Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

chimiques (industries) (suite)

société américaine créée en 1920 sous le nom de Allied Chemical and Dye Corporation. Cinquième affaire de produits chimiques des États-Unis, elle adopte sa raison sociale actuelle en 1958. En 1962, elle absorbe l’Union Texas National Gas Corporation, s’intéressant ainsi aux produits pétroliers et à leurs dérivés. Les activités de la firme sont très diversifiées : engrais, matières plastiques, fluor, revêtements de route, alliages, matériaux de construction, etc. Ces produits sont élaborés dans plus de 100 usines et laboratoires.


Badische Anilin- und Soda-Fabrik AG.

(BASF), entreprise chimique allemande, dont le chiffre d’affaires la classe au troisième rang dans ce domaine en République fédérale, mais que l’on pourrait considérer comme l’une des deux premières si l’on se réfère tant à la rentabilité financière de ses activités qu’à son dynamisme dans l’organisation de ses structures. Les 550 ha occupés par les installations de Ludwigshafen, le plus grand ensemble industriel d’Europe, témoignent déjà du souci de la firme de rentabiliser au maximum ses actifs. Émanation directe de l’Interessengemeinschaft Farbenindustrie, comme le furent Bayer et Hoechst, la société BASF est aujourd’hui à la tête d’un groupe international implanté notamment aux États-Unis, au Canada et en Amérique latine, la société mère assurant elle-même directement plus de la moitié de la production de l’ensemble du groupe. Cette importante organisation fabrique plus de cinq mille produits, dont plusieurs types de dérivés du polyéthylène, qui la situent au premier rang en Europe pour les matières plastiques. Au cours des années 1969-70, le groupe s’est renforcé notamment par la prise de contrôle de la société suisse Elastomer (plastiques) ainsi que par l’absorption de Wintershall, société holding de producteurs de matières premières chimiques, et de Wyandotte aux États-Unis, spécialisée dans les plastiques à base de polyuréthanne. Cette dernière intervention a fait du marché américain de BASF (plus d’un milliard de dollars) le plus important marché étranger de la firme allemande, supérieur à l’ensemble des marchés étrangers de la Communauté économique européenne. Enfin, suivant en cela l’exemple de nombreux autres groupes chimiques internationaux, la société BASF s’est tournée vers la pétroléochimie en étendant son action en Belgique, et à la pharmacie, avec l’acquisition en 1975 de l’un des plus importants laboratoires allemands, les laboratoires Knoll.


Courtaulds, Ltd.,

société britannique issue d’une affaire familiale créée au début du xixe s. et dont le siège est à Londres. Transformée en société anonyme en 1904, cette société offre la particularité d’être très spécialisée dans ses fabrications : fibres textiles et leurs dérivés en forment l’essentiel de l’activité, pâtes à papier, matières plastiques et teintures constituant le solde. Mais, dans ce domaine, la société est la première dans le monde et assure 65 p. 100 des besoins du marché britannique. L’un des produits les plus répandus est la fibre Courtelle. Cette position fut acquise notamment grâce à l’absorption en 1957 de la société concurrente British Celanese. Le principal concurrent britannique de Courtaulds est, pour l’heure, Imperial Chemical Industries (ICI). Les deux sociétés avaient songé à un rapprochement dès 1961. En 1963, Imperial Chemical Industries détenait 37 p. 100 du capital de Courtaulds à la suite d’une offre d’achat des titres Courtaulds. Cette affaire connut de nombreux rebondissements. En 1964, les deux sociétés concluaient un accord à l’issue duquel Imperial Chemical Industries a repris la participation de Courtaulds dans British Nylon Spinners en échange des actions Courtaulds qu’elle détenait déjà, le solde lui étant payé en livres pour le montant de 10 millions. Les deux sociétés, qui ont retrouvé leur indépendance, constituent actuellement les deux pôles de la chimie britannique.


Dow Chemical Company,

affaire américaine créée en 1897 et dont le siège est à Midland (Michigan). Située parmi les cinquante premières affaires américaines par l’importance de son activité, elle s’intéresse à la majorité des branches du secteur de la chimie. La particularité de cette affaire est d’avoir une position dominante sur le marché des matières premières d’origine chimique. Pour appuyer cette position, d’importantes installations de recherches ont été mises en place. Dans un très proche avenir, la société pourrait intégrer un certain nombre de productions lui permettant de renforcer des marges déjà intéressantes, compte tenu des secteurs lourds qui constituent l’essentiel de ses activités. Ses principales fabrications sont des produits chimiques de base : ammoniac, dérivés du chlore, acides, éthylène. Elle fabrique également des produits pharmaceutiques, des insecticides, des alliages et des métaux extrudés à base d’aluminium et de magnésium. En Europe, le groupe s’intéresse aux produits de la pétroléochimie, en particulier au polystyrène, qui le met en concurrence directe avec la Badische Anilin- und Soda-Fabrik AG. L’ensemble de ses installations européennes doit lui permettre de produire annuellement 300 000 t de polystyrène.


Eastman Kodak Company,

société américaine créée en 1880 et enregistrée sous sa dénomination actuelle en 1901. Devenue la première affaire mondiale dans l’industrie de la photographie, elle se situe environ au 35e rang des sociétés américaines. Ses filiales sont implantées dans de nombreux pays : Canada, Grande-Bretagne, Allemagne fédérale, France, Australie, Brésil et Argentine. Plus de cent mille personnes travaillent à l’élaboration des produits Kodak dans plus de dix centres industriels, dont la moitié seulement est située aux États-Unis : le siège est à Rochester (New York). Les fabrications concernent tous les produits de l’industrie photographique : aux produits chimiques photographiques, films et bandes magnétiques, qui ressortissent très précisément au secteur « chimie », la société adjoint la fabrication d’appareils optiques, de photographie et de reprographie. Le problème essentiel de la société est de pénétrer avec ses propres produits sur le marché des appareils de photographie à développement instantané, dans lequel la société Polaroïd dispose d’un véritable monopole jusqu’en 1975. En 1976, la sortie d’un appareil à développement instantané Kodak, selon des conditions de commercialisation différentes de Polaroïd, met les deux sociétés en opposition sur le plan juridique. Plusieurs procès sont intentés dans différents pays occidentaux. Dans le domaine de la reprographie, le principal concurrent de Kodak est Rank Xerox.


Éleuthère Irénée Du Pont de Nemours and Company,