Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Afrique du Sud (république d’) (suite)

L’opposition extra-parlementaire et illégale

Si l’on excepte l’opposition d’une partie des Églises et celle d’un grand nombre de Blancs (syndicalistes, libéraux, intellectuels), qui, à diverses périodes, ont subi la répression, les principales forces d’opposition sont les suivantes :

Le parti communiste sud-africain. Fondé en 1920, il provient d’une fraction du parti travailliste sud-africain. Il s’est rapidement tourné vers les Africains et a organisé de nombreuses campagnes, telles que la campagne contre les laissez-passer ou contre les lois de répression. Interdit en 1950, il s’est reconstitué dans la clandestinité ; la plupart de ses adhérents sont actuellement dans des mouvements comme l’African National Congress (ANC) ou dans l’Alliance des démocrates, qui regroupe les Européens hostiles à l’apartheid.

L’African National Congress (ANC). Cette organisation a été créée en 1912 ; selon ses fondateurs, son but était « d’exprimer l’opinion des Africains et leurs problèmes, les voies et moyens de former l’unité nationale », et « de défendre nos droits ». Pendant très longtemps, l’African National Congress s’efforça de lutter par des actions non violentes.

Les autres « Congrès ». D’autres organisations, comme le Congrès indien (Indian National Congress of South Africa) ou l’Alliance des congrès, défendent les intérêts de fractions particulières de la population non blanche, ou, comme la dernière, visent à un rapprochement des mouvements métis et africains.

Le Pan-African Congress est issu d’une scission de l’African National Congress (ANC) en 1958 ; il reproche à l’African National Congress son manque de combativité ; inversement, l’African National Congress déclare que le Pan-African Congress est une émanation des services impérialistes, notamment américains.

âge de la Terre

Un intervalle très court, tout au plus quelques millions d’années, a dû s’écouler entre le rassemblement en sphère incandescente de tous les matériaux terrestres et l’apparition des premiers socles continentaux.


Les méthodes modernes avancées pour évaluer l’âge de la Terre sont fondées sur l’étude des radio-activités naturelles des roches. La plus importante concerne les roches archéennes, les granités en particulier, contenant de l’uranium. L’uranium naturel est constitué principalement par deux isotopes :
238U dans la proportion de 99,3 p. 100 ;
235U dans la proportion de 0,7 p. 100 (soit dans un rapport égal à 139).

À la suite de désintégrations successives, ces deux isotopes se transforment en deux isotopes stables du plomb, avec formation d’hélium, suivant le schéma :
238U → 206Pb + 8 He ;
235U → 207Pb + 7 He.

La composition isotopique actuelle du plomb comporte 4 isotopes :
206Pb, qui provient de238U (proportion 25,3 p. 100) ;
207Pb, qui provient de235U (proportion 21,2 p. 100) ;
204Pb, qui ne provient d’aucun corps radio-actif connu (proportion 1,36 p. 100) ;
208Pb, qui provient du thorium 232 (proportion 52,1 p. 100).

Comme on connaît également les constantes radio-actives des isotopes238U,235U et232Th, on peut calculer cette composition isotopique pour n’importe quelle époque du passé. En séparant, au moyen d’un spectrographe de masse, les différents isotopes d’un corps donné, on peut mesurer le rapport de la quantité de plomb engendré à la quantité de l’isotope résiduel et déterminer le temps écoulé. Il s’agit, en fait, de mesurer la durée des radio-activités écoulées au sein de l’échantillon considéré depuis son dépôt, c’est-à-dire depuis que la Terre n’est plus en fusion à l’endroit où s’est déposé l’échantillon. On peut dès lors dater les différentes époques géologiques. Mais le résultat brut ainsi acquis néglige la quantité de plomb qui pouvait exister antérieurement comme impureté dans la roche étudiée. Ce résultat ne doit donc être considéré que comme une première approximation correspondant à une limite supérieure de la valeur cherchée. Cette valeur peut donner les éléments d’une deuxième approximation plus proche de la valeur réelle par calcul de la composition isotopique du plomb commun pour l’époque t obtenue par la première approximation, et par comparaison de ce résultat à l’isotope204Pb existant dans l’échantillon.

Pour les plus vieux échantillons datés, trouvés en Afrique du Sud, on a obtenu :
— 5,4 × 109 années pour la limite supérieure ;
— 2,65 × 109 à 2,94 × 109 années comme résultat de seconde approximation.

De tels échantillons ont été trouvés associés à des structures d’algues, ce qui donne une limite inférieure de la date d’apparition de la matière organique sur la Terre, date qui peut être adoptée aussi pour le rayonnement solaire tel qu’il existe actuellement.

• La méthode d’extrapolation de Holmes permet de remonter à l’âge des premiers socles continentaux. On s’adresse, en ce cas, à des minerais de plomb non radio-actifs, tels que des galènes, récoltées dans des terrains non radio-actifs, dont on a déterminé au préalable l’âge par la méthode précédente, et l’on fait une analyse isotopique précise de ces galènes qui, formées alors que la Terre était en fusion, sont demeurées invariables dans leur gîte. En écrivant les équations générales des radio-activités naturelles, on obtient une relation finale à 3 inconnues, dont l’époque T de formation des premiers socles continentaux. Il faut donc au moins 3 échantillons datés et analysés pour déterminer les inconnues. En 1948, puis en 1954, le géologue britannique Arthur Holmes (1890-1965) a traité un grand nombre de ces équations par la méthode des moindres carrés en prenant les échantillons 2 par 2, ce qui donne l’équation d’une droite. Le résultat auquel il est parvenu, en octobre 1955, pour la valeur moyenne des intersections de toutes ces droites, donne 4,3 milliards d’années.