Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Bavay (suite)

Les invasions de la fin du iiie s. modifièrent profondément le visage de la ville et l’existence de ses habitants. Après la tourmente, une enceinte flanquée de tours rondes protège ainsi un castellan de 2 ha environ, doublé d’un autre de superficie égale, dans le même axe vers l’ouest (sous la place actuelle). Une forteresse romaine de 4 ha était donc édifiée au centre de la ville, qui, au temps de la paix romaine, occupait une superficie dix fois supérieure.

L’enceinte, composée par endroits de trois murailles successives, émerge encore sous forme d’importantes ruines. Si une reprise de la vie est attestée au milieu du ive s., Bavay perdit ses fonctions de capitale de cité au profit de Cambrai, et c’est à Famars (au sud de Valenciennes) que s’installa le préfet des lètes des Nerviens. Les invasions du ve s. allaient porter un coup définitif au destin de Bavay. Il fallut attendre la Révolution française pour voir les premières fouilles systématiques. Depuis 1942, l’État a fait de ces ruines prestigieuses, sous la direction du chanoine H. Biévelet, l’un des grands chantiers archéologiques de France. Entre les deux groupes de ruines, une ancienne école abrite un intéressant musée de fouilles.

P. L.

 G. Faider-Feytmans, Recueil des bronzes de Bavai (C. N. R. S., 1957). / E. Will, Bavai, cité gallo-romaine (Douai, Impr. Lefebvre-Levêque, 1957). / M. E. Mariën, Par la chaussée Brunehaut de Bavai à Cologne (Musées royaux d’art et d’histoire, Bruxelles, s. d.).

Bavière

En allem. Bayern, État de la République fédérale d’Allemagne ; 70 550 km2 ; 10 779 000 hab. Capit. Munich.


Le Land de Bavière est le plus vaste de la République fédérale allemande, mais ne vient qu’au second rang pour la population (après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Malgré l’extension des terrains improductifs dans les régions alpines, la densité moyenne dépasse 150 habitants au kilomètre carré. En fait, le Land est constitué par deux régions nettement différentes : la Franconie et la Bavière proprement dite, en dehors du district (Regierungsbezirk) d’Augsbourg, de peuplement souabe et non bavarois.


La Franconie


Les paysages

Au nord, la Franconie correspond au bassin sédimentaire de Souabe-Franconie, dont les couches secondaires viennent prendre appui sur le massif ancien de Bohême. Le cœur de la Franconie se situe entre le Main et le Danube. À l’ouest, Frankenhöhe et Steigerwald se terminent par des cuestas. Le Fränkisches Stufenland constitue le revers de celles-ci et, à l’est, est interrompu par la vallée de la Regnitz, qui, grâce à la Rednitz, assure les liaisons entre l’Allemagne du Sud et l’Allemagne du Nord. L’allure de moyenne montagne prédomine. Les régions les plus riantes sont les vallées : vallées du Main, aux coteaux recouverts de vignes, de la Rednitz, de la Pegnitz. Celle de la Tauber est jalonnée par une série de villes datant de l’époque médiévale et dont le joyau est la cité-musée de Rothenburg. Les cités ressuscitant le passé font transition avec la région urbaine de Souabe. Sur les hauteurs, les conditions naturelles sont rudes ; cependant, le paysage n’est pas sans beauté. Les champs et les prés, bien soignés, sont l’expression d’une petite et moyenne paysannerie besogneuse. Les « Bauerndörfer » sont les villages où les paysans propriétaires, cultivant une vingtaine d’hectares, constituent la plus grande partie de la population. Les friches sociales sont rares, malgré la situation frontalière. En effet, la partition de l’Allemagne a fait de la Franconie une région périphérique quelque peu isolée par rapport aux autres régions ouest-allemandes. Au sud, le Ries, dépression tectonique circulaire, sépare la Schwäbische Alb de la Fränkische Alb. Grâce à ses sols de lœss, il passe pour un des greniers à céréales de la Bavière. Nördlingen, enserrée dans son enceinte circulaire, semble s’adapter à la région.


L’économie

La nature a peu favorisé les régions franconiennes. C’est la fonction de passage, de l’Italie vers l’Allemagne du Nord, qui a suscité l’expansion urbaine. Le commerce d’abord, l’industrie ensuite ont permis à une région finalement peu riche d’atteindre une prospérité enviée. Sans doute, l’industrie est-elle moins développée que dans la Souabe voisine ; comme dans cette dernière, l’absence de matières premières a joué un rôle de frein.

On reste confondu devant l’expansion démographique du dernier siècle. La population de la Franconie a plus que doublé entre 1871 et 1961 (la progression a été la plus rapide dans le district de Moyenne-Franconie [ch.-l. Ansbach]). Cette augmentation est due à l’excédent de la natalité au xixe s. et à l’arrivée de réfugiés après 1944-45. L’agriculture, bien qu’elle marque le paysage, n’occupe plus qu’une minorité de travailleurs : 14 p. 100 en Haute-Franconie, 15 p. 100 en Moyenne-Franconie et 23 p. 100 en Basse-Franconie, où le vignoble retient davantage de travailleurs (1 800 ha de vignes). C’est dans cette dernière région que le travail industriel est le moins implanté, alors que, dans les autres, il occupe entre 52 et 53 p. 100 des actifs. La Franconie emploie plus de 550 000 travailleurs industriels. Bamberg, ville historique et centre religieux, a connu un essor important, grâce à la canalisation du Main, avec 51 p. 100 d’actifs industriels (le canal Main-Danube, dont la construction est en cours, part de la ville, qui a installé une importante zone industrielle sur les bords de la voie d’eau). Bayreuth, la cité de Richard Wagner, compte encore 50 p. 100 de personnes travaillant dans l’industrie et Schweinfurt, 71 p. 100. Würzburg, vieille ville épiscopale, est la moins industrialisée (37 p. 100). L’industrie y est plus récente. D’une manière générale, la métallurgie de transformation (machines-outils, équipements, articles électriques) constitue l’essentiel. Dans les centres plus petits, le textile ou la céramique et la porcelaine, grâce à des gisements d’argile ou de kaolin, retiennent une main-d’œuvre toujours spécialisée. Là se trouvent les plus grandes usines de porcelaine de la R. F. A. Grâce à son aménagement, la vallée du Main gagne en importance, ce qui profite, cependant, surtout à la région urbaine d’Erlangen-Fürth-Nuremberg, qui constitue le cœur et le cerveau de la Franconie. Le Haut-Palatinat (ch.-l. Regensburg ou Rastibonne) occupe une position de contact entre la Franconie et la Bavière, mais subit encore l’influence de la métropole franconienne.