Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

chirurgie (suite)

Devenu maître barbier-chirurgien, il songe à compléter son expérience par la pratique de la chirurgie de guerre. Choisi par le maréchal de Montejean, colonel général de l’infanterie française, il fait route vers l’Italie (1536). Il a alors l’idée de remplacer la cautérisation des moignons d’amputés par « un doux emplâtre digestif fait de jaune d’œuf, d’huile rosat et de térébenthine ». Il participe à plusieurs campagnes comme chirurgien militaire (Roussillon, Hainaut, Bretagne, Flandre). C’est à Perpignan, auprès du maréchal Charles de Cossé de Brissac, grand maître de l’artillerie, blessé d’un coup d’arquebuse à l’épaule, qu’il a montré qu’en suivant le trajet vraisemblable du plomb on peut arriver à localiser le projectile et par suite à l’extraire (1542). En 1552-53, il est envoyé dans Metz assiégé par Charles Quint. Il pratique pour la première fois la ligature des vaisseaux en cours d’amputation. Fixé de plus en plus à Paris en son âge mur, « son succès, sa réputation et sa fortune augmentaient ensemble » (H. Mondor).

Recommandé par Isabelle d’Albret au roi de Navarre, Ambroise Paré allait être successivement chirurgien ordinaire et premier chirurgien de Henri II, François II, Charles IX et Henri III : quarante ans d’histoire de France. C’est entre Charles IX et son chirurgien que se serait scandé un jour le légendaire dialogue où le barbier, un instant, parut être le prince : « J’espère bien que tu vas mieux soigner le roi que les pauvres ? — Non, sire, c’est impossible. — Et pourquoi ? — Parce que je les soigne comme des rois... » (H. Mondor.)

Huguenot, il échappa à la Saint-Barthélemy grâce à Charles IX, qui le protégeait. Le roi aurait dit : « Il n’eût pas été raisonnable qu’un qui pouvait servir à tout un petit monde fût assassiné. »

Après avoir publié successivement différents ouvrages, dix livres de chirurgie, puis cinq, puis deux, il fait paraître en 1575 les Œuvres de M. Ambroise Paré, conseiller et premier chirurgien du Roi, qui connaîtront de nombreuses éditions. Il meurt à Paris, au lendemain de la fin du siège de Paris par Henri IV.


Pierre François Percy

(Montagney, Franche-Comté, 1754 - Lagny 1825). Inspecteur général du service de santé des armées, il créa le corps mobile de chirurgie et enseigna à la faculté de médecine. Pendant les Cent-Jours, il fut élu à la Chambre des représentants. Le baron Percy fut membre de l’Institut (1807) et de l’Académie de médecine (1820).


Jean-Louis Petit

(Paris 1674 - id. 1750). Enfant, il est l’élève de Littre, puis son préparateur. Il travaille chez un praticien connu, Castel, et suit l’enseignement de Mareschal à la Charité. Docteur à 15 ans, il est chirurgien aux armées jusqu’en 1698. Puis il postule le titre de maître en chirurgie, qu’il acquiert deux ans plus tard, ensuite devient prévost, ce qui le fait veiller sur les épreuves et les dispositions des candidats à la maîtrise. En 1715, il est membre de l’Académie royale des sciences, puis, en 1731, directeur de l’Académie royale de chirurgie à sa fondation.

chlore

Corps simple, gazeux, non métallique.



Découverte

• On a commencé par recueillir, utiliser, puis préparer et transformer des chlorures. Le sel marin, mélange salin dont le constituant majeur est le chlorure de sodium, fut extrait dès les temps les plus reculés, et le sel joua un rôle important dans la préparation des momies égyptiennes. Au Moyen Âge, les écrits de Djābir mentionnent l’existence, la préparation et la purification du chlorure d’ammonium et la sublimation du chlorure mercurique. Puis, vers 1600, l’acide chlorhydrique fut indiqué dans les traités de Basile Valentin. Andreas Libau (ou Libavius) [v. 1550-1616] prépara le chlorure stannique par chauffage d’un mélange d’étain amalgamé avec du chlorure mercurique, d’où a été tiré le nom qui lui est parfois donné de « liqueur fumante de Libavius ».

Glauber, au milieu du xviie s., décrivit la préparation de l’acide chlorhydrique (concentré), du nom d’esprit de sel de Glauber ou d’acide muriatique.

Ce n’est qu’en 1774 que Scheele* libéra le chlore de l’acide chlorhydrique par action du bioxyde de manganèse, qu’il venait d’identifier dans la pyrolusite.

Le gaz verdâtre qui avait été ainsi fabriqué parut un certain temps un composé oxygéné, et Berzelius* lui-même le tint d’abord pour un oxyde du « murium ».

En 1810, Davy reconnut dans ce gaz un corps simple qu’il baptisa « chlore », du grec « chloros », caractérisant la couleur vert-jaune. Puis Berzelius le fit figurer dans son tableau des poids atomiques.

Johann Rudolf Glauber

Chimiste et pharmacien allemand (Karlstadt 1604 - Amsterdam 1668). Il isola l’acide chlorhydrique, distingua la soude de la potasse et laissa son nom au sulfate de sodium (sel de Glauber), dont il avait reconnu l’action thérapeutique.


État naturel

Le chlore ne se rencontre pas à l’état libre dans la nature. C’est l’halogène le plus abondant sur la lithosphère, qui en contient en poids 0,19 p. 100.

Les eaux des océans contiennent un certain nombre de sels ; mais la teneur en sels de l’eau de mer est très variable ; la moyenne de cette teneur est de 3,6 p. 100, ce qui est environ celle de l’Atlantique puisque cette eau contient de 3,3 à 3,7 p. 100 de sels ; mais les différences sont assez fortes : ainsi, la mer Baltique ne contient que 0,3 à 0,8 p. 100 de sels, alors que la mer Caspienne en contient 12,7 à 28,5 p. 100.

L’anion le plus important y est l’anion chlorure, tandis que le cation sodium y est le plus abondant, comme le montre ce tableau des teneurs moyennes en sels des eaux des océans :

Il existe d’importants dépôts salins formés essentiellement de chlorures dans la lithosphère : le sel gemme est formé de chlorure de sodium, la sylvinite de chlorure de potassium et la carnallite d’hydrate de chlorure double KCl, MgCl2, 6H2O. C’est le sel gemme ou le sel marin qui est le minerai industriel de chlore et de sodium, et c’est le chlorure de potassium qui est la matière essentielle de départ des dérivés industriels du potassium, principalement utilisés comme engrais.