Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Bessarabie

Région de l’U. R. S. S. entre les basses vallées du Prut et du Dniestr.


L’histoire de la Bessarabie n’est guère connue avant la fin du xive s. La partie méridionale dépendait de la Valachie, dont les princes, les Basarab, semblent lui avoir donné leur nom. Au xve s., l’ensemble de la province dépendit de la Moldavie ; mais dès le début du xvie s. la Bessarabie du Sud passa sous le joug turc.

Les princes moldaves ayant demandé l’intervention russe contre les Ottomans, les tsars occupèrent cinq fois la Moldavie entre 1711 et 1812, le nom de Bessarabie désignant la région comprise entre le Prut et le Dniestr. Le traité de Bucarest de 1812 fit officiellement passer la Bessarabie sous la domination russe ; le traité de Paris de 1856 stipula le retour à la Moldavie* de la Bessarabie méridionale, qui redevint russe dès 1878.

L’administration russe en Bessarabie fut d’abord libérale et favorable aux éléments moldaves. En 1869, l’application du système des zemstvos fit espérer une certaine autonomie. Mais la formation en 1881 du royaume de Roumanie, en fixant au patriotisme moldave un point d’attraction, eut comme effet une politique de russification et aussi d’antisémitisme : le pogrom de Kichinev, en 1903, fut particulièrement sanglant.

La révolution russe de 1917 favorisa un mouvement séparatiste promoldave en Bessarabie ; il aboutit, le 24 janvier 1918, à la proclamation d’une République moldave indépendante de Bessarabie et, le 27 mars, à la réunion de cette province à la Roumanie. Cette union fut reconnue par le traité de Paris du 28 octobre 1920. Mais les Soviets refusèrent d’entériner cette cession. Le 27 juin 1940, ils envoyèrent aux Roumains un ultimatum exigeant la Bessarabie et la Bucovine du Nord : le gouvernement roumain dut s’incliner. La Roumanie, devenue l’alliée de l’Allemagne, réoccupa la Bessarabie en 1941-1942 ; les Soviets victorieux y rentrèrent en 1944. Par le traité de paix du 10 février 1947, la province redevint russe.

P. P.

➙ Moldavie / Roumanie / U. R. S. S.

Bethe (Hans Albrecht)

Physicien américain d’origine allemande (Strasbourg 1906).


Bethe fait ses études à l’université de Francfort et obtient son doctorat de physique à Munich en 1928. Il enseigne alors la physique théorique dans diverses universités, notamment à Stuttgart, à Munich et à Tübingen. En 1933, il passe en Angleterre, où il est lecteur aux universités de Manchester et de Bristol. En 1935, enfin, il se fixe aux États-Unis et, en 1937, il devient professeur assistant à l’université Cornell, à Ithaca.

Lorsque s’organisent les recherches qui doivent aboutir à la bombe atomique, il est rejoint par un grand nombre de physiciens émigrés d’Europe. De 1943 à 1946, il assure la direction de la division de physique à Los Alamos. Puis, à partir de 1946, il enseigne la physique théorique dans les universités de Denver, de Chicago, de Birmingham, enfin à Harvard à partir de 1958.

Devenu en 1956 membre du comité consultatif scientifique auprès du président des États-Unis, il reçoit en 1961 le prix Enrico Fermi de la Commission américaine de l’énergie atomique.

On doit à Bethe diverses recherches de physique théorique.

C’est ainsi par exemple qu’il est, avec l’Allemand Walter Heitler (né en 1904), l’auteur de la théorie des gerbes cascades d’électrons et de photons dans le rayonnement cosmique.

Mais il est surtout connu pour sa théorie, élaborée en 1938, sur l’origine de l’énergie solaire. Le cycle de Bethe est une suite de transformations thermonucléaires expliquant la naissance de l’énergie dans les étoiles chaudes. Ce cycle, qui part de l’action des protons sur les noyaux de carbone, régénère ceux-ci, après passage par les formes d’azote et d’oxygène, l’hydrogène se convertissant finalement en hélium. Cette transformation globale, dans laquelle le carbone joue en quelque sorte le rôle de catalyseur, est accompagnée d’une importante perte de masse, et par suite d’une production d’énergie considérable.

La théorie de Bethe a fourni la première explication scientifique valable du rayonnement solaire, dont, depuis des siècles, les plus éminents physiciens s’étaient révélés incapables de trouver la source.

Cette remarquable découverte a valu à son auteur le prix Nobel de physique pour 1967.

R. T.

bétonnage

Ensemble des opérations concernant la préparation et la mise en œuvre d’un béton de composition préalablement étudiée et définie, en vue de concourir à la réalisation d’une construction ou d’un ouvrage d’un type déterminé.



Transport, stockage et mise en œuvre des matériaux

• Les granulats (sables, gravillons, pierres) sont amenés par camions à benne, déchargés et stockés sur des aires propres, par natures et catégories de grosseur ; la mise en tas s’opère à l’aide de bulldozers et de pelles automatiques ; les reprises, par pelles automatiques ou bennes preneuses. Le stockage a lieu en plein air ; le dépôt se fait par couches horizontales, et les reprises par tranches verticales ou parallèlement au talus, par mesure d’homogénéisation des matériaux. Par temps pluvieux, ou par chute de neige et par gelée, il convient de protéger tout au moins les sables, au moyen de bâches de plastique.

• Les ciments, transportés en sacs de papier de 50 kg, sont stockés, par natures et classes de résistance, dans des locaux à l’abri de la pluie, de l’humidité et, l’hiver, si possible à l’abri du froid, sur un plancher en bois légèrement surélevé par rapport au niveau du sol. Pour les chantiers importants, le ciment est approvisionné par des camions-citernes basculants ou des wagons-citernes à vidange pneumatique. Les citernes sont fixes ; mais l’approvisionnement se fait aussi par containers (mobiles). Les containers, placés sur wagons, sont vidés dans des silos ; il existe même des containers-silos, déposés sur le lieu d’utilisation et alimentant directement la bétonnière au fur et à mesure des besoins. La vidange des citernes et des containers ne peut se faire par la simple gravité ; on y parvient par le système de la fluidisation au moyen d’air sous faible pression (1/3 à 1/2 bar) ; le ciment mis en émulsion coule comme un liquide, et il s’écoule dans une aéroglissière à faible pente.