Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

choléra (suite)

Pronostic et traitement

La réhydratation et la compensation rapide des pertes électrolytiques (Na, K, CO3H) par voie veineuse (perfusion de quantité d’eau équivalant aux pertes) suffisent à enrayer l’évolution dans la majorité des cas (mortalité inférieure à 2 p. 100). La guérison est alors très rapide, en deux ou trois jours. Le problème thérapeutique est donc d’ordre logistique : il faut mettre en place des structures permettant de réaliser d’extrême urgence cette réhydratation ; or, ces structures sont précisément insuffisantes dans les pays où se développent des épidémies et où la mortalité est de l’ordre de 50 p. 100. Les antibiotiques peuvent hâter la guérison et surtout contribuent à la stérilisation des selles, ce qui est fondamental pour limiter l’épidémie.


Prévention

La lutte contre le choléra passe par l’assainissement des zones d’endémie. En cas d’épidémie, les mesures sanitaires, associées au large emploi d’antiseptiques (eau de Javel, par exemple), sont d’une grande importance. La chimioprophylaxie (antibiotiques pendant trois jours aux sujets contaminés) est utile, tout comme la vaccination des populations exposées. La protection donnée par la vaccination ne commence qu’après la deuxième injection, à moins qu’il ne s’agisse d’un sujet antérieurement vacciné. Elle est brève (six mois) et n’est pas totale ; elle ne dispense nullement des mesures d’hygiène (stérilisation de l’eau et adjonction d’antiseptiques notamment), qui sont le meilleur garant à l’égard de la maladie.


Contrôle sanitaire aux frontières

Le choléra est une maladie quarantenaire. À ce titre, les malades et les suspects doivent se soumettre aux mesures prises par les autorités des pays où ils séjournent ou qu’ils traversent. L’extension de ces mesures aux denrées alimentaires et parfois à tous les produits exportés par un pays où le choléra a été déclaré peut donner à cette maladie une dimension économique supplémentaire.

J. E.

 L. Chevalier, le Choléra. La première épidémie du xixe siècle (Impr. centrale de l’Ouest, La Roche-sur-Yon, 1958). / R. Pollitzer et coll., le Choléra (O. M. S., Genève, 1960).

cholestérol

Lipide du groupe des stérols*, qui est fondamental dans l’organisme humain.


Comme tout stérol naturel, le cholestérol a pour base un noyau stérane à quatre cycles (encore appelé noyau cyclopentanoperhydrophénantrène à 17 carbones).

Il dérive de ce noyau par l’adjonction de deux radicaux en 10 et 13 ainsi que d’une chaîne latérale en 17 qui portent son chiffre de carbones à 27.


Origine

Le cholestérol, dont l’organisme a besoin, a une double origine : exogène et endogène. La première est alimentaire ; mais la ration quotidienne n’apporte guère que 0,3 g de cholestérol par jour. Et encore ce cholestérol exogène ne sera pas utilisé tel quel. Il est digéré et absorbé dans l’intestin grêle, et il devra être de nouveau reconstitué au niveau du foie : cette fraction se confond donc avec la deuxième origine, ou synthèse endogène du cholestérol, qui représente environ 1 g par vingt-quatre heures et qui se fait surtout au niveau du foie, un peu dans le rein et les surrénales.


Synthèse

Longtemps obscure, elle a pu être presque complètement élucidée grâce aux progrès de l’enzymologie, et l’on peut aujourd’hui en proposer le schéma. Le point de départ est constitué par les acétates : deux molécules d’acétyl-coenzyme A donnent un acéto-acétyl-Co A. Celui-ci s’unit à un autre acétyl-Co A pour former le β-hydroxy-β-méthyl-glutaryl-Co A, qui comporte 6 atomes de carbone.

Le stade suivant semble être l’acide mévalonique (ou β-hydroxy-β-méthyl-δ-valérolactone), formé sous l’action d’une réductase. Cette réaction est lente, et un excès de cholestérol l’inhibe, ce qui conduit à penser que la régulation de la synthèse du stérol siège à ce niveau.

Le passage de ce corps en C6 à un composé en C5 reste le moins bien connu : il s’agit sans doute d’une décarboxylation qui aboutit à la formation de structures en C5.

Leur condensation fournit d’abord l’acide farnésique en C15, puis le squalène en C30. Le squalène subit alors une cyclisation et perd 3 atomes de carbone pour conduire au cholestérol.


Devenir du cholestérol

Le cholestérol a une importance considérable dans l’organisme, car il est le point de départ de la totalité des hormones* des surrénales et sexuelles. Seule la chaîne latérale est complètement oxydée, scindée par une enzyme spécifique pour aboutir à l’acide propionique et à un acétyl-Co A. Le noyau restant, hydroxylé, est la prégnénolone, précurseur commun des hormones stéroïdes. Dans le foie, la dégradation du cholestérol aboutit aux sels biliaires : la perte d’une partie de la chaîne latérale laisse persister l’acide cholique à 24 carbones. Il se combine aussitôt soit avec le glycocolle, soit avec la taurine. Ces acides glycocholique et taurocholique sont éliminés par la bile sous forme de sels de sodium : ce sont eux qui ont une importance majeure dans l’attaque enzymatique de la digestion et dans l’absorption des lipides (y compris le cholestérol alimentaire, hydrolyse par la cholestérol-estérase du suc pancréatique).


Place du cholestérol dans les lipides humains

En dehors des acides gras libres, liés à l’albumine, dépourvus de cholestérol, les différentes lipoprotéines contiennent de 20 à 50 p. 100 de cholestérol. Il représente aussi de 4 à 7 p. 100 des chylomicrons (particules graisseuses du chyle). Environ les deux tiers de ce cholestérol circulant (de 60 à 65 p. 100) sont sous une forme estérifiée, et cette fonction d’estérification est dévolue au foie.


Répartition du cholestérol dans l’organisme

Le taux sanguin du cholestérol est variable. Il augmente avec l’âge et est souvent plus élevé dans le sexe féminin. On considère comme normaux des taux compris entre 1,60 et 2,60 g par litre. Les deux tiers sont sous forme estérifiée. Il existe des taux différents dans les diverses sécrétions de l’organisme. On trouve surtout le cholestérol dans la bile* hépatique au taux de 0,5 à 1,5 g par litre, mais il se concentre dans la vésicule biliaire pour y atteindre de 6 à 9 g par litre.