Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

cancer (suite)

• Cancer de l’œsophage. Son origine est rapportée à l’absorption de boissons très chaudes et d’alcool, mais le tabac joue aussi un rôle. Il survient surtout chez l’homme. Il est de sombre pronostic, car son début est insidieux, par la dysphagie (gêne à avaler), qui ne le révèle souvent qu’à un stade avancé et au-dessus des ressources d’une chirurgie déjà difficile dans cette région. Le diagnostic est avant tout radiologique et précise la localisation exacte et l’extension ; l’œsophagoscopie permet la biopsie, surtout si la lésion est minime, et, par là, la détermination du type histologique.

• Cancer de l’estomac. Les grandes différences de fréquence suivant les populations laissent à penser que l’influence des facteurs de milieu peut être ici importante (en particulier l’alimentation et les facteurs socio-économiques). D’autre part, on a constaté de façon certaine une diminution de fréquence de ce type de cancer dans certains pays, valable surtout pour les sujets jeunes.

Les lésions susceptibles de dégénérescence cancéreuse sont les ulcères gastriques, la polypose, la gastrite atrophique. Les signes fonctionnels sont souvent discrets et d’apparence banale : douleurs épigastriques, vagues troubles digestifs, anémie. Ils doivent néanmoins conduire à la pratique d’examens, et d’abord à un examen radiologique du transit gastrique. Trois types d’image peuvent alors s’observer :
— raideur localisée ;
— niches, en plateau ou triangulaires, ou encore banales, justifiant un traitement antiulcéreux vigoureux et un contrôle un mois plus tard ;
— lacunes (une gastroscopie permet de visualiser la lésion et de faire un prélèvement). Un dépistage systématique peut permettre des diagnostics précoces.

• Cancers recto-coliques. Les cancers du côlon et du rectum représentent environ 10 p. 100 de l’ensemble des néoplasies. Les cancers du côlon atteignent surtout l’homme de 60 à 70 ans : la localisation est plus fréquente à gauche qu’à droite, mais il y a possibilité de localisations multiples. Parmi les lésions précancéreuses, une doit être individualisée : la polypose recto-colique familiale, maladie génétique du sujet jeune, qui dégénère presque toujours. Les polyposes isolées ou multiples bénignes par hyperplasie muqueuse dégénèrent peu, contrairement aux tumeurs villeuses. Les signes révélateurs du cancer du côlon sont faits parfois d’une alternance de diarrhée et de constipation. De toute façon, l’apparition récente de troubles du transit doit conduire à la pratique d’un lavement baryté, qui objective des images variables suivant la localisation et le type de la tumeur, mais dont les caractéristiques sont le plus souvent suffisantes pour conduire à l’intervention.

Les signes révélateurs du cancer du rectum sont le plus souvent des hémorragies ou des signes de rectite : le toucher rectal doit être complété par une rectoscopie et par une biopsie.

• Cancer primitif du foie. C’est le plus fréquent des cancers rencontrés en Afrique noire (50 p. 100) ; il est beaucoup plus rare ailleurs. Ici encore, plus que le facteur ethnique, ce serait un facteur alimentaire qui serait en cause. Il se traduit par une augmentation d’abord isolée du volume du foie, de consistance particulièrement dure. Seule la laparoscopie avec ponction et biopsie pourra faire le diagnostic exact. Si celui-ci n’est pas possible, l’évolution est rapide, avec ictère, ascite, hépatomégalie considérable, vers la mort par cachexie ou hémorragie.

• Cancer du pancréas. On le rencontre chez l’homme âgé de plus de 70 ans. Il convient d’évoquer, parmi les facteurs étiologiques possibles, les pancréatites et le diabète. Le cancer du pancréas évolue longtemps sous une forme symptomatique non spécifique : fièvre, amaigrissement, douleurs épigastriques, phlébites à répétition. Le diagnostic en est le plus souvent tardif, à l’occasion d’un ictère ou d’un syndrome douloureux épigastrique, alors que la tumeur est déjà très évoluée. C’est donc au stade précédent que des explorations complémentaires devraient permettre le diagnostic, mais aucune d’entre elles (étude des fonctions pancréatiques, des selles, transit gastro-duodénal, hyperglycémie, angiographie sélective) n’est formelle, en dehors de la visualisation par la laparotomie exploratrice.


Cancer du rein

Il s’observe à deux âges de la vie avec une fréquence différente (2 p. 100 des cancers de l’adulte et 20 p. 100 des cancers de l’enfant).

Chez l’adulte, il s’agit le plus souvent d’un épithélioma, dont les signes d’appel peuvent être une hématurie, un syndrome douloureux ou une polyglobulie, qui amènent à pratiquer une urographie intraveineuse (U. I. V.), montrant soit une image lacunaire, soit des anomalies de l’arbre pyélique ; une artériographie fait découvrir un peloton vasculaire. Toute la gravité réside dans le fait que l’extension se fait par voie veineuse, avec métastases pulmonaires, hépatiques ou osseuses. Parmi les facteurs étiologiques, il faut retenir un facteur tabagique et surtout un facteur hormonal ; le rein est sous la dépendance de plusieurs glandes, et toute prolifération anarchique au sein de son parenchyme peut entraîner des désordres à type de polyglobulie ou d’hypercalcémie.

Chez l’enfant, il s’agit le plus souvent d’un néphroblastome qui se manifeste entre 2 et 4 ans sous forme d’une tumeur abdominale avec rapide altération de l’état général.


Cancer de la vessie

C’est le plus important des cancers urinaires. Plusieurs lésions peuvent ici dégénérer : polypes vésicaux ; papillomes vésicaux ; diverticules. D’autres facteurs sont favorisants : les cystites antérieures, parasitaires en particulier (bilharziose), et des facteurs professionnels (travail du caoutchouc ou des colorants [aniline]). Le symptôme révélateur en est l’hématurie (urines sanglantes) ; cystite et douleurs sont plus rares. La cystoscopie ne permet pas de soupçonner la dégénérescence d’un papillome affirmé par la seule histologie.