Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Chaplin (sir Charles Spencer) (suite)

Charlie Chaplin quitte la Keystone pour la Essanay. Son salaire passe de 150 dollars à 1 250 dollars par semaine. Parmi les films de la Essanay, les plus connus sont les suivants : Charlot débute (His New Job), Charlot fait la noce (A Night Out), Charlot boxeur (The Champion), Charlot vagabond (The Tramp), Mamzelle Charlot (A Woman), Charlot marin (Shanghaied), Charlot au music-hall (A Night in the Show), Charlot joue Carmen (Carmen).

1916

Signature d’un nouveau contrat avec la Mutual (10 000 dollars, puis 15 000, par semaine). Dernier film Essanay : Charlot cambrioleur (Police). Parmi les films Mutual : Charlot pompier (The Fireman), Charlot rentre tard (One A. M.), l’Usurier (The Pawnshop), Charlot patine (The Rink).

1917

Derniers films Mutual : Charlot policeman (Easy Street), Charlot fait une cure (The Cure). Signature d’un nouveau contrat avec la First National : l’Emigrant (The Immigrant), Charlot s’évade (The Adventurer).

1918

Une vie de chien (A Dog’s Life), Charlot soldat (Shoulder Arms). Premier mariage, avec Mildred Harris.

1919

Fondation de la compagnie United Artists (Douglas Fairbanks, Mary Pickford, David Wark Griffith et Charlie Chaplin). Tournage d’Une idylle aux champs (Sunnyside) et d’Une journée de plaisir (A Day’s Pleasure).

1920

Divorce d’avec Mildred Harris.

1921

Sortie du Gosse (The Kid), avec Jackie Coogan et Edna Purviance. Tournage de Charlot et le Masque de fer (The Idle Class).

1922

Jour de paye (Pay Day).

1923

Le Pèlerin (The Pilgrim), dernier film First National. L’Opinion publique (A Woman of Paris), premier film United Artists.

1924

Débuts du tournage de la Ruée vers l’or (The Gold Rush). Épouse Lolita Mac-Murray, dite Lita Grey.

1927

Divorce d’avec Lita Grey. Campagne de presse contre Charlie Chaplin, accusé de « turpitude morale ». Tournage interrompu du Cirque (The Circus).

1928

Première du Cirque. Dès juin, Chaplin commence les Lumières de la ville, dont le tournage est interrompu à cause du bouleversement apporté par le film parlant.

1931

Première des Lumières de la ville (City Lights). Chaplin entreprend un grand voyage autour du monde (Londres, Berlin, Vienne, Paris, Nice, Algérie, Égypte, Suisse, Rome, Tokyo).

1933

Mariage secret avec Paulette Goddard.

1936

Première des Temps modernes (Modern Times). Croisière en Extrême-Orient.

1940

Première du Dictateur (The Great Dictator).

1942

Divorce d’avec Paulette Goddard. Débuts du scandale Joan Barry. Nouvelle campagne de dénigrement menée contre Chaplin par la presse de William Randolph Hearst.

1943

Mariage avec Oona O’Neill, fille du dramaturge américain. Joan Barry intente un procès en reconnaissance de paternité.

1944

Campagnes de presse contre Charlie Chaplin.

1947

Première de Monsieur Verdoux. Manifestations contre le film, qui est interdit dans plusieurs États. En décembre, publication de l’article de Charlie Chaplin Je déclare la guerre à Hollywood.

1949

Chaplin est convoqué par la Commission des activités antiaméricaines et répond par un télégramme : « Je suis un fauteur de paix. »

1952

Présentation privée de Limelight à New York. Départ pour l’Europe de Charlie Chaplin et de sa famille. Première mondiale à Londres de Limelight.

1953

Installation de la famille Chaplin au manoir de Ban, près de Corsier-sur-Vevey, en Suisse. Chaplin révèle son intention définitive de ne plus rentrer aux États-Unis.

1954

Chaplin reçoit le prix international de la Paix.

