Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

chimiques (industries) (suite)

société américaine dont les deux principaux secteurs d’activité sont, à l’heure actuelle, la chimie et l’industrie alimentaire. Toutefois, depuis quelques années, la société s’est séparée d’un certain nombre de fabrications jugées peu rentables. Dans le domaine chimique, les productions qui lui procurent environ 50 p. 100 de ses bénéfices concernent les emballages, les fibres synthétiques, les matériaux de construction, les produits de traitement des eaux, les détergents, etc. Dans le secteur alimentaire, la société, qui s’intéresse à divers produits (lait, confiserie, biscuits pour apéritif) et à la distribution (self-services), a pris le contrôle, respectivement en 1968 et 1969, des sociétés françaises Jacques Borel (self-services) et Salador (huiles de table). Ces deux opérations matérialisent exactement la ligne d’action d’un groupe dont le principe est d’acheter des affaires ayant des possibilités d’expansion et de leur fournir les moyens de les exprimer dans les délais les plus rapides.

J. B.

Chimpanzé

Singe africain sans queue, présentant des capacités psychiques élevées.



Description externe

Le Chimpanzé, type de la famille des Pongidés, est un Singe sans queue, de grande taille : jusqu’à 1,70 m chez les mâles pour un poids de 50 à 75 kg et 1,30 m chez les femelles pour un poids de 45 à 60 kg. Il a la tête ronde, le front court et plutôt fuyant, séparé de la face par des arcades orbitaires très saillantes appelées visière frontale ou torus. Sa face est prognathe, son nez peu saillant, à narines peu élargies ; les yeux, situés dans un même plan, et les oreilles encadrant la face lui donnent une vague ressemblance avec l’Homme.

Sa formule dentaire est

soit en tout 32 dents, comme chez l’Homme.

Son buste est long, son cou court, sa nuque bien marquée, ses épaules saillantes. Il a de longs bras ; ses mains arrivent jusqu’aux genoux. Les membres postérieurs semblent grêles et courts.

Sa peau est assez claire, parfois très pigmentée. En vieillissant, elle se charge de pigments : les Chimpanzés qui ont la face claire deviennent marron bronzé.

Son pelage est partout formé de longs poils, mais peu serrés. Les vieux sujets sont grisonnants sur la région dorso-lombaire jusqu’aux omoplates.


Variétés

Le Chimpanzé est un Singe spécifiquement africain. On le rencontre de la Guinée jusqu’aux grands lacs de l’Est, et vers le sud jusqu’en Angola.

L’espèce comprend quatre races géographiques assez distinctes.

• Le Chimpanzé vrai (Pan troglodytes). Il se trouve dans une vaste zone forestière (Guinée, Sierra Leone, Liberia, Côte-d’Ivoire, bas Niger). Cet animal a toujours le bas de la face clair, le pourtour des yeux et les joues pigmentés, le front garni. On l’appelle parfois Chimpanzé à lunettes. De chaque côté de la face, il a des favoris bien développés et une petite barbiche blanche.

• Le Chimpanzé Tchégo. Il semble chauve, mais toute sa face est de couleur claire. Son front se dégarnit de bonne heure, les favoris sont moins fournis, parfois absents. En prenant de l’âge, sa face se pigmente de brun violacé. On trouve quelques exemplaires de Chimpanzé Tchégo en Guinée, puis du cours inférieur du Niger jusqu’au fleuve Congo ainsi qu’en République centrafricaine, en bas Nigeria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville et au Zaïre.

• Le Chimpanzé de Schweinfurth, ou Chimpanzé de l’Afrique centrale. Il a un pelage abondant à poils plus longs. Les jeunes sont de couleur chair, mais, à peine adultes, ils commencent à bronzer. C’est le Chimpanzé des grandes régions forestières de l’Afrique centrale. Son habitat est vaste : du Cameroun et du Congo jusqu’aux lacs Albert et Victoria.

• Le Chimpanzé pygmée. Il est de faible taille, 1,30 m au maximum chez les mâles. Il habite dans la grande forêt entre le Cameroun et le Congo, le long du cours de la haute Sangha. On le rencontre aussi sur la rive gauche du Congo, à l’est. Il a été montré qu’il y a le même rapport de dimensions entre les Chimpanzés pygmées et les Chimpanzés ordinaires qu’entre les Pygmées et les humains de taille normale. La différence atteindrait 15 à 20 p. 100. L’adaptation au milieu forestier a donc produit le même effet chez les Chimpanzés que chez les humains.

Certains ont fait état d’un Chimpanzé-Gorille. Sa face serait noire comme celle du Gorille, auquel il ressemblerait étrangement, mais il n’aurait pas sur la tête la crête sagittale si caractéristique du Gorille, qui en augmente la hauteur et forme le « cimier ». Cette forme de Chimpanzé ne présente que des différences qui peuvent être considérées comme des variations normales du genre Pan.


Caractères anatomiques

Ils se rapprochent de ceux des humains. Un anatomiste anglais, se fondant sur la présence ou l’absence de certains caractères anatomiques, a pu établir que, sur 1 065 critères envisagés, 396 sont communs à l’Homme et aux Chimpanzés. Sa tête a des affinités avec la tête humaine par ses proportions, mais le volume de sa cavité cérébrale est beaucoup plus faible (380 ml) que chez l’Homme (1 550 ml). Le Chimpanzé, pour 100 kg de poids corporel, a une capacité crânienne de 760 ml, alors que, chez l’Homme, celle-ci est de 2 380 ml. Un autre caractère différentiel frappant est le front fuyant avec les arcades sourcilières en rouleaux.

Si la formule dentaire du Chimpanzé est la même que chez l’Homme, sa mâchoire est puissante et les canines, très fortes, peuvent constituer pour lui une véritable défense. Les molaires ont 5 ou 6 cuspides, séparées par des sillons formant un dessin en Y (celles de l’Homme ont une surface presque carrée, et les sillons, limitant 4 ou 5 cuspides, sont en forme de croix).

La colonne vertébrale des Chimpanzés ne présente que deux courbures, l’une dorso-lombaire, concave vers l’avant, l’autre cervicale, légèrement convexe vers l’avant. Chez l’Homme, trois courbures ramènent le centre de gravité de la tête et du tronc au-dessus de la base de sustentation formée par le bassin, ce qui lui permet une station verticale.

Le Chimpanzé ne peut qu’accessoirement se mettre debout ; il fait quelques pas de cette façon mais, après cet effort, il reprend très vite la marche à quatre pattes ; il appuie alors sur le sol avec le dos des doigts de ses mains et, à l’arrière, les genoux ne touchent pas terre.

Les membres antérieurs sont plus longs que ceux des humains ; pour les postérieurs, c’est l’inverse. Les mains sont très longues, mis à part le pouce, qui est court et non opposable ; les pieds paraissent au contraire de longueur normale, les pouces en sont très écartés et aisément opposables.

La musculature de ces animaux est très puissante. Certains muscles, comme ceux de la main, ont une différenciation assez poussée, mais moins que chez l’Homme, d’où il résulte que le Chimpanzé a une moins grande adresse manuelle. Les muscles de la face sont très différenciés, très mobiles ; ils leur permettent par des mimiques appropriées d’exprimer leurs sentiments.

Le système nerveux central est bâti un peu sur le même schéma que celui des humains, mais bien moins volumineux et moins perfectionné. Le coefficient de céphalisation, qui est le rapport

est de 0,29 (0,92 chez l’Homme).