Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Belgique (suite)

Industries de transformation

• Sidérurgie. Le foyer principal est le sillon Sambre-Meuse : Centre, Charleroi, Liège. L’ancienne métallurgie ardennaise était descendue vers la voie de circulation (John Cockerill installa le premier four à puddler à Seraing, près de Liège, vers 1820) : elle y a trouvé le charbon. En 1966 est mise en marche une usine « sur l’eau », Sidmar, à Gand. La production nationale de minerai de fer est minime (37 000 t), localisée en Lorraine belge, et le minerai est importé ; le charbon vient surtout de Campine ou est également importé. Ainsi, la sidérurgie belge se trouve-t-elle dépendante d’importations. Mais, stimulée par la fusion des principales sociétés (Cockerill-Ougrée-Providence-Espérance), elle a un taux de croissance élevé.

• Métaux non ferreux. La Belgique occupe une place très honorable. Un premier groupe, celui de Liège et de la vallée de la Vesdre, a hérité d’une tradition ancienne reposant sur les minerais locaux et aussi sur la circulation. Le deuxième groupe, Anvers et la Campine (Balen, Overpelt, Rotem), représente le glissement vers les minerais importés du Congo. Le taux de croissance actuel est modeste.

• Industries métallurgiques de transformation. C’est la branche industrielle la plus importante par le nombre des actifs et la part dans le revenu national : 9,5 p. 100. Les productions sont variées (matériel de chemin de fer, machines, montage automobile, construction navale). Les principaux foyers sont le sillon Sambre-Meuse, la région bruxelloise, les ports et l’axe ABC.

• Les industries textiles. Elles ont hérité de périodes glorieuses : l’industrie des draps a fait de la Flandre, au Moyen Âge, le premier foyer industriel du monde. Quand le principal fournisseur de laine brute (l’Angleterre), aux xve et xvie s., commença à travailler lui-même la laine, le lin prit sa place avant que le coton ne vienne au premier rang, au xviiie s. Aujourd’hui, le textile occupe 118 000 actifs et la confection 92 000. Après des années difficiles et des fermetures d’usines, cette branche se maintient honorablement.

La laine est partie de Verviers, surtout au xviie s. : elle y a connu récemment de grandes difficultés. L’essentiel de la laine est encore en Flandre, au voisinage du centre roubaisien, à Tournai ou à Mouscron. Les autres textiles sont aussi restés en Flandre : le coton surtout à Gand, mais aussi à Renaix, à Alost, à Saint-Nicolas, à Courtrai ; le lin le long de la Lys ou de la Mandel (Roulers, Izegem, Wervik, Courtrai, Wevelgem, Gand) ; le jute et le chanvre à Gand, à Anvers, sur les bords de la Mandel. Les textiles chimiques sont également fabriqués en Flandre, mais plutôt le long de l’axe ABC, autour d’Anvers, de Bruxelles, à Tubize.

• Les industries chimiques. Elles occupent 90 000 personnes. C’est le groupe qui progresse le plus et dont la balance commerciale est largement positive. À côté de la carbochimie du sillon Sambre-Meuse s’édifie maintenant une pétrochimie, particulièrement à Anvers, où elle a créé 7 000 emplois nouveaux entre 1960 et 1968, mais aussi à Gand et, vers l’intérieur, à Feluy. Fournisseur de produits pharmaceutiques et photographiques, la Belgique est aussi le berceau de la Société Solvay, créée en 1863 et qui contrôle 60 p. 100 du marché mondial de la soude. Elle produit plus de 2 Mt d’engrais phosphatés ; les progrès sont rapides pour la production du caoutchouc synthétique, des matières plastiques, des fibres chimiques, tandis que s’affirme une des bases traditionnelles de cette industrie, les peintures et vernis (environ 100 000 tonnes).

• Les industries alimentaires. Elles occupent 156 000 personnes (sucreries, brasseries, laiteries, conserveries, biscuiteries et chocolateries, eaux minérales [Spa, Spontin]) et sont installées dans les régions agricoles, les grandes agglomérations (et notamment Bruxelles et, en liaison avec les produits tropicaux, Anvers).

Parmi les autres industries se détachent la verrerie (régions de Charleroi, de la Campine, de Bruges), la céramique et les industries du feu (régions de Mons, du Centre, de Charleroi), et enfin le ciment (Mons, Liège, la Campine, Tournai).

L’industrie belge se ressent de s’être développée précocement et sur deux bases fondamentales : le textile et le charbon. La première se défend, alors que la seconde recule rapidement. Les industries sidérurgiques sont gênées par le fait qu’elles produisent trop d’acier Thomas et qu’elles dépendent de produits importés, alors qu’elles sont installées à l’intérieur ; la métallurgie fournit trop de produits semi-finis et pas assez de produits élaborés ; la Belgique importe trop de produits fabriqués ; elle n’a pas assez d’industries de pointe. Trois branches seulement, la métallurgie, le textile et les industries alimentaires, occupaient 70 p. 100 de la main-d’œuvre en 1964. Mais la Belgique dispose de capitaux nationaux et étrangers, et elle opère une reconversion dont l’industrie chimique est un bon exemple.

Dans l’ensemble, le dynamisme de l’industrie belge pour la période 1963-1973 a été à peu près égal à celui des autres pays du Marché commun.


Les régions industrielles

• L’Ardenne. Cette région, riche en métaux, en bois et en eaux courantes, ne conserve plus que quelques industries métallurgiques. Il reste aussi peu de chose des industries du bois ou du cuir. Les carrières sont encore nombreuses, mais si l’extraction du marbre et des calcaires se maintient bien, celle du grès, des sables, du kaolin, des terres plastiques connaît souvent de grosses difficultés.

Des industries nouvelles s’installent (surtout des laiteries). Le tourisme se développe : l’Ardenne est, au milieu de l’Europe industrielle du Nord-Ouest, un îlot de reliefs, de forêts, d’eaux vives, de sites historiques, de thermalisme (Spa, Chaudfontaine).

Les villes, dont certaines ont un passé glorieux (Dînant, Bouillon) ou dont le renom est plus récent (Spa), sont restées de petite taille, et elles s’animent surtout en été.

• L’axe Borinage - Sambre - Meuse - Vesdre. La ligne ouest-est Mons-Verviers est évidente sur une carte des densités : c’est l’axe de fort peuplement de la Wallonie.

L’unité, le premier moteur de cette région, c’est la circulation : à l’époque romaine et au Moyen Âge, c’est l’axe Grande-Bretagne - Cologne, unité partiellement retrouvée par une voie d’eau à 1 350 t, complétée par un axe autoroutier, l’autoroute de Wallonie. C’est aussi une partie de l’axe sud-nord, mosan.