Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

carton (suite)

Usages

La nomenclature française distingue un peu plus d’une quarantaine de sortes de carton, ce qui montre les grandes possibilités d’adaptation du matériau à une foule d’usages.

Grand matériau utilisé pour l’emballage et le regroupement des produits, le carton est de plus en plus le matériau de conditionnement de la plupart des biens de grande consommation, comme on peut s’en rendre compte en visitant un supermarché. Il assure tout à la fois la protection des produits, leur présentation en unités de consommation, mais aussi, en tant que support d’impression, leur publicité. Ce dernier point se révèle essentiel pour la distribution des produits en libre-service. Aussi a-t-on pu dire que le carton était un « éloquent vendeur silencieux ».

Sa production est actuellement, en France, de l’ordre de 500 000 t.

Les grands secteurs utilisateurs de carton sont l’hygiène et la santé, l’alimentation, le textile et l’habillement, les jeux et les jouets. La présentation de petits articles logés dans un alvéole en plastique sur une plaque en carton (blister) ainsi que le regroupement de plusieurs articles d’une certaine dimension, tels que de petites bouteilles de bière dans une feuille de carton (multipack), prennent également une importance croissante chaque fois que la solution d’un problème ne peut être une boîte.


Tendances

Les exigences nouvelles de la distribution et le développement de la concurrence imposent aux produits une présentation et un emballage, ou pré-emballage, de plus en plus soignés. Le cartonnage est un mode de conditionnement recherché tant en Europe qu’aux États-Unis, car il regroupe un ensemble de qualités : livraison à plat, montage et remplissage sur machines automatiques, rigidité, grande surface plane, possibilité d’impressions artistiques en multicouleurs, gaufrage, traitements divers (imperméabilisation), etc. D’autre part, les possibilités de découpes sont innombrables et ouvrent un large champ à l’imagination. Dans toute société moderne, le carton joue un rôle économique assez considérable et, de ce fait, occupe une place très familière dans la vie de chaque jour, au service de l’homme.

M. M.

Caryophyllales

Ordre de plantes dicotylédones herbacées telles que l’Œillet et le Pourpier.


L’ordre des Caryophyllales se place dans le grand groupe des Dicotylédones herbacées. Cinq familles composent cet ordre, dont les trois plus importantes sont les Caryophyllacées, les Portulacacées, les Aizoacées.


Caryophyllacées

La famille des Caryophyllacées (2 000 espèces et 80 genres) est caractérisée par des espèces à feuilles entières, opposées, se recouvrant à moitié et formant des nœuds épaissis. Les fleurs complètes, ordinairement groupées en cymes bipares, sont du type 5, mais, chez certaines espèces, on remarque une réduction des pièces florales (absence de pétales chez les Sagines, fleurs unisexuées chez Lychnis dioica). Les étamines sont le plus souvent au nombre de 10, et les carpelles au nombre de 5 (Lychnis) et même de 3 ou de 2 par réduction évolutive (Silène, Œillet). La plus ou moins grande soudure des sépales permet d’établir deux sous-familles : celle des Alsinoïdées, où les sépales sont libres (Stellaire, Cerastium, Sagine, Arenaria, Minuartia), et celle des Silénoïdées (Nielle, Silène, Lychnis, Gypsophile, Œillet, Saponaire).

Les Œillets (Dianthus) forment un genre très important (300 espèces presque toutes herbacées), vivant en Europe méridionale, dans le Bassin méditerranéen, en Asie, en Afrique et en Amérique du Nord. Les unes ont les fleurs réunies en tête serrée au sommet des tiges (D. barbatus), les autres des fleurs solitaires, les pétales pouvant être soit profondément divisés en lanières (D. gallicus, D. neeanus, D. plumarius — Œillet mignardise —, D. superbus), soit entiers ou seulement dentés (D. alpinus, D. deltoides, D. sinensis, D. caryophyllus). C’est l’Œillet des fleuristes (D. caryophyllus), dont la culture dans le Midi remonte à plusieurs siècles, qui a donné le plus de races nouvelles (plusieurs milliers) ; celles-ci sont remarquables par leur grande floribondité et leur parfum. Cette culture a pris dans les départements des Alpes-Maritimes et du Var une très grande extension ; elle se fait sur les pentes bien exposées des collines, où tout un système d’arrosage et de paillons permet un forçage intensif ; les fleurs coupées sont expédiées dans tous les grands centres urbains de l’Europe, maintenant très souvent par avion. À partir de D. semperflorens et de D. sinensis, d’autres races très appréciées ont été créées, et D. plumarius a donné de petits Œillets qui servent surtout en bordure dans les jardins. Les Silènes annuelles (Silena armeria, S. fortunei) ou vivaces (S. acaulis, S. saxifraga) trouvent leur place dans les jardins de rocailles. Les Sagines (Sagina pilifera et S. repens), petites plantes naines, servent dans l’établissement de gazons dans les chemins dallés. Les Gypsophiles de la région méditerranéenne, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, soit annuelles, soit vivaces, ont de très nombreuses petites fleurs ; parmi les espèces les plus employées, on peut citer Gypsophila elegans et G. paniculata. Les Saponaires sont surtout représentées dans les jardins par des espèces vivaces : Saponaria officinalis a des fleurs roses odorantes dont le type botanique vit dans toute la France ; S. ocymoides est très appréciée pour garnir les jardins de rocailles ; elle forme de grosses touffes à fleurs rose vif très nombreuses. Plusieurs substances toxiques se trouvent dans les Caryophyllacées, en particulier dans les graines de Nielle, plante qui poussait autrefois dans les champs de Blé ; lors de la récolte, des graines de Nielle pouvaient être parfois recueillies avec les grains de Blé, et des intoxications très graves arrivaient alors. L’élimination des « adventices » dans les cultures et le tri mécanique des grains suppriment complètement à l’heure actuelle ce danger. On trouve dans les feuilles et les racines de Saponaires des saponines qui permettent de faire des lavages de tissus délicats.