Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

catholicisme (suite)

Pour qu’il y ait péché, il faut qu’il y ait, on l’a vu, pleine connaissance de la faute. D’où l’importance, suivant l’Église, pour la raison humaine, de se former en ce domaine un jugement sain et délicat ; c’est ce qu’on appelle la conscience morale. Elle est la règle de l’acte humain considéré à la lumière non de la raison naturelle, mais en fonction de la loi chrétienne définie par l’Écriture et la Tradition. Par conséquent toute la vie morale découle de l’obéissance à la conscience.

Le sacrement de pénitence, institué par le Christ par ses paroles aux apôtres : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez », a pour but soit de réintroduire dans la grâce divine ceux qui ont péché mortellement, soit, en cas de péché véniel, de raffermir cette même grâce. Pour que ce sacrement devienne efficace, il faut, en plus de l’accusation à un prêtre, qu’il comporte trois autres dispositions : la contrition, la satisfaction et l’absolution.

La contrition est l’acte le plus indispensable du sacrement, elle doit être la volonté claire de détester le péché parce qu’il est une injure faite à Dieu ; il s’agit là de la contrition parfaite, suffisante pour effacer même les péchés mortels à défaut de la possibilité de se confesser. La satisfaction consiste à accomplir la pénitence imposée par le confesseur au pénitent dans le but de « réparer » la faute, d’où le nom de réparation donné parfois à cet aspect du sacrement. L’absolution est l’achèvement du sacrement, elle est la formule sacramentelle elle-même, par laquelle, au nom du Christ, le prêtre pardonne le péché.


L’eucharistie

Selon saint Thomas : « Il fallait un sacrement où le Christ fût lui-même contenu pour que la jonction de la tête aux membres fût parfaite. » L’eucharistie accomplit cette tâche en unissant intimement les chrétiens avec leur Dieu du fait qu’il est en personne présent en eux. Cette union commencée par le baptême, renforcée par la confirmation, entretenue ou renouée par la pénitence, s’achève et s’accomplit parfaitement dans l’eucharistie.

Dans ce sacrement, le Christ est réellement présent en personne sous les apparences du pain et du vin, et il s’offre lui-même comme prêtre et victime au cours d’un repas de communion qui est en même temps un véritable sacrifice. Ces trois aspects de l’eucharistie comme présence, sacrifice et communion doivent être considérés successivement. Se fondant sur les paroles de l’Evangile : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », l’Église croit que, dans l’eucharistie, la deuxième personne de la Trinité est réellement présente suivant l’enseignement du concile de Trente : « Le sacrement de la très sainte eucharistie contient vraiment, réellement et substantiellement le corps, le sang, l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et donc le Christ tout entier. »

Pour les protestants, le Christ est présent dans l’eucharistie « comme en signe, en figure et par sa vertu » : c’est l’impanation ; pour les catholiques, il l’est vraiment et substantiellement : c’est la transsubstantiation, selon laquelle la substance du pain et du vin est totalement changée en celle du corps et du sang du Christ.

La raison d’être profonde de ce sacrement, ce n’est pas la présence réelle, mais la célébration du sacrifice eucharistique et sa conclusion normale qui est la communion. C’est sous une forme sacramentelle un sacrifice réel, qui reproduit le sacrifice historique et unique du Christ sur le Calvaire. Ce sacrifice, préfiguré par celui de l’immolation au moment de la pâque juive, se renouvelle à chaque fois qu’une messe est célébrée, ainsi que l’a défini le concile de Trente : « Dans le divin sacrifice qui s’accomplit à la messe, est contenu et immolé d’une façon non sanglante ce même Christ qui s’est offert lui-même une fois d’une façon sanglante sur l’autel de la croix [...] C’est une seule et même victime : la même est offerte aujourd’hui par le ministère des prêtres, qui s’offrit alors elle-même sur la croix, seule la manière d’offrir étant différente. »

Ce sacrifice actualise donc au cours des temps, et pour nous en appliquer les fruits, l’offrande réparatrice que Jésus-Christ fit de sa personne sur la croix. Mais ce sacrifice s’achève par la communion à la victime immolée, qui a pour but final l’union intime avec le Fils de Dieu et avec les membres de son corps mystique. Les effets de l’eucharistie sont nombreux. Le sacrifice de la messe, d’abord, obtient le pardon des péchés, la remise des peines temporelles dues aux fautes déjà pardonnées (c’est en ce sens que la messe peut être offerte pour les défunts), l’accroissement de la grâce pour mieux pratiquer les vertus chrétiennes ; enfin, il est un sacrifice d’action de grâces par lequel l’homme peut rendre à Dieu la seule louange parfaite en lui offrant son propre Fils.

La communion eucharistique est aussi un sacrement de vie, gage de la future existence glorieuse à laquelle sont appelés tous les baptisés selon les paroles du Christ : « En vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. » Il est en même temps un sacrement d’unité qui fait communier les chrétiens les uns aux autres : « Le pain que nous rompons, dit saint Paul, n’est-il pas une communion au corps du Christ ? Et puisqu’il n’y a qu’un seul pain, à nous tous, nous formons un seul corps, car tous nous avons part à ce pain unique. »

L’eucharistie est le plus éminent de tous les sacrements par ce que seul il contient Dieu en personne ; les autres octroient la grâce : lui, il donne l’auteur même de la grâce. De plus, tous les sacrements se rapportent à lui comme à leur fin ; ainsi, le baptême est donné en vue de sa réception, la pénitence et l’extrême-onction permettent de le bien recevoir, l’ordre de le produire.