Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Cela (Camilo José) (suite)

La littérature, c’est à la fois la vocation personnelle de Camilo José et son métier. Mais elle ne le renferme pas sur lui-même. L’écrivain s’est mis au service des lettres espagnoles. Il fut élu à l’Académie espagnole en 1957. Depuis de longues années, de Majorque, où il habite, il dirige l’une des meilleures revues littéraires de l’Espagne, Papeles de Son Armadans, d’où est banni tout esprit exclusiviste d’école.

Par son œuvre, son influence et son action, C. J. Cela tient l’une des premières places dans l’histoire des lettres espagnoles et — fait remarquable — dans l’histoire de l’espagnol écrit.

C. V. A.

 O. Prjevalinsky, El sistema estético de Camilo José Cela (Valence, 1960). / Hispanic Institute, Camilo José Cela (New York, 1962). / A. Zamora Vicente, Camilo José Cela (Madrid, 1962). / R. Kirsner, The Novels and Travels of Camilo José Cela (Chapel Hill, Caroline du Nord, 1964). / D. W. Forster, The Forms of the Novel in the Work of Camilo José Cela (Columbia, Missouri, 1967).

Célastrales

Ordre de plantes dicotylédones, comprenant notamment des arbustes tels que le Houx et le Fusain.


L’ordre des Célastrales, dans le grand groupe des Dicotylédones dialypétales ligneuses, comprend une vingtaine de familles, parmi lesquelles on doit citer celle des Aquifoliacées (4 genres, 300 espèces), où l’on trouve comme plantes principales le Houx et le Maté, et celle des Célastracées, avec le Fusain.


Aquifoliacées

Les Houx (300 espèces ; une seule vit en France) sont des arbres ou des arbustes à feuilles persistantes ; les fleurs, disposées en cymes, sont du type 4, c’est-à-dire 4 sépales, 4 pétales, 4 étamines et 4 carpelles. Ilex aquifolium vit à l’état sauvage dans l’Europe occidentale et est très répandu comme arbuste d’ornement ; de nombreuses variétés sont cultivées, uniquement pour leur feuillage, car les fleurs sont petites et sans intérêt horticole. Les feuilles d’I. aquifolium type sont alternes, persistantes, très coriaces, vert foncé, luisantes, ondulées et dentées-épineuses ; elles peuvent présenter de nombreuses variations dans la coloration et le nombre d’épines. Avec les feuilles d’une espèce de Houx d’Amérique du Sud (I. paraguayensis), on fait une infusion tonique universellement connue, le maté ou thé du Paraguay.


Célastracées

Dans la famille des Célastracées, où les fleurs sont du type 5 ou 4, le fruit, qui est à 4 carpelles, donne à maturité une capsule en « bonnet d’évêque » d’où sortent des graines rouges. La plante la plus connue est le Fusain du Japon, Evonymus japonicus, qui est très cultivé dans les jardins ; c’est un grand arbuste à feuilles ovales plus ou moins pointues, vert foncé, luisantes, bordées de petites dents régulières ; ses nombreuses variétés ont leurs feuilles diversement panachées. C’est avec le charbon de bois de Fusain que l’on exécutait les dessins également nommés « fusains ». Deux espèces sont originaires de France, mais ne sont pratiquement pas cultivées dans les jardins.

Deux autres familles voisines pourraient être signalées : ce sont les Cnéoracées (une espèce, Cneorum tricoccum, vit sur les coteaux arides de la région méditerranéenne) et les Empétracées. (Empetrum nigrum, arbuste assez décoratif grâce à ses feuilles linéaires et à ses fleurs, ressemble aux Ericacées et vit dans les tourbières et les marécages des hautes montagnes d’Europe, du Japon et d’Amérique du Nord.)

J.-M. T. et F. T.

Célèbes ou Sulawesi

Île de l’Indonésie.


L’île de Célèbes (aujourd’hui Sulawesi) a 189 000 km2 et avait 8,5 millions d’habitants en 1971, soit une densité de 45 habitants au kilomètre carré : elle est administrativement divisée en quatre provinces aux densités de population très inégales.

La forme de l’île est extraordinaire : « une poignée de péninsules liées en leur milieu et jetées dans l’océan ». De ces quatre péninsules, rectangulaires, trois, celles du sud, du sud-est et du nord-est, sont encore assez massives et la quatrième, celle du nord, étire une forme coudée. Ces péninsules sont montagneuses ; l’altitude est le plus souvent supérieure à 1 000 m, voire à 2 000 m ; le point culminant, le Bukit Rantemario, ou Rantekombola, approche 3 500 m. Les plaines sont rares : plaine du lac Tempe (bras sud), vallée de Sampara (bras sud-est), petites plaines côtières. Au cœur de l’île, le lac Poso est profond de 1 500 m.

Le relief est lié à des failles et à des flexures très récentes (fin du Pliocène) qui ont porté des récifs coralliens à 1 000 m d’altitude, des pédiments à inselberg à 2 500 m. Inversement, failles et flexures ont provoqué des fossés continentaux (fossé du lac Poso) et surtout marins : détroit de Macassar (– 2 400 m), golfe de Bone (– 2 500 m), golfe de Tomini (– 3 700 m). La zone faillée la plus importante s’étend de la baie de Palu au golfe de Bone. Les lignes tectoniques guident les alignements des cours d’eau. Dans ces conditions, le relief est mal consolidé et les séismes sont nombreux. Par contre, le volcanisme récent est peu important, confiné à l’extrême sud du bras sud (Gunung Lompobatang) et à l’extrême nord du bras nord (Gunung Soputan, G. Klabat). Les failles pliocènes (ou même pléistocènes) ont affecté une structure alpine (oligo-miocène) avec nappes de charriages à l’est et une structure plissée (mio-pliocène) sans charriages à l’ouest.

L’île est fortement compartimentée, juxtaposant des climats très contrastés, variété due à l’exposition par rapport aux vents dominants (mousson du nord-ouest en été, alizé du sud-est en hiver). Des zones de sécheresse marquée se trouvent dans certaines vallées « sous le vent », par exemple la baie de Palu. L’île est aussi peu accessible en dépit de ses 5 000 km de côtes. Celles-ci, en effet, sont extrêmement dangereuses à cause des récifs coralliens : le principal, le « grand récif barrière de la Sonde », est situé dans le détroit de Macassar, entre Bornéo et Sulawesi.

Compartimentage et isolement dominent la géographie humaine. On ne compte pas moins de huit groupes de dialectes différents parmi les populations de l’île, dont la majorité appartient au groupe toraja : les Torajas sont des Proto-Malais, restés primitifs et vivant essentiellement de cultures sur brûlis. D’une façon générale, l’influence indienne a été faible et l’influence islamique tardive.