Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Afars et des Issas (Territoire français des) (suite)

Mais en 1972, l’opposition se regroupe au sein de la Ligue populaire africaine pour l’indépendance (L. P. A. I.), autour de Hassan Gouled et Ahmed Dini. Protestant contre les arrestations arbitraires effectuées à l’encontre des Issas et des Somalis, contre le refus des autorités de leur accorder cartes d’identité et donc droit de vote, et contre le barrage miné qui entoure Djibouti afin d’empêcher la pénétration d’éléments non afars, la L. P. A. I. réclame l’indépendance du territoire (le Front de libération de la côte de Somalie [F. L. C. S.] créé en 1963 réclamant pour sa part le rattachement à la Somalie), la détribalisation de la vie politique et une nouvelle loi sur la nationalité française afin de permettre la refonte des listes électorales qui sont en faveur des Afars pourtant minoritaires dans le pays.

En octobre 1975, Ali Aref, qui doit faire face à une fronde parlementaire dirigée par le sénateur Barkat Gourat et à l’influence grandissante de la L. P. A. I. dont la représentativité a été très vite reconnue par l’O. U. A. et la ligue arabe, se déclare en faveur de l’indépendance, mais sa majorité ne cesse pour autant de se dégrader. Au début de 1976, il essaie de s’imposer en multipliant les mesures policières à l’égard des non Afars, mais en mai, le gouvernement français lui retire ouvertement son appui et négocie la fin de la crise à la fois avec Ali Aref et avec l’opposition. En juillet, après quelques violents incidents, Ali Aref est contraint de démissionner, Abdallah Mohammed Kamil est élu président du gouvernement et une nouvelle loi sur la nationalité française est adoptée. Le programme de M. Kamil est pratiquement celui de la L. P. A. I., sa tâche est de négocier, en fonction des exigences de ce programme et en accord si possible avec les autres formations de l’opposition, l’accession du territoire à l’indépendance, prévue pour 1977.

 H. Deschamps, A. Decary et R. Ménard, Somalis, Réunion, Inde (Berger-Levrault, 1948). / Albospeyre, G. Bailloud, T. Bernier et R. Lamy, Mer Rouge et Afrique orientale (Peyronnet, 1959). / I. M. Lewis, People of the Horn of Africa, Somali Afar and Saho (Londres, 1965) ; The Modern History of Somaliland (Londres, 1965). / J.-P. Poinsot, Djibouti et la Côte des Somalis (Hachette, 1965). / V. Thompson et R. Adloff, Djibouti and the Horn of Africa (Stanford, Californie, 1968).

affaires maritimes (Administration des)

Service public chargé de tout ce qui intéresse le statut particulier des hommes exerçant la profession de marin, ainsi que de la réglementation applicable aux navires de commerce, de pêche et de plaisance.



Historique

Jusqu’à la fin du xviie s., lorsque pour porter la guerre sur mer il fallait pourvoir d’équipages la flotte royale, le recrutement en était assuré par le procédé de la presse, qui consistait à fermer le bas quartier d’un port et à embarquer, au besoin de force, les matelots ainsi trouvés dans les tavernes et autres lieux. Cette pratique odieuse n’avait même pas le mérite de l’efficacité, car elle ne pouvait procurer que de très médiocres équipages, auxquels une discipline d’une extrême sévérité devait être imposée et parmi lesquels les désertions étaient fréquentes. Richelieu tenta de remédier à cette situation, mais ne put mener à bien, avant sa mort, la réforme nécessaire, et ce fut une ordonnance de Colbert qui, en 1665, jeta les bases d’une organisation nouvelle limitée aux côtes de l’Aunis, du Poitou et de la Saintonge. Les marins de profession y étaient recensés et répartis par classes appelées à tour de rôle à servir sur les bâtiments de l’État. Les excellents résultats de cette réforme conduisirent Colbert à la généraliser par une ordonnance de 1681. Les marins se trouvaient donc soumis, près de deux siècles avant les autres Français, au service militaire obligatoire ; mais, en contrepartie, ils bénéficiaient d’un ensemble d’avantages tels que l’exemption des charges féodales, le monopole de la navigation et de la pêche dans les eaux territoriales, une assurance maladie-accident et une pension de vieillesse.

Dénommée Inscription maritime par une loi du 3 brumaire an IV qui consacrait, sans modification majeure de son principe, cette création de l’Ancien Régime, l’institution a subsisté, dans ses grandes lignes, pendant le xixe s. et la première moitié du xxe s. Elle fournissait à la Marine nationale des hommes déjà formés, avant leur appel, au métier très spécial de marin et qui, leur service actif terminé, ne perdant pas le contact avec la mer, constituaient une excellente réserve pour le temps de guerre. Longtemps confiée à des commissaires de la Marine nationale, la charge de ce service fut transférée, en 1902, à un nouveau corps d’officiers, les administrateurs de l’Inscription maritime, dont les attributions dans l’ordre administratif, social et même économique ne cessèrent de s’étendre au détriment de leur rôle militaire, qui se trouvait peu à peu amenuisé par la réduction et l’évolution des besoins de la Marine. La loi du 9 juillet 1965 « relative au recrutement en vue de l’accomplissement du service national », unifiant les obligations militaires de tous les citoyens français, mit fin au régime d’exception sous lequel étaient placés les inscrits maritimes. Dans la pratique, leurs obligations militaires étaient déjà devenues, à peu près, celles du droit commun, tandis que, par ailleurs, l’écart entre les avantages spéciaux dont ils bénéficiaient et ceux des autres salariés se réduisait à mesure que se développait la législation sociale sur le plan général.


Structure

Les services se répartissent en cinq grandes directions (dont les responsables ont le plus souvent rang de contre-amiral) situées au Havre, à Saint-Servan, à Nantes, à Bordeaux et à Marseille. S’y ajoutent deux services : Antilles-Guyane et la Réunion. Chaque direction est subdivisée en un nombre variable de quartiers confiés à un administrateur, qui dispose de divers collaborateurs se trouvant sous statut civil ou militaire.