Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

canalisation (suite)

Vannes-clapets

Elles sont simples, car la bouchure est constituée par un rectangle tournant d’un angle droit autour d’un de ses grands côtés, qui est fixé au radier. L’avantage de ces vannes réside dans le réglage du débit, qui s’effectue uniquement par lame déversante. Jusqu’à 3 ou 4 m de haut, le système est assez économique.


Barrage-toit

La bouchure est formée de deux panneaux sensiblement plans qui s’appuient l’un sur l’autre. L’un des deux au moins doit être très résistant au voilement. Un flotteur est placé sous l’un des deux panneaux pour faciliter le relevage. La manœuvre s’exécute en mettant la chambre inférieure en communication avec l’amont ou avec l’aval, la chute manœuvrant en quelque sorte elle-même le barrage. Cette manœuvre est donc aisée et peut être rendue automatique. L’inconvénient réside dans le coût élevé du radier spécial et de ses fondations.


Barrage à segments

La vanne du barrage à segments fonctionne sur le même principe de rotation que celui de la vanne à secteurs, mais la manœuvre est automatique. La partie supérieure du segment, qui est pleine, peut s’effacer complètement dans une cavité ménagée dans le radier (chambre d’équilibre). On place un joint étanche entre la vanne, le radier, les piles et les culées. Pour l’abaissement automatique, il suffit de mettre la chambre d’équilibre en communication avec l’aval. Pour le relevage, on met la chambre d’équilibre en communication avec l’amont en créant une petite charge hydraulique auxiliaire ou en provoquant le soulèvement de la vanne.

Petit lexique de la navigation intérieure

bouchure, partie mobile d’un barrage d’écluse, construite le plus souvent en tôle et en profilés.

chenal, gabarit déterminé par sa largeur et sa profondeur, délimitant l’espace accessible aux bateaux sans danger d’échouage.

crue, débordement d’un cours d’eau de son lit mineur en submergeant ses berges.

digue, massif d’enrochement disposé parallèlement au courant d’un cours d’eau.

épi, massif d’enrochement dirigé à peu près normalement au courant.

étiage, niveau des plus basses eaux de l’année.

étiage absolu ou étiage minimal, étiage le plus bas jamais relevé sur la voie d’eau considérée.

étiage moyen, moyenne arithmétique des étiages annuels sur une période de plusieurs années (10, 20, 50 ou 100 ans).

hauteur libre, hauteur comprise entre le plan d’eau et l’intrados de la voûte des ouvrages de franchissement (ponts) et des tunnels.

hauteur de retenue, dans une écluse, distance verticale entre le seuil et le niveau du plan d’eau amont.

lit majeur, superficie occupée par les eaux durant les plus fortes crues.

lit mineur, superficie d’un cours d’eau limitée par les berges.

mouillage, hauteur comprise entre le plan d’eau et la partie inférieure du chenal.

plus hautes eaux (P. H. E), niveau le plus élevé en période de crue.

plus hautes eaux navigables (P. H. E. N.), niveau de crue déterminant l’arrêt de la navigation, en raison d’une part des dangers dus à la vitesse du courant et des remous, et d’autre part de la limitation du tirant d’air à vide par la hauteur libre sous les ouvrages.

seuil, point haut du radier horizontal en béton sur lequel un barrage d’écluse est établi.

tirant d’air, distance entre le plan d’eau et la partie la plus haute du bateau. (On distingue le tirant d’air à vide et le tirant d’air en pleine charge.)

tirant d’eau ou enfoncement, hauteur entre le plan d’eau et la partie la plus basse du bateau. (Cette hauteur est inférieure au mouillage pour laisser une revanche de sécurité entre le fond du bateau et le fond du lit. On distingue le tirant d’eau à vide et le tirant d’eau en pleine charge.)

J. A.

➙ Barrage / Canal / Écluse / Navigation fluviale.

 J. Aubert, Barrages et canalisations (Dunod, 1949).

canalisation

Dispositif utilisé pour assurer le transport d’un fluide (liquide ou gaz) ou de l’énergie électrique, de son point de prélèvement à son point d’utilisation ou d’évacuation.


Les canalisations sont des organes très divers à la fois par leurs caractéristiques intrinsèques, par leur destination et par leur mode d’établissement, c’est-à-dire par leurs caractères d’utilisation.


Canalisations d’eau


Canalisations d’adduction d’eau et de service d’incendie

Les canalisations de distribution doivent résister aux efforts de pression interne de l’eau en charge, aux efforts de compression transmis par le sol pour les canalisations enterrées, aux efforts de traction ou de dilatation axiales pour les canalisations sur supports extérieurs ; elles doivent être conçues pour résister aux actions de corrosion tant de l’eau transportée que de celle provenant de l’ambiance (sol ou atmosphère) et ne pas être nocives pour l’alimentation. Bien entendu, les propriétés d’étanchéité et d’anticorrosion doivent s’appliquer aux joints et aux produits, ou aux procédés d’obturation de ces derniers.

Le grès céramique et le béton non armé ne sont pas utilisés, car ces matériaux sont trop fragiles, exception toutefois pour certains cas particuliers. Le béton armé est plus résistant. Ses armatures sont d’une part longitudinales (suivant des génératrices) et d’autre part circulaires ou en hélices. Ces dernières sont renforcées, car, pour une pression interne déterminée, les contraintes radiales sont exactement doubles des contraintes axiales, de telle sorte que les fissures, s’il s’en produit, sont toujours longitudinales. En outre, pour parfaire l’étanchéité, on noie souvent une tôle soudée dans le tuyau et l’on tient compte, dans le calcul, du supplément de résistance introduit par cette armature cylindrique continue. On utilise aussi des tuyaux en béton précontraint en faisant généralement appel à la précontrainte par adhérence. L’intérêt de ce procédé est double : les conduites en précontraint sont beaucoup plus flexibles, par conséquent moins fissurables, et les fissures accidentelles se referment grâce à la prétension des armatures et des fils de précontrainte, puis se ressoudent par interposition de calcite ayant pour origine la chaux libre dissoute, formée durant l’hydratation du ciment portland. Les tuyaux en amiante-ciment, constitués par des fibres d’amiante armant du ciment portland et traités en couches minces enroulées sur elles-mêmes, sont élastiques, imperméables et d’une grande résistance mécanique en compression, en traction et en flexion. Les tuyaux en acier laminé, soit en tubes sans soudures, soit en conduites soudées à l’autogène avec métal d’apport le long d’une génératrice, sont d’une grande résistance mécanique. On les protège en les bitumant à l’extérieur. La fonte (fonte grise malléable) est plus fragile, mais pratiquement inaltérable et résistante aux corrosions de l’ambiance. La fonte globulaire, à graphite sphéroïdal (ou fonte ductile, ou fonte nodulaire), est beaucoup moins fragile et résiste à peu près comme l’acier moulé. Les tuyaux en chlorure de polyvinyle résistent jusqu’à une pression de 10 et 12 bars. Les raccords sont faciles à exécuter. Le chlorure de polyvinyle est en effet un matériau thermoplastique qui se ramollit à la chaleur vers 90 °C. Très lisse, imperméable, il est pratiquement inattaquable par les agents chimiques. Le plomb, très résistant aux eaux acides, facile à couder, mais peu résistant aux pressions, n’est pas utilisé pour les adductions. Avec les eaux à très faible degré hydrotimétrique (moins de 5 °TH), il donne lieu, en présence du gaz carbonique dissous, à la formation d’un sous-carbonate de plomb très vénéneux, capable de causer des empoisonnements par saturnisme.