Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

calcium (suite)

Les anomalies du métabolisme du calcium

Elles s’expriment en général par une modification du taux de la calcémie et parfois de la calciurie.

• La diminution de la calcémie, ou hypocalcémie, se manifeste le plus souvent par des crises de tétanie*, qui cèdent rapidement à l’injection intraveineuse de sels de calcium. Chez le nourrisson et chez l’enfant, l’hypocalcémie peut être responsable de convulsions. Ses causes sont nombreuses, dominées par la carence en vitamine D, l’insuffisance de sécrétion de la parathormone (hypoparathyroïdie), l’insuffisance rénale chronique.

• L’élévation de la calcémie, ou hypercalcémie, se révèle par des troubles digestifs (soif, vomissements, constipation), parfois par un coma. Le risque de mort subite par arrêt cardiaque justifie un traitement médical d’urgence. L’hypercalcémie peut avoir pour conséquence la précipitation de sels calciques au niveau de certains viscères : rein (néphrocalcinose), cornée, conjonctive, vaisseaux. Elle peut être secondaire à un fonctionnement exagéré des glandes parathyroïdes (hyperparathyroïdie), à une libération anormale de calcium lors de l’envahissement de l’os par certains cancers. Elle s’observe également au cours des immobilisations prolongées (fractures), de l’absorption exagérée de laitages et de poudres alcalines, de l’intoxication par la vitamine D prise à trop forte dose.

• L’hypercalciurie, ou élimination exagérée de calcium dans les urines, accompagne la plupart des causes d’hypercalcémie. Elle peut, cependant, être isolée sans que l’on puisse en préciser le mécanisme (hypercalciurie dite « idiopathique ») : chez l’adulte jeune, elle se traduit par une ostéoporose (v. os) ; chez l’enfant, par un nanisme* avec troubles rénaux.

• Un défaut de l’absorption intestinale du calcium a pour conséquence chez l’enfant un rachitisme*, chez l’adulte une ostéomalacie (v. os). Ce défaut d’absorption est habituellement dû à une carence en vitamine D, rarement à une insuffisance pancréatique ou biliaire, ou à une affection intestinale.

M. B.


Le calcium en thérapeutique

L’importance biologique du calcium, d’une part, et la difficulté d’assimilation de ses dérivés, d’autre part, ont conduit à l’introduction en thérapeutique d’un grand nombre de sels calciques. Ces sels peuvent agir de diverses façons.

• Comme topiques. En raison de leur réaction alcaline (eau de chaux ou soluté d’hydroxyde de calcium) ou de leur pouvoir tampon (carbonates et phosphates, lactate), ces corps sont susceptibles de modifier le pH (l’acidité) des liquides digestifs, en particulier au niveau de l’estomac.

• Comme anti-inflammatoires. Ainsi, le chlorure de calcium est actif contre les manifestations allergiques.

• Comme hémostatiques. Le calcium intervient dans le processus de la coagulation* du sang.

• Comme recalcifiants. C’est l’indication majeure des dérivés calciques. Dans le tissu osseux, le calcium étant lié au phosphore, on a d’abord utilisé les phosphates de calcium, qui sont au nombre de trois : à savoir, par ordre de solubilité croissante, les phosphates tricalcique, bicalcique et monocalcique ; il est logique de penser, en effet, que ces substances sont d’autant plus assimilables qu’elles sont plus solubles ; elles étaient administrées sous forme de poudre, de cachets ou de solution. Toutefois, on constate que le calcium ainsi administré est rapidement éliminé par l’urine. La logique a ensuite conduit à l’introduction de dérivés organocalciques : en premier lieu le glycérophosphate de calcium, puis l’inositocalcium, extrait de certaines graines, et enfin une série de sels de monoacides organiques à fonctions alcool, dont le plus employé est le gluconate de calcium (gluconate, glucoheptonate, lévulinate). Ces derniers peuvent être administrés non seulement par la voie orale, mais aussi par les voies intramusculaire et endoveineuse. La multiplicité de ces médicaments recalcifiants montre qu’il n’y en a pas de parfaits ; l’assimilation du calcium étant régie par les facteurs hormonaux ou vitaminiques exposés ci-dessus, il convient de leur associer certains adjuvants tels que les extraits parathyroïdiens ou l’hormone parathyroïdienne, ou du dihydrostachystérol, dont l’action est comparable, mais plus forte et plus prolongée, et qui provoque une véritable mobilisation du calcium, se traduisant par l’augmentation de la calcémie et de la calciurie ; enfin, les vitamines du groupe D jouent un rôle important dans l’assimilation du calcium. Les dérivés du calcium ne sont pas toxiques ; leur emploi comme topiques, anti-inflammatoires, hémostatiques tend vers la désuétude en raison de l’existence de produits plus actifs ; par contre, leur action recalcifiante convenablement menée (associée, au besoin, au phosphore) reste irremplaçable, et elle s’accompagne en outre d’une légère action sédative.

R. D.

➙ Alcalino-terreux (métaux).

 J. Stolkowski, le Calcium et la vie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1957 ; 2e éd., 1968). / O. J. Malm, Calcium Requirement and Adaptation in Adult Men (Oslo, 1958). / A. Lichtwitz et R. Parlier, Calcium et maladies métaboliques de l’os (Expansion scientifique française, 1964 ; 2 vol.). / S. Balsan, H. Mathieu et P. Royer, le Calcium chez l’enfant. Physiologie, pathologie, thérapeutique (Sandoz, 1966).

calcul numérique

Ensemble de techniques conduisant à des solutions numériques de certains problèmes.


Ces problèmes peuvent être la résolution d’une équation à coefficients connus, la recherche de la valeur d’une intégrale définie ou de la somme d’une série numérique, la recherche des composantes des vecteurs propres d’une matrice donnée, etc. Les moyens utilisés pour aboutir à des valeurs numériques peuvent être un simple crayon (calcul à la main), une règle à calculs ou une table de fonctions (calcul à la règle ou à la table, par exemple à la table de logarithmes), une machine à calculer ou même un ordinateur.