Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Brachiopodes (suite)

Lingula, Crania, Discina donnent des exemples d’une exceptionnelle stabilité, puisqu’ils n’ont pratiquement pas varié depuis le Silurien. Par contre, l’évolution a été assez rapide chez les Spirifer et les Productus au Primaire, chez les Rhynchonelles et les Térébratules au Jurassique et au Crétacé, pour qu’on considère ces formes comme de bons fossiles stratigraphiques.

Certains ont atteint une grande taille, comme Stringocephalus, Productus giganteus (plus de 20 cm). D’autres ont été suffisamment abondants pour jouer un rôle dans la lithogenèse : calcaires à Spirifer (Dévonien), couche dite « à Leptaena » (Lias).

L’étude de la coquille et des impressions laissées par les muscles sur sa face interne, l’examen du brachidium, la position du pédoncule permettent de reconstituer, par comparaison avec les formes actuelles, le mode de vie des Brachiopodes fossiles. Si Crania reposait, comme maintenant, sur sa valve ventrale, Productus, dépourvu de pédoncule, le faisait par les épines creuses de sa coquille. La plupart des Brachiopodes vivaient dans des eaux peu profondes, parfois dans des récifs, comme l’attestent l’épaisseur et la structure de leur coquille et leur association avec les Coralliaires.

M. D.

Bradley (Omar)

Général américain (Clark, Missouri, 1893).


Fils d’un instituteur de campagne décédé quand il avait 13 ans, Omar Bradley connut à Moberly une jeunesse difficile et dut travailler pour achever ses études. Entré à West Point en 1911, il s’y liera d’une solide amitié avec son camarade de chambre D. Eisenhower. Sous-lieutenant en 1915, il est maintenu en Amérique et ne prend aucune part à la Première Guerre mondiale. En dehors d’un séjour aux Hawaii (1925-1928), il sert aux États-Unis, le plus souvent 1951 comme instructeur, à West Point et à l’école d’infanterie de Fort Benning, qu’il commande comme général en 1941, après avoir passé trois ans à l’état-major général. D’abord adjoint d’Eisenhower en Afrique, Bradley, qui n’a encore jamais combattu, est mis en avril 1943 à la tête du 2e corps en Tunisie, où, un mois plus tard, il accule les Allemands à la mer. En Sicile, il s’affirme encore par son esprit concret et son affection pour la troupe ; aussi, au début de 1944, Eisenhower lui confie-t-il, avec la Ire armée, le commandement des troupes américaines qui débarquent en Normandie. Le 1er août, Bradley est mis à la tête du XIIe groupe d’armées, qu’il conduit de la Bretagne à la Moselle. Après la dure bataille d’Aix-la-Chapelle (nov.), une IXe armée (Simpson) rejoint les Ire (Hodges) et IIIe (Patton) aux ordres de Bradley pour l’ultime assaut sur l’Allemagne, qui porte ses troupes du Rhin sur l’Elbe (avr. 1945). Cette brillante campagne n’avait pas été exempte de difficultés entre les Alliés. Bradley n’hésite pas à les évoquer dans ses Mémoires, où il se montre assez dur pour son homologue britannique, le maréchal Montgomery. Profondément convaincu de la supériorité américaine, il n’admet pas qu’elle soit mise en cause et juge comme faiblesses les concessions que son ami Eisenhower fera aux Britanniques comme aux Français dans l’intérêt de la coalition. Chargé, au lendemain de la victoire, de l’administration des Vétérans, il prend en main le reclassement de 15 millions de démobilisés avant de succéder, en 1948, à Eisenhower comme chef d’état-major de l’armée. Sa préoccupation première, au moment où le coup de Prague consacre la division des Alliés de 1945, sera d’assurer la sécurité du monde occidental. « Pas une nation ne peut vivre seule, déclare-t-il, les craintes comme les espoirs du monde sont inséparables de nos craintes et de nos espoirs. » Placé en 1949 à la tête du Pentagone comme président du Comité des chefs d’état-major, il se consacrera jusqu’à sa retraite, en 1953, à la mise en place des institutions militaires du pacte Atlantique, où il sera le premier représentant de son pays. Le président Eisenhower fera encore appel à son autorité et à son indépendance d’esprit en le nommant en 1958 conseiller du secrétaire à la Défense, Neil H. McElroy, pour la réorganisation de son ministère.

A. D.

 O. Bradley, A Soldier’s History (New York, 1951 ; trad. fr. Histoire d’un soldat, Gallimard, 1952).

Bragance (dynastie de)

Quatrième dynastie royale de l’histoire portugaise (1640-1910), du nom du fondateur : Jean, duc de Bragance.



La période espagnole

En 1580, le Portugal s’était aisément soumis au prétendant étranger ; les accords de Tomar lui garantissaient une large autonomie. Les soixante années de la dynastie espagnole n’allaient être qu’une longue désillusion.

Entraînés dans les luttes européennes, le Portugal et son empire vont être les principales victimes de ces conflits. Les Anglais attaquent Lisbonne ; les Hollandais se taillent un empire colonial dans les îles à épices et s’emparent de la partie la plus riche du Brésil.

Progressivement, le Portugal passe du statut d’associé à celui de province conquise. Pour les besoins de sa politique européenne, l’Espagne exige sans cesse soldats et subsides, au mépris des accords de Tomar. Des insurrections populaires éclatent ; la noblesse complote ; l’Église rallie cette opposition nationale. Tous les mécontents se regroupent — contre son gré — autour de Jean de Bragance, descendant lointain de Jean Ier, fondateur de la dynastie d’Aviz*. Lorsque, pressentant le danger, Madrid exige le concours des forces portugaises en Catalogne, les conjurés refusent de quitter le pays et passent à l’action. Le 1er décembre 1640, la révolte éclate à Lisbonne, et le peuple acclame le roi national Jean IV.


Les premiers Bragance

Le pays retrouvait son indépendance, mais la tâche du nouveau souverain était pour le moins difficile : la partie la plus riche de l’empire était aux mains des Hollandais ; l’Espagne, même engagée dans un conflit européen, était toujours dangereuse. Une série d’accords avec les adversaires de l’Espagne permit de consolider la position du Portugal sur le plan international. Les complots des partisans de Philippe IV furent déjoués, les armées espagnoles refoulées. Sous le règne d’Alphonse VI, les dernières offensives espagnoles furent brisées, et, en 1668, Madrid se résigna à reconnaître l’indépendance du Portugal. Pour gagner l’appui des Provinces-Unies, Jean IV avait dû accepter le statu quo outre-mer. Mais les Brésiliens eux-mêmes expulsèrent les Hollandais : un Atlantique portugais, base essentiellement de la richesse de la métropole, pouvait ainsi renaître.

Avec l’indépendance, les marchands étrangers fréquentent de nouveau les Portugais. Mais le Portugal n’avait plus grand-chose à leur offrir. L’économie métropolitaine était en complète décadence ; le Brésil, concurrencé par d’autres zones sucrières, ne pouvait assurer les mêmes revenus que par le passé.