Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

biogéographie (suite)

Comme les autres branches de la biogéographie, la mésologie est en plein développement. Le rapide essor de la pédologie permet de mieux connaître les supports de la biosphère externe, car c’est dans les sols que les végétaux supérieurs enfoncent leurs racines, mais aussi de mieux connaître les sols en tant que milieux de vie semi-dépendants, car il existe une flore et une faune particulières vivant dans les sols. De la même manière, les progrès rapides de l’océanographie ont permis de mieux connaître les milieux d’eau salée.

Une diversification commence à apparaître dans les études de la basse atmosphère. Pendant longtemps, seules furent disponibles les valeurs de climatologie séparatives fournies par les réseaux météorologiques et établies sous abris, à 1,50 m au-dessus du sol. Elles ont permis de mettre en place les gradients mésologiques les plus importants à la surface du globe. Cependant, on s’est tôt aperçu des notables différences qui existent, pour un même facteur écologique, entre les valeurs mesurées sous abri météorologique et les valeurs mesurées aux divers niveaux des organismes. L’établissement de ces dernières fait l’objet de la bioclimatologie.

L’étude du comportement des organismes à l’égard des conditions des milieux constitue l’éthologie, qui se divise elle-même en deux branches.

L’éthologie stationnelle rassemble l’observation et la mesure des divers processus du comportement, de la croissance, de la reproduction... in situ. Mais le nombre, la diversité des facteurs comme des organismes obligent à contrôler les résultats précédents par des expériences physiologiques : on ne fait par exemple varier que le facteur dont on veut mesurer l’action en maintenant les autres à des niveaux favorables et constants. Cette éthologie expérimentale est actuellement pratiquée dans les enceintes conditionnées perfectionnées, appelées phytotrons. Malheureusement, on n’a guère expérimenté jusqu’ici que sur des organismes isolés, et l’on a fait essentiellement des mesures autéthologiques. Seul le développement des expériences phytotroniques sur des nombres et des espaces plus grands et sur des temps plus longs permettra de faire de la synéthologie expérimentale, dont le but sera de définir le comportement non plus d’individus, mais de communautés.

On appelle aussi écosystème une communauté d’organismes envisagée non seulement dans sa composition, mais dans son comportement général à l’égard des conditions des milieux (sol, air, eau) correspondants.

Les êtres vivants réagissent également les uns par rapport aux autres, et cette étude des facteurs biotiques (antagonisme, compétition, exploitation, coopération, symbiose, etc.) est fort complexe. Il convient cependant de mettre à part l’action la plus importante, celle de l’homme sur la biosphère. Son action a pu et peut être directe (et le plus souvent réfléchie et volontaire) ou indirecte (et le plus souvent involontaire).

En même temps que l’homme a conquis la planète, il a transformé radicalement, sur deux tiers des continents au moins, la vie animale et végétale, l’enrichissant quelquefois, l’appauvrissant le plus souvent. Les formes les plus importantes qu’a revêtues son action sont les défrichements, l’aménagement d’aires cultivées où l’agriculture tend à ne laisser se développer qu’une seule espèce, l’extension ou la réduction (voire la destruction) volontaire ou involontaire de beaucoup d’espèces, la création d’un très grand nombre de variétés cultivées. En général l’homme a le plus souvent rompu les équilibres naturels et créé à leur place des situations instables, dont la plupart disparaîtraient si son action venait à cesser. Cette condition, quelque peu absurde à poser à l’échelle de la planète, est fréquemment réalisée à l’échelle de nombreuses terres conquises à la culture et à l’élevage et presque aussitôt abandonnées.

F. M.

 H. Walter, Einführung in die Phytologie (Stuttgart, 1952-1963 ; 3 vol.). / A. Cailleux, Biogéographie mondiale (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1953 ; 3e éd., 1969). / W. Ruhland (sous la dir. de), Handbuch der Pflanzenphysiologie (Berlin, 1956-1959 ; 18 vol.). / P. Birot, les Formations végétales du globe (S. E. D. E. S., 1966). / H. Elhaï, Biogéographie (A. Colin, coll. « U », 1968). / A. Lacoste et R. Salanon, Éléments de biogéographie (Nathan, 1969).

biologie

Science des êtres vivants en général et plus particulièrement du cycle reproductif.



Une définition difficile

Le terme biologie désigne étymologiquement la science qui étudie la vie.

Or, qu’est-ce que la vie ? Aucune définition rigoureuse n’a encore été formulée. En revanche, on sait distinguer des corps bruts et des corps vivants ; en effet les corps ou les êtres vivants possèdent quelques caractères qui leur sont propres ; la naissance, la croissance, la reproduction, la mort. La biologie, science de la vie, correspond en réalité à l’étude des êtres vivants.

L’étude des êtres vivants peut se faire à tous les degrés : macromoléculaire, cellulaire, individus isolés, individus groupés en populations, en sociétés. La biologie couvre donc un domaine immense comprenant les végétaux et les animaux, c’est-à-dire environ 350 000 espèces végétales et plus d’un million d’espèces animales, y compris l’Homme. Elle doit rechercher les caractères communs aux êtres vivants, décrire les formes externes et internes, analyser les diverses fonctions qui assurent le maintien des individus et leur reproduction, suivre les conditions de leur développement et la transmission des caractères héréditaires, établir des classifications fondées sur la phylogénie, d’où la nécessité de connaître les êtres vivants qui ont vécu aux diverses époques géologiques, analyser le comportement de l’individu isolé et des individus entre eux, préciser leurs interactions avec les différents milieux, déduire les adaptations à des milieux particuliers, connaître la répartition géographique comportant de vastes aires de peuplement ou d’étroites zones d’endémisme. La biologie englobe donc une multiplicité de disciplines : morphologie, anatomie, physiologie, sexualité, embryologie, hérédité, systématique ou taxonomie, paléontologie, psychologie et comportement, sociologie, écologie, adaptation, évolution, distribution géographique. En un mot, c’est la zoologie et la botanique envisagées dans leur totalité.