Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Cestodes (suite)

On divise la classe des Cestodes en neuf ordres d’inégale importance, parmi lesquels nous retiendrons les Cyclophyllidés (Tœnia, Hymenolepis, Échinococcus, Dipylidium), les Pseudophyllidés (Diphyllobothrium, Ligula) et les Tétrarhynchidés (Tetrarhynchus). Près des Cestodes, on range les Cestodaires, parasites de Poissons, dépourvus de scolex et n’ayant qu’un seul segment.


Rôle pathogène des Cestodes chez l’Homme


Affections dues aux Ténias adultes

Les Ténias sont responsables des tæniasis. Le Ver solitaire (Tænia solium ou Ténia armé) peut mesurer de 2 à 8 m de long. Il vit dans la première portion de l’intestin grêle, seul, car sa présence détermine un état d’immunité vis-à-vis de tout autre Tænia solium. Les anneaux sont éliminés avec les selles, où l’on retrouve des œufs, ou embryophores, au centre desquels on voit les embryons hexacanthes. L’hôte intermédiaire est le Porc, chez lequel la larve cysticerque est fixée dans le muscle. L’Homme s’infeste en ingérant la viande de Porc mal cuite, de telle sorte que la répartition géographique de ce tæniasis est conditionnée par les mœurs alimentaires. La fréquence en est relativement faible en France, où la surveillance des viandes de Porc dans les abattoirs (élimination des Porcs atteints de cysticercose, ou ladrerie) tend à faire disparaître cette parasitose. Taenia saginata mesure en moyenne de 3 à 4 m, mais il peut atteindre jusqu’à 12 m de long. Sa morphologie et sa biologie sont très proches de celles de Taenia solium. Cependant, il s’agit d’un Ténia inerme, c’est-à-dire dépourvu de crochets, dont les anneaux sont éliminés activement en dehors des selles à travers le sphincter anal. L’hôte intermédiaire est le Bœuf, qui héberge la larve cysticerque dans son tissu graisseux. L’infestation humaine se fait par ingestion de viande de Bœuf parasitée, crue ou insuffisamment cuite. Deux à trois mois après cette ingestion, le Ténia est devenu adulte, responsable de troubles digestifs divers, à type de boulimie ou, au contraire, d’anorexie. Des troubles nerveux peuvent être associés. Cosmopolite, ce taeniasis est assez fréquent en France. Le traitement repose aujourd’hui sur l’administration, en prise orale, de niclosamide, qui a supplanté les autres prescriptions, tels la classique pellétiérine ou l’extrait de fougère mâle. D’autres taeniasis peuvent être encore observés, tel celui qui est dû au Ténia nain, assez fréquent sous les tropiques et fort mal toléré, que l’Homme contracte en ingérant du pain insuffisamment cuit contenant des Vers de farine ayant absorbé les œufs de ce Ténia.


Affections dues aux larves de Ténias

Parmi les formes larvaires responsables de troubles chez l’Homme, dans certaines circonstances exceptionnelles, la cysticercose est due à la larve cysticerque de Taenia solium. Elle se traduit par des calcifications musculaires, des localisations oculaires et surtout cérébrales de pronostic sévère. La cénurose est due à la forme larvaire de Taenia multiceps du Chien. Elle sévit habituellement chez les Moutons, provoquant le tournis. Dans ces deux cas, l’Homme intervient comme hôte intermédiaire accidentel. L’hydatidose s’observe dans les régions d’élevage de Moutons, où vivent également les Chiens. L’Homme s’infeste accidentellement, et le développement de la larve hydatide, constituée par une membrane germinative, sur laquelle prennent naissance des vésicules proligères, tapissées elles-mêmes d’une seconde membrane, sur laquelle se développent les scolex, aboutit à la formation d’un kyste hydatique. Celui-ci se développe surtout au niveau du foie et peut se compliquer de surinfection, de fissuration ou d’ictère par rétention biliaire. Le seul traitement est chirurgical. En son absence, le kyste peut se calcifier et devenir latent, mais le risque de rupture demeure, avec la possibilité de dissémination. Cette dissémination s’observe d’ailleurs avec une autre espèce, le Ténia échinocoque, responsable de l’échinococcose alvéolaire, affection très sévère d’Europe centrale.


Affections dues au Bothriocéphale

À part se situe la bothriocéphalose, due à ce grand Cestode dont le cycle évolutif exige deux hôtes intermédiaires (Crustacés, puis Poissons d’eau douce). L’Homme s’infeste en mangeant des Poissons et peut présenter ainsi une anémie mégalocytaire qui serait due à l’avidité du Ver pour la vitamine B12. La sparganose peut être observée chez l’Homme après enkystement de la seconde forme larvaire d’un Bothriocéphale habituellement parasite du Chien. On rencontre cette affection en Extrême-Orient, après application de Grenouilles écorchées sur l’œil (rite magique), puisque aussi bien ces Batraciens constituent le deuxième hôte intermédiaire de ce parasite.

M. D. et M. R.

Cétacés

Mammifères aquatiques au corps pisciforme, vivant dans les océans et dans quelques grands fleuves.


Les Cétacés ont la tête allongée, le cou très court ou inexistant ; leur corps, fuselé, se termine par une queue aplatie horizontalement. Leur peau est lisse avec quelques poils tactiles sur la tête. Ils sont enrobés d’une épaisse couche de graisse dermique, le lard, qui, chez certains, atteint 20 cm d’épaisseur. Cette graisse les isole du froid, leur sert de réserve nutritive et, par son élasticité, modifierait par variation de volume leur poids spécifique au cours de la plongée.

Les membres antérieurs, transformés en puissantes nageoires-battoirs, leur permettent une nage rapide ; les membres postérieurs ont totalement disparu. Les Cétacés ont souvent une nageoire dorsale bien développée, mais sans support osseux comme la nageoire caudale.

La tête est volumineuse ; le cerveau, toutes proportions gardées, est plus grand que chez les autres Mammifères. Les narines, repoussées en arrière vers le sommet du crâne, sont représentées par un ou deux orifices, les évents, pouvant s’obturer en cours de plongée (l’existence d’un seul évent caractérise le sous-ordre des Odontocètes). Les yeux sont petits, à cristallin sphérique. L’oreille externe n’est qu’un petit orifice, mais l’oreille interne pourrait enregistrer les vibrations de l’air et de l’eau. Certains Cétacés ont un dispositif leur permettant d’émettre et de percevoir des ultrasons pour communiquer entre eux, situer leur position ou repérer une proie.

L’estomac est pluriloculaire ; l’intestin est long. Les femelles ont une paire de mamelles inguinales, masquées par un repli cutané, avec un dispositif musculaire qui permet d’injecter rapidement le lait sous pression dans la bouche du jeune.

Les mâchoires, puissantes, sont parfois munies de dents coniques ; la présence de ces dents est le second caractère distinctif des Odontocètes ; leur absence caractérise le sous-ordre des Mysticètes, qui sont les Baleines à fanons, ou vraies Baleines*.