui se tient debout sur sa monture, s’y équilibre d’un pied, saute par-dessus sa cravache, descend et remonte « en voltige ». Mais il y a des nuances selon l’appellation du numéro : dans la « voltige à la cosaque » (Antadze, Bratuchin, Pakhonimof), il est de tradition que l’écuyer passe sous le ventre de sa monture ; dans la « voltige à l’indienne » (Holdy Barlay, Lance King, Alexis Gruss Jr), des tirs à la carabine et des jeux de lassos pimentent les acrobaties ; dans la « voltige à la Richard », du nom de son créateur David Richard (Chotachem Courtault, Touly Carré, les frères Rancy), le travail se fait sur un cheval sans selle ni bride ; pour le « jockey d’Epsom » (création de l’Anglais Bell), le cavalier (Bradbury, les frères Houcke), costumé en jockey, mène tout d’abord une course. Il y a aussi la voltige comique avec les comédies équestres du « tailleur », du « paysan » ou du « marin », qui datent des tout premiers temps du cirque. Dans le « tailleur » ou le « paysan », le voltigeur (tel Foottit), qui arrive en piste étrangement gros, enlève une dizaine de gilets alors qu’il s’équilibre à cheval. Dans le « marin », il tangue ostensiblement et danse une gigue...

Dans le cas de l’écuyère, le numéro du voltigeur devient celui de la ballerine à cheval, mais, avec elle, toute la force devient charme. À la grande époque du cirque, les ballerines exécutaient de vrais pas de danse entre deux sauts à travers les cerceaux de papier ou par-dessus des rubans.