Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

budget (suite)

B. La seconde partie de la loi de finances comporte deux subdivisions d’importance inégale. a) La première comprend le montant global des « services votés » et les « autorisations nouvelles » réparties par titres : I. Dette publique ; II. Dotation des Pouvoirs publics ; III. Dépenses de personnel ; IV. Interventions de l’État ; V. Investissements directs ; VI. Subvention d’investissement ; VII. Dommages de guerre. b) La seconde subdivision comporte des dispositions diverses à caractère financier insérées dans la loi fiscale pour bénéficier de la procédure accélérée.

Les états et documents annexes

Les annexes servent à expliciter et détailler les dispositions contenues dans la première partie.

a) Les états annexes sont publiés par le Journal officiel en même temps que la loi de finances ; ils se présentent sous la forme de tableaux : A. État détaillé des diverses catégories de ressources ; B. Répartition par titre et ministère des dépenses civiles ; C. Répartition par titre et ministère des dépenses en capital ; D. Autorisation d’engagement par anticipation ; E. Taxes parafiscales ; F. Dépenses auxquelles s’appliquent les crédits évaluatifs ; G. Dépenses correspondant aux crédits provisionnels ; H. Dépenses pouvant donner lieu à report.

b) Les documents annexes sont destinés à l’information des membres du Parlement : les plus connus sont les « bleus », fort volumineux et comportant de nombreux fascicules, soit généraux, soit par ministères, complétés par les « jaunes » (répartition des dépenses ordinaires par chapitres et articles) et les « verts » (analyses des dépenses).

Les membres du Parlement bénéficient ainsi d’une documentation fort complète, mais trop volumineuse pour permettre une étude approfondie.

Les décrets de répartition

Les décrets de répartition sont publiés au Journal officiel, dès que la loi de finances est promulguée. Fixant la répartition des crédits par chapitres, ils doivent être conformes aux canevas soumis aux Chambres, tout en tenant compte des modifications intervenues au cours de la discussion budgétaire.

G. R.

➙ Impôt / Juridiques (sciences).

 J. Edmond Grange, le Budget fonctionnel en France (L. G. D. J., 1963). / P. Amselek, le Budget de l’État sous la Ve République (L. G. D. J., 1966). / J. Rivoli, le Budget de l’État (Éd. du Seuil, 1969 ; nouv. éd., 1975). / P. Dunand et X. Greffe, Problèmes budgétaires contemporains (P. U. F., 1970). / J.-M. Cotteret et C. Emeri, le Budget de l’État (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1972).

Buenos Aires

Capitale de la république Argentine ; 8 436 000 hab. pour l’agglomération.


Buenos Aires resta longtemps une petite ville, tirant peu de bénéfices de sa situation à l’embouchure du Río de la Plata, dans lequel les Espagnols ne voyaient qu’un axe menant vers les Andes. Vers la fin du xviiie s. seulement, la ville prit quelque importance. À partir de 1776, elle devint la capitale de la vice-royauté du Río de la Plata et, à la veille de l’indépendance, il était déjà possible d’entrevoir le rôle fondamental que la ville allait jouer dans la mise en valeur du territoire : sa situation va en faire le pôle qui draine et expédie les marchandises produites à l’intérieur et vers lequel convergent toutes les influences du monde extérieur, qu’il transmet à l’ensemble du pays.


La croissance de la ville

Cependant un siècle s’écoule encore avant que Buenos Aires prenne son véritable essor et tire un réel parti de sa situation remarquable, au débouché du bassin du Paraná et de la Pampa, sur l’océan Atlantique. En 1870, en effet, Buenos Aires ne compte encore que 177 800 habitants, soit 10 p. 100 seulement de la population de l’Argentine. C’est à la fin du xixe s. que les fonctions commerciales et industrielles de la ville vont s’accroître démesurément, en même temps que se développent l’agriculture céréalière et l’élevage bovin. Cette économie agricole, qui va réaliser la mise en valeur intensive de la Pampa, repose sur l’exportation et se rattache directement au commerce international par l’intermédiaire de Buenos Aires, à laquelle la fonction portuaire va conférer un formidable essor qui va encore s’accentuer avec (à la fin du xixe s. et au début du xxe s.) la création du réseau de lignes de chemin de fer, dessiné à partir de la capitale. Ainsi s’affirme rapidement l’influence rayonnante de Buenos Aires sur toutes les zones de l’espace en cours de mise en valeur.

C’est évidemment à Buenos Aires que s’installent les premières manufactures, tant dans le domaine de l’alimentation que des vêtements ou des frigorifiques. Déjà, à la fin du xixe s., la ville compte 700 000 habitants. Cet essor se précise encore au xxe s., lorsque la position de la capitale se trouve renforcée par la création d’un éventail routier qui se déploie à partir d’elle, s’ajoutant à celui des chemins de fer. C’est dans cette ville que vont se fixer les compagnies financières et les banques, se développer toutes les fonctions administratives d’un gouvernement plus centralisé, que l’activité industrielle va prendre son essor dès la fin de la Première Guerre mondiale.

Ainsi le Grand Buenos Aires (c’est-à-dire la ville plus les banlieues immédiates), qui cumule toutes ces fonctions, concentre aujourd’hui plus du tiers de la population argentine.


Les fonctions

Cette agglomération a d’abord une fonction de grande métropole internationale. Le complexe portuaire, allongé sur une douzaine de kilomètres, assure un trafic annuel d’environ 40 à 45 Mt ; il assure la majeure partie du commerce international de l’Argentine. La fonction de grande métropole s’exprime également dans le trafic important des deux aéroports internationaux. Buenos Aires, encore aujourd’hui, est essentiellement un port d’exportation des denrées agricoles, viandes frigorifiées ou produits de l’agriculture pampéenne (notamment le blé), et un port d’importation de produits industriels.