Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Betterave (suite)

La préparation du sol

La Betterave à sucre développe dans le sol une racine pivotante en épaisseur et en profondeur ; cela implique un profil cultural suffisamment meuble, sans obstacles mécaniques (mottes de terre dures, cailloux, semelles compactées résultant d’un travail du sol en conditions défavorables, etc.) et ayant une structure correcte et durable, donc une bonne stabilité structurale. Étant donné la demande en eau pour l’été, plus profond sera l’enracinement, meilleure sera l’alimentation hydrique.

Quant au lit de semence, il doit être très meuble pour permettre la germination épigée : il exige aussi une bonne stabilité structurale.


La réalisation du semis

La date est définie à la fois par la réalisation des exigences écologiques (germination et empêchement de la montée à graine) et par les possibilités de travail du sol (nombre de jours de pluie, entre autres).

Dans un peuplement dense, les racines sont plus petites (augmentation du nombre de Betteraves non marchandes), ce qui accroît la tare et diminue donc le rendement utile. Pour maîtriser le peuplement, il existe deux groupes de techniques.

D’une part, on recherche un peuplement important à la levée, pour maîtriser les aléas de germination (environ 400 000 pieds à l’hectare) ; ensuite, le démariage permet d’éliminer les plantes trop petites, de créer un espacement constant sur la ligne de semis et de supprimer les adventices croissant sur la ligne de semis. La nécessité de choisir les plantes les plus belles implique un travail manuel, bien que l’on envisage d’utiliser des tâteurs électroniques. On réalise un peuplement d’environ 80 000 pieds à l’hectare.

D’autre part, si l’on dispose de graines monogermes, un semis de précision permet de réaliser d’emblée un espacement régulier. Cela suppose un bon calibrage des graines, un sol sans aspérités, la possibilité de désherber sur la ligne et un très bon taux de germination.


La fumure de la Betterave

La croissance de la racine exige une bonne stabilité structurale ; aussi le bilan en matière organique doit-il être équilibré au niveau de la succession de culture sur la parcelle (prairies, fumier, paille, etc.). La Betterave étant semée au printemps, les apports peuvent être faits l’année précédente, surtout après céréale : la matière organique a suffisamment évolué (si la structure du sol et le climat ont permis une bonne aération du profil cultivé) pour ne pas gêner la croissance en profondeur des racines et jouer son rôle d’améliorateur de la stabilité structurale.

La fertilisation minérale doit compenser les exportations et entretenir la fertilité de la parcelle. L’azote, l’acide phosphorique, la potasse et le sodium doivent faire l’objet d’apports annuels, alors que le calcium et le magnésium peuvent être apportés moins fréquemment, parce qu’ils sont moins solubles et peu coûteux (apports massifs).

Exportation moyenne en kilos par tonne de racines

Les oligo-éléments les plus importants par la fréquence des carences sont le molybdène, le manganèse, et surtout le bore, dont l’absence provoque la maladie du cœur. Ils sont apportés avec la fertilisation, mais on peut imbiber l’enrobage de la graine de sels les contenant. La fertilisation est apportée en couverture, à la surface du sol, ou localisée à dix centimètres de profondeur, à proximité des racines, ou bien apportée lors du labour.


La lutte contre les mauvaises herbes

Mécaniquement, seul le binage de l’interligne est possible, car les pièces travaillantes risquent d’endommager les racines des plantes cultivées ; aussi, sur la ligne, ne peut-on envisager que le désherbage manuel, seul ou associé au démariage. L’inconvénient majeur est qu’il faut attendre la levée des adventices pour intervenir, alors que la compétition existe déjà ; par contre, en terre battante, la croûte peut être ainsi détruite ; l’aération du sol est alors facilitée. Dans la plupart des cas, le désherbage chimique est au point, des difficultés persistant dans les terres sableuses (risques accrus de phytotoxicité) et dans les terres très humifères (inactivation rapide des herbicides). Les produits les plus actifs et les plus sélectifs sont actuellement :
— pour les traitements avant semis : Avadex ;
— avant levée des plantes adventices ou cultivées : Pyramine, Venzar ;
— après levée : Botanal.

En général, il n’est plus nécessaire d’intervenir une fois que les betteraves couvrent le sol : elles se défendent seules.


La récolte

La maturité se traduit par l’arrêt d’accumulation de sucre lors de la diminution automnale d’éclairement ; une température élevée peut même entraîner une reprise de végétation et une baisse de la teneur en sucre. Le chantier est en général mécanisé et comprend les opérations suivantes : — section des feuilles et collets (décolletage) ; — soulevage des racines dans le sol ; — ramassage et chargement sur des remorques. Ces opérations sont faites par plusieurs machines, mais on essaie actuellement des ramasseuses combinées.


La Betterave dans l’exploitation

La Betterave fourragère est importante dans nombre d’exploitations agricoles, car elle permet de disposer de stocks de fourrage ensilé pour l’hiver ; mais elle n’est pas commercialisée. La Betterave sucrière a un marché important, celui du sucre, où elle concurrence la Canne à sucre.

L’exploitation pose des problèmes à deux niveaux ; la succession de cultures sur la parcelle et l’assolement sur l’exploitation, qui traduit le compromis entre les contraintes techniques et économiques.

• La succession de cultures où intervient la Betterave se caractérise par les aspects suivants :
— la parcelle est libérée tardivement, ce qui, par les risques de pluie d’automne et l’importance des charges transportées, peut favoriser le gâchage de la structure de surface et compromettre l’implantation de la culture suivante ;
— certains parasites susceptibles d’hiverner dans le sol diminuent considérablement le rendement de la Betterave suivant une Betterave (environ 60 p. 100) ; une année d’interruption suffit en général, mais pas toujours ; avec des Nématodes, c’est au moins cinq ou six années qu’il faut attendre ;
— la stabilité structurale est conservée par des apports de matière organique. La Betterave ne laisse pratiquement pas de résidus de culture, mais permet souvent des apports.

Les meilleurs précédents semblent être les céréales, surtout si elles-mêmes suivent les légumineuses ; les moins bons sont la Betterave elle-même et le Maïs.