1957

Première à Londres d’Un roi à New York (A King in New York).

1958-1964

Chaplin travaille à la rédaction de My Autobiography.

1965

Tournage de la Comtesse de Hong Kong (A Countess from Hong Kong), avec Sophia Loren et Marlon Brando.

Chapochnikov (Boris Mikhaïlovitch)

Maréchal soviétique (Zlatooust, Oural, 1882 - Moscou 1945).


Issu d’une modeste famille de fonctionnaires, il est sous-lieutenant de l’armée des tsars en 1901. Breveté de l’académie de guerre Nikolaïevski en 1910, colonel en 1917, il sert, à la fin de la Première Guerre mondiale, sur le front russo-turc comme chef d’état-major de la division de grenadiers du Caucase. Quand éclate la révolution, il est élu, par les soviets de soldats, commandant de cette grande unité d’élite, se rallie au nouveau régime et est intégré en mai 1918 dans l’armée rouge. Nommé sous-chef chargé des opérations à l’état-major du Conseil supérieur militaire révolutionnaire (Revvoïensovet), il a pour chef son ancien camarade, le colonel Kamenev, commandant en chef de l’armée rouge de 1919 à 1924. Au cours de cette période décisive où le nouvel État soviétique doit reconquérir son territoire sur les armées blanches ou le défendre dans la guerre contre la Pologne (1920), Chapochnikov sera l’un des principaux artisans de la victoire et s’affirmera de façon définitive comme le stratège incontesté de l’appareil militaire de l’U. R. S. S.

De haute taille, les cheveux en brosse, l’esprit méthodique et organisateur, s’exprimant avec aisance, il saura se tenir à l’écart de toute action politique et ne jamais s’engager dans les nombreuses querelles qui divisent alors le parti, dont il reconnaît la primauté dans l’organisation de la défense de l’U. R. S. S. Ferme dans ses conceptions militaires, il ne permet à aucun général de pénétrer dans ce qu’il estime être son domaine réservé. De 1927 à 1929, il publie sous le titre Mozg Armii (le Cerveau de l’armée) un livre devenu classique en U. R. S. S., où, étudiant l’histoire de l’état-major austro-hongrois de 1908 à 1916, il définit le rôle et les responsabilités du commandement dans la préparation et la conduite de la guerre. Il se spécialise ensuite dans l’étude de l’armée allemande et a l’occasion de connaître la Reichswehr à l’époque de la collaboration militaire germano-soviétique (1922-1933).

Après avoir commandé les régions militaires de Leningrad, de Moscou et de la Volga, il exerce de 1932 à 1935 la direction de l’académie militaire Frounze avant d’être nommé en 1936 commissaire adjoint à la Défense et, en mai 1937, chef d’état-major général de l’armée rouge. Devenu le confident de Staline, il fait partie du tribunal qui condamne Toukhatchevski et échappe, en dépit de Nikolaï I. Iejov, chef de la N. K. V. D., qui demande son arrestation, à la terrible purge qui décapite à cette époque le commandement soviétique. De l’ancienne armée russe, Chapochnikov a hérité la nostalgie de l’alliance avec la France et aurait milité pour l’entrée en guerre de l’U. R. S. S. en mai 1940 afin de sauver l’armée française d’une défaite éclair. Promu maréchal en 1940, celui qui avait été le principal organisateur de l’armée rouge jouera un rôle décisif dans la direction des opérations contre le IIIe Reich. Conseiller écouté de Staline, il fut lui-même le « cerveau » de cette direction de guerre qui, après un moment de désarroi, parvint non seulement à redresser brillamment la situation mais à chasser la Wehrmacht du territoire soviétique. Son état de santé déficient le conduisit à abandonner en novembre 1942 la direction effective des opérations sans cesser pour autant ses fonctions auprès de Staline, qu’il assume jusqu’à la limite de ses forces.

Quand il mourut le 26 mars 1945, la décision était acquise et la victoire certaine.

L. A.