Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

bassin (suite)

Les os du bassin sont unis entre eux par quatre articulations : la symphyse pubienne, qui unit les deux os iliaques par leur partie antérieure, formant l’ogive pubienne ; les deux articulations sacro-iliaques ; l’articulation sacro-coccygienne. En outre, deux puissants ligaments unissent à distance l’os iliaque au sacrum et au coccyx : le grand et le petit ligament sacro-sciatiques. Le trou obturateur est fermé presque complètement par une lame fibreuse, la membrane obturatrice.

Le bassin osseux circonscrit une cavité en forme d’entonnoir divisée par un relief à peu près circulaire, le détroit supérieur, en deux parties, le grand bassin et le petit bassin, ou excavation pelvienne, ou pelvis. Le détroit supérieur est constitué d’arrière en avant par le promontoire du sacrum, la ligne innominée et la symphyse pubienne. En bas, la limite du petit bassin est le détroit inférieur, formé par les branches ischio-pubiennes, les ischions, les ligaments sacro-sciatiques et le coccyx.

Chez la femme, les parois du bassin sont moins épaisses que chez l’homme, l’ouverture supérieure est plus évasée, le petit bassin plus large, la symphyse pubienne moins élevée, l’arcade pubienne formant un angle plus ouvert ; le pubis féminin est séparé des téguments par une épaisse couche de tissus graisseux, formant le mont de Vