Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Bihār (suite)

Le Chotā Nāgpur a cependant d’autres ressources, puisqu’il contient quelques grands centres industriels, assez isolés les uns des autres il est vrai. Il existe un contraste très net entre l’ampleur des possibilités naturelles et l’utilisation encore très discontinue qui en est faite sur place. Cette région est en effet une des plus riches de l’Inde du point de vue des productions minérales. Une chaîne de bassins houillers suit le fossé tectonique de la Dāmodar ; le sud du socle contient une grande variété dé minerais : fer, cuivre, bauxite, etc. Le nord du plateau de Hazārībāgh recèle du mica. De plus, la vallée de la Dāmodar se prête à des aménagements hydroélectriques, combinés à des aménagements pour l’irrigation de la basse vallée, située au Bengale. Un important programme de travaux à fins multiples a pu être mené à bien par la Damodar Valley Authority. Tout cela a permis des implantations industrielles non négligeables. Elles ont été réalisées en partie par des initiatives indiennes, de deux types très différents. Dès le début du xxe s., le chef d’une famille commerçante de Bombay, Jamshedji Tata, installa une usine sidérurgique dans une ville nouvelle qui porte son nom (Jamshedpur), située à égale distance à peu près des bassins houillers, des gisements de fer et du port de Calcutta. Beaucoup plus tard, le gouvernement indien implanta dans la basse vallée de la Dāmodar une série de grandes usines chimiques et métallurgiques lourdes, qui vinrent renforcer une région industrielle, créée par des capitaux britanniques et qui se prolonge au Bengale.

Ces deux zones concentrent encore l’essentiel de l’activité industrielle de la région : sidérurgie et métallurgie de Jamshedpur, sidérurgie et chimie lourde de la région de Dhanbad-Bokaro.

Cependant, l’industrialisation reste, au total, assez médiocre. Ce retard tient en partie au faible pouvoir d’investissement de l’Inde, en partie aux difficultés de trouver de la main-d’œuvre, bien que les populations « tribales » semblent avoir montré une aptitude certaine au travail industriel. Mais, surtout, le Chotā Nāgpur semble avoir été aménagé au départ en fonction des besoins de Calcutta, ce qui explique que les implantations industrielles soient restées limitées aux parties orientales de l’État.


La plaine du Gange

Elle concentre une population beaucoup plus importante (de 400 à 600 hab. au km2) que le Chotā Nāgpur et a une activité essentiellement agricole. Le système de cultures est fondé sur la production de riz en été, de légumes secs et de blé en hiver ; à ces productions vivrières viennent s’ajouter des cultures commerciales de canne à sucre (culture pérenne), de lin, de sésame et de moutarde (culture d’hiver). Grâce à ce système intensif, la production agricole par tête est en général plus forte que dans le Chotā Nāgpur, malgré la très forte densité de la population. Cependant, la partie située au Bihār est nettement la moins développée de l’ensemble de la plaine du Gange, et la région est l’une de celles de l’Inde qui connaissent les difficultés les plus graves. Comment s’explique cette situation ?

Tout d’abord, du point de vue naturel, il existe de très lourds handicaps. D’une manière générale, le danger de l’inondation est permanent, et il n’est guère d’été où l’inondation ne fasse des ravages dans l’une ou l’autre partie de la plaine. Le dessin du réseau hydrographique fait converger sur les 55 000 km2 de la plaine les eaux collectées sur 160 000 km2 des parties les plus arrosées de l’Himālaya.

Les conditions sont inégalement mauvaises. Elles sont les moins bonnes dans la partie nord de la plaine, où la Kosi, issue directement de la région de l’Everest, divague sur un vaste cône. Au centre, la plaine d’inondation du Gange, avec ses vastes surfaces d’alluvions récentes (« khadar »), offre de bons sols, et les levées proches de la rivière sont relativement à l’abri des catastrophes. Au sud, les hautes terrasses sont plus favorisées. Certes, les sols d’alluvions anciennes (« bhangar ») sont plus médiocres, mais il a été possible de les aménager pour l’irrigation : à l’ouest, les canaux modernes venant de la Sōn et, à l’est, un système ancien de petits réservoirs et de canaux permettent d’assurer la récolte d’été, menacée par les sécheresses de fin de saison pluvieuse, et de faire des cultures d’hiver dans de bonnes conditions.

En second lieu, les structures sociales ont sans doute largement contribué à freiner le développement de l’agriculture. L’appropriation du sol par les zamīndārs, sortes de fermiers de l’impôt, transformés en propriétaires par les Britanniques, a été très poussée au Bihār. Vers 1956, 0,5 p. 100 des propriétaires détenaient 32 p. 100 du sol. Les réformes agraires qui ont eu lieu depuis ont modifié la situation, mais assez lentement, d’autant plus que les contrastes entre hautes et basses castes sont plus affirmés et solides que dans d’autres régions de l’Inde. L’exploitation moyenne n’est que de 1,2 ha au Bihār, contre 2,1 ha pour l’ensemble de l’Inde. Beaucoup de très petits exploitants sont incapables de se moderniser, d’autant plus que le prélèvement de la rente foncière vient encore gêner leurs efforts.

Il semble donc bien que le développement d’emplois non agricoles soit une nécessité urgente. Les villes du Bihār, malgré leur brillant passé, n’ont pas, pour le moment, servi de base à une industrialisation importante, sauf la capitale, Paṭnā, et le centre isolé de Damianagar, où des cimenteries traitent le calcaire extrait des monts Kaimur.

Au total, le Bihār présente un retard très important et fait figure en Inde d’un État à problèmes graves, où la précarité des conditions de vie est très marquée.

F. D.-D.

bijouterie et joaillerie

La bijouterie est l’art de fabriquer des objets de parure dont l’élément principal est le métal, alors que la joaillerie s’occupe plus spécialement de la monture des pierres précieuses.