Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

chrome (suite)

 A. Michel, Aciers à outils (Dunod, 1944 ; 2e éd., 1950). / R. Dürrer, Die Metallurgie der Ferrolegierungen (Berlin, 1953). / A. H. Sully, Chromium (Londres, 1954). / L. Colombier et J. Hochmann, Aciers inoxydables, aciers réfractaires (Dunod, 1955 ; 2e éd., 1965). / M. J. Udy (sous la dir. de), Chromium (New York, 1956 ; 2 vol.).

chromosome

Structure rencontrée dans tous les êtres vivants, qui est responsable de leurs caractéristiques morphologiques et fonctionnelles et en permet la transmission héréditaire.


Il est remarquable que toute cellule engendre des cellules identiques à elle-même, que tout individu n’engendre que des individus identiques à lui-même. Ce fait est dû à ce que chaque cellule, chaque individu possède une information qui est responsable des caractéristiques propres de la cellule, de l’individu. Cette information, qui est transmise de parents à enfants, est inscrite dans les molécules d’acide désoxyribonucléique, ou A. D. N.


Les chromosomes dans les différentes espèces animales et végétales

L’organisation propre de l’A. D. N. dans les cellules varie avec les espèces. Chez les unicellulaires, les Bactéries, l’A. D. N. est disposé en un long filament unique circulaire, dit « chromosome circulaire ». À mesure que les espèces se compliquent, l’A. D. N. s’organise de manière plus complexe en s’unissant en particulier à des molécules protidiques pour former des structures appelées chromosomes. Le nombre des chromosomes est spécifique d’une espèce donnée, il est le même dans toutes les cellules de l’organisme à l’exception des cellules reproductrices, ou gamètes.


La structure des chromosomes

Les chromosomes sont essentiellement constitués d’acide désoxyribonucléique (A. D. N.), d’acide ribonucléique (A. R. N.) et de protéines.

L’A. D. N. représente l’élément « noble » du chromosome. C’est lui qui contient l’information génétique. Il n’est renouvelé que lors de la division cellulaire.

L’A. R. N. chromosomique est surtout de l’A. R. N. messager. Il est synthétisé par les gènes en activité. C’est lui qui va porter l’information génétique du noyau dans le cytoplasme, où il servira de moule pour la synthèse des protéines.

Les protéines constituent essentiellement une matrice. On pensait jadis que c’étaient elles qui étaient responsables de l’information génétique. On sait maintenant qu’il n’en est rien, puisque c’est bien l’A. D. N. chromosomique qui est le vecteur de l’hérédité.

La structure intime du chromosome est encore l’objet de conjectures. Il est évident que la section d’un chromosome est beaucoup trop grande pour correspondre à une seule fibre d’A. D. N. Cette dernière doit donc être « tassée » à l’intérieur du chromosome. On ne sait cependant si celui-ci a une structure mono- ou plurifibrillaire, c’est-à-dire s’il existe une seule fibre d’A. D. N. ou bien plusieurs fibres d’A. D. N. juxtaposées transversalement. Il est possible que la structure soit monofibrillaire et que la fibre d’A. D. N. soit l’objet d’un « pliage » en échelle un peu à la manière d’un « paquet de coton hydrophile » (Taylor).

Certains chromosomes ont une structure particulière. Ce sont les chromosomes plumeux observés dans les ovocytes du Triton. Il existe un axe principal ainsi que de nombreuses boucles qui semblent partir de cet axe principal et qui donnent au chromosome une forme d’écouvillon. L’axe de la boucle a un diamètre de 60 à 80 Å, parfaitement compatible avec le diamètre d’une fibre d’A. D. N. entourée d’un manchon protidique. Cette observation ainsi que les études effectuées sur la duplication des chromosomes sont en faveur d’une structure monofibrillaire.

Chez les organismes supérieurs, les chromosomes sont séparés du reste de la cellule par l’enveloppe nucléaire. La cellule est alors caractérisée par un noyau bien défini, ainsi que par un mécanisme complexe de division cellulaire (la mitose) qui comprend en particulier la condensation des chromosomes en une structure hélicoïdale et un appareil mitotique. Les chromosomes ne sont bien définis individuellement que pendant les divisions cellulaires. Pendant l’interphase, ils sont « débobinés » et enchevêtrés, et ne sont pas de ce fait individuellement discernables.

On admet que toutes les cellules possèdent bien toute l’information génétique de l’organisme, mais que celle-ci est partiellement inactivée selon les cellules afin de leur permettre de remplir leur rôle propre. Par exemple, une cellule hépatique n’utiliserait que la partie de l’information génétique dont elle a besoin pour assurer son rôle de cellule hépatique, le reste de l’information génétique étant inactivé ou réprimé. Une cellule nerveuse utiliserait de la même manière une portion différente de l’information génétique dont elle dispose.


Les chromosomes polytènes

Dans les glandes salivaires des larves de certains Diptères, des Drosophiles par exemple, il existe de grosses cellules ayant un noyau énorme. Les chromosomes y sont très longs et ont une section de l’ordre de 3 à 4 μ. Ils résultent du fait que les chromosomes se sont divisés un très grand nombre de fois sans que la cellule se soit divisée. Certains chromosomes polytènes correspondent à près de deux mille chromosomes individuels serrés les uns contre les autres. Ces chromosomes polytènes ont un grand intérêt, car on observe à leur surface des accidents topographiques caractérisés par des alternances de bandes sombres et de bandes claires. Ils permettent de localiser sur le chromosome les accidents chromosomiques tels que des délétions, c’est-à-dire des pertes de matériel chromosomique, ou des duplications. Th. H. Morgan et son école, aux États-Unis, ont pu ainsi constituer la carte chromosomique de la Drosophile, c’est-à-dire attribuer à chaque accident topographique les différents gènes connus chez cet organisme.


Chromosomes sexuels

La plupart des espèces supérieures sont bisexuées. Les deux sexes, mâle et femelle, diffèrent essentiellement par une paire chromosomique, la paire des chromosomes sexuels. Dans beaucoup d’espèces, c’est le sexe femelle qui est dit « homogamétique » ; il est caractérisé par l’existence de deux chromosomes identiques, les deux chromosomes X. Le sexe mâle est alors dit « hétérogamétique » ; il est caractérisé par la présence de deux chromosomes sexuels différents, l’un étant le chromosome X (le même que celui observé dans le sexe femelle), l’autre le chromosome Y. Ces deux chromosomes diffèrent par leur taille, le chromosome X étant généralement plus grand que le chromosome Y.