Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Belgique (suite)

• Philippe* le Bon (1419-1467), fils de Jean sans Peur, accroît les domaines bourguignons par achats, mariage et héritages : comtés de Namur* (1421), de Hainaut*, de Hollande*, de Frise* et de Zélande* (1428) ; duchés de Brabant*, de Limbourg* (1430) et de Luxembourg* (1441). Le « grand-duc d’Occident » mène une inlassable politique de centralisation et d’unification. Les villes des « Pays-Bas » connaissent alors une grande prospérité, mais les campagnes sont épuisées par la misère, les épidémies, la mortalité.

• Sous Charles* le Téméraire (1467-1477), fils de Philippe le Bon, le pays de Liège* — « qui ne veut pas de Bourgogne » et qui compte sur l’appui français — est plusieurs fois ravagé.

• 1477 : la mort violente de Charles le Téméraire — qui n’a qu’une héritière, Marie de Bourgogne — remet tout en question.


Les Habsbourg

• 1477 : Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autriche, futur empereur ; elle lui donne deux enfants, dont un garçon, Philippe le Beau.

• 1482 : mort de Marie de Bourgogne ; Maximilien, nommé régent, signe avec Louis XI le traité d’Arras, qui laisse la Picardie et la Bourgogne ducale à la France et reconnaît le reste (dont les Pays-Bas, sauf Liège) au Habsbourg.

• Mais les allures absolutistes du nouveau gouvernement provoquent le soulèvement des villes flamandes (Gand, Bruges), qui doivent finalement se soumettre (1492-1495). Le particularisme urbain est mort.

• 1493 : Philippe le Beau, majeur, devient maître des Pays-Bas, entité en passe de devenir État indépendant. Mais il épouse en 1496 Jeanne, héritière des souverains d’Aragon et de Castille. Le sort des Pays-Bas est dès lors lié au sort de la maison d’Espagne.

• 1500 : naissance, à Gand, du fils de Philippe le Beau, Charles, le futur Charles Quint.

• 1506 : mort de Philippe le Beau ; Charles reçoit les Pays-Bas, en attendant d’hériter des Espagnes (1516) et d’être élu roi des Romains (1519). Il complète, par différentes acquisitions, le bloc des Pays-Bas, qui constituera les dix-sept provinces, groupées (1548) en un Cercle de Bourgogne, affranchi de la législation germanique.

• Charles Quint dote les Pays-Bas d’une administration centralisée (Conseil d’État, Conseil privé, Conseil de finances), mais les écrase d’impôts, cependant que l’or d’Amérique afflue, contribuant à l’expansion économique, mais aussi à la hausse des prix. Anvers*, où arrivent les épices et les diamants, devient l’un des premiers ports du monde. L’industrie textile, les houillères et les fourneaux de l’est du pays sont en plein essor.

• Cette prospérité a comme envers le paupérisme. Aussi, les thèses luthériennes triomphent-elles à Anvers ; quant à l’anabaptisme, il ravage les campagnes flamandes avant qu’il ne soit étouffé dans le sang. Le calvinisme, lui, se répand partout, mais il se heurte à l’opposition fanatique de Charles Quint, qui rétablit l’Inquisition et multiplie les décrets draconiens.


Le régime espagnol

• Philippe II, régent à partir de 1543, poursuit la politique de son père, sans difficulté particulière.

• 1555 : Charles Quint abdique en sa faveur.

• 1559 : Philippe II, rentrant en Espagne après le traité du Cateau-Cambrésis, remet le gouvernement des Pays-Bas à une sœur naturelle, Marguerite de Parme, qui pratique une politique temporisatrice. Cependant, la misère née de la guerre, la présence des troupes espagnoles, la politique résolument catholique de Philippe II provoquent un vif mécontentement populaire qui profite aux calvinistes. Les plus fanatiques de ceux-ci se livrent à des déprédations iconoclastes qui émeuvent les catholiques.

• 1567 : le duc d’Albe est nommé gouverneur des Pays-Bas avec la mission d’extirper l’hérésie par tous les moyens. Outre d’atroces mesures inquisitoriales et fiscales est instauré un Conseil des troubles, tribunal d’exception qui prononce 8 000 condamnations à mort ; les victimes les plus célèbres sont les comtes d’Egmont et de Hornes.

• 1572 : la révolte éclate. La Hollande et la Zélande, avec Guillaume d’Orange, font sécession et deviennent le refuge du calvinisme persécuté.

• 1573 : Requeséns succède au duc d’Albe. Il accorde une large amnistie et supprime le Conseil des troubles ; mais il tente sans succès de négocier avec Guillaume d’Orange.

• 1576 : mort de Requeséns. Les états généraux négocient avec les provinces révoltées : la pacification de Gand refait un moment l’unité des Pays-Bas (8 nov.). Mais les calvinistes poussent leurs avantages en Flandre et en Hainaut.

• 1577 : le gouverneur, don Juan d’Autriche, doit accepter d’évacuer les provinces du Sud (Édit perpétuel).

• 1579 : effrayées par les progrès protestants (Guillaume d’Orange s’établit à Bruxelles), l’aristocratie et la bourgeoisie catholiques de ces régions forment la Confédération d’Arras ; les orangistes lui opposent l’Union d’Utrecht, à laquelle adhèrent sept provinces du Nord. C’est l’acte de naissance des Provinces-Unies*. Alexandre Farnèse, nouveau gouverneur des Pays-Bas, négocie avec les provinces catholiques, celles du Sud (paix d’Arras).

• 1585 : Alexandre Farnèse s’empare d’Anvers, mais ne peut rien contre les provinces révoltées.

• 1595 : Philippe II confie le gouvernement des Pays-Bas à l’archiduc Albert, sixième fils de Maximilien II.

• 1598 : Albert épouse sa cousine Isabelle, fille de Philippe II, qui lui apporte en dot les Pays-Bas. Bien accueillis, les « archiducs » Albert et Isabelle s’efforcent d’agir en souverains nationaux, mais le mode de gouvernement espagnol ne favorise pas les autonomies. Le gouverneur général est toujours un proche parent du roi d’Espagne, et il est aidé par un Premier ministre qui a la pleine confiance du souverain. De plus, les provinces rebelles refusent toute entente.

• 1609 (avr.) : signature de la trêve de Douze Ans avec les Provinces-Unies, dont l’existence autonome est en fait entérinée. Cette paix favorise la reprise économique dans les Pays-Bas.