Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

céréales (suite)

L’azote favorise la croissance des parties vertes (jeunes tiges, feuilles). Il est rapidement assimilé lorsque les conditions d’humidité sont favorables. Les plus gros besoins du Maïs en azote se situent pendant les 30 à 40 jours qui encadrent les floraisons. Ainsi, dans les régions très sèches pendant l’été, toute la fumure azotée sera répandue au semis. Dans les régions plus arrosées, une partie seulement sera mise au semis, et le reste lorsque la plante aura atteint 40 à 50 cm.

L’acide phosphorique entre dans la composition des différents tissus, en particulier des racines et du grain. Le Maïs doit donc disposer de phosphore soluble en début de végétation et au moment de l’épiaison. On pourra apporter la fumure phosphatée en deux fois ; la plus grosse partie sous forme moins soluble au labour, le reste sous forme plus soluble au semis.

La potasse entre dans la composition des jus cellulaires de tous les organes végétatifs. La solution du sol devra donc être riche au moment de la croissance rapide du Maïs. L’épandage de la potasse peut se faire en totalité au labour.

Les quantités d’engrais à apporter dépendront de la richesse du sol, des conditions d’humidité (irrigation, azote) et des quantités exportées par les plantes, qui sont fonction de la densité de peuplement et de la productivité des variétés.


Récolte et conservation

Le Maïs est mûr bien avant que son grain ne soit sec.

La méthode traditionnelle de récolte consiste à cueillir manuellement les épis. On les fait sécher après avoir retourné les spathes.

La récolte mécanique se fait grâce à des cueilleurs-épanouilleurs (corn-picker), qui arrachent les épis des tiges. Les épis sont ensuite séchés dans des cribs, puis égrenés une fois secs (humidité inférieure à 15 p. 100). D’autres machines récoltent en grains. Ce sont les ramasseuses-égreneuses (ou corn-sheller) et les moissonneuses-batteuses. Elles ne peuvent être utilisées que lorsque les grains sont suffisamment secs (30 p. 100 d’humidité environ).

Pour bien conserver les grains, on doit ramener leur humidité à 15 p. 100 en utilisant des installations de séchage.


Utilisations

L’industrie utilise le Maïs dans les semouleries et les amidonneries. Les maïseries produisent des semoules destinées à la consommation humaine ou à la fabrication de la bière. Les sous-produits, à l’exception du germe dont on extrait l’huile, sont récupérés pour l’alimentation animale. Les amidonneries récupèrent l’amidon, principalement utilisé en glucoserie.

Le bétail consomme une grande partie, directement ou par incorporation aux aliments composés. On peut utiliser le Maïs pour les animaux sous forme de fourrage vert ou d’ensilage. L’ensilage se fait lorsque le rendement en matières sèches atteint sa valeur maximale (grain au stade pâteux - pâteux dur).


Céréales tropicales et méditerranéennes


Le Riz

Cette céréale est l’aliment de base de plus du tiers de l’humanité. Sur 280 Mt de Riz paddy produites en 1968, 260 Mt provenaient de l’Asie. Il n’y a que dix ans que la production mondiale de Blé dépasse celle du paddy.


Botanique

Les Riz cultivés appartiennent au genre Oryza L, de la tribu des Oryzées, famille de Graminacées. Le genre est caractérisé par des épillets bisexués en panicules, des glumes rudimentaires et des glumelles enfermant étroitement le caryopse. La classification des espèces du genre Oryza n’est pas arrêtée. Le symposium sur la génétique du Riz de 1963 a reconnu provisoirement 25 espèces annuelles et pérennes, dont 6 encore incertaines. Des critères cytogénétiques et phylogéniques ont permis de reconnaître le monophylétisme des deux espèces cultivées, Oryza sativa (expansion mondiale) et Oryza glaberrima (Afrique occidentale), qui admettent Oryza perennis comme forme ancestrale. O. sativa et O. glaberrima sont annuelles, mais elles ont des formes rhizomateuses pérennes et des formes flottantes.

On s’accorde pour situer l’origine d’O. sativa dans le Sud-Est asiatique, dans la péninsule Indochinoise. Elle était déjà très répandue 3 000 ans avant notre ère en Inde et en Chine. Son extension vers le Bassin méditerranéen daterait de l’empire d’Alexandre le Grand.

Le Riz O. glaberrima est africain. La riziculture centrale nigérienne se serait formée vers 1 500 avant notre ère. Elle s’est étendue jusqu’au Sénégal. Ayant été peu améliorée, cette espèce est en régression.


Agronomie et amélioration du Riz

Jusqu’en 1958, les classifications des variétés d’O. sativa se fondaient sur les caractères morphologiques de l’épillet et du caryopse. Elles distinguaient les Riz à grain court, d’origine insulaire (Riz Japonica), et les Riz à grain long, d’origine continentale (Riz Indica), ainsi qu’un grand nombre de variétés intermédiaires à grain épais (type Bulu de Ceylan). Le Catalogue mondial des variétés de la F. A. O. retient 63 caractéristiques indiquant l’origine, la morphologie, la biologie et les aptitudes culturales d’un Riz. Les objectifs de l’amélioration génétique pour augmenter la productivité des variétés sont triples : accroissement du rendement ; adaptation aux conditions culturales ; obtention d’une qualité déterminée.

• L’accroissement du rendement cultural résulte, toute autre condition de végétation restant comparable, du nombre de talles (par pied ou par unité de surface) portant une panicule, du taux de stérilité, du nombre de grains par panicule (proportionnel à sa longueur) et du poids moyen des grains. On recherche aussi une réponse aux fortes fumures. L’amélioration de la valeur nutritive du Riz conduit aussi à apprécier le rendement protéique et non pas seulement le rendement pondéral.

• L’adaptation aux conditions culturales est liée d’abord à la réalisation d’un cycle végétatif en phase avec les conditions de climat d’un milieu extériorisant un phénotype optimal. Si chaque variété a son milieu optimal, on peut néanmoins définir quelques traits essentiels de l’écologie du Riz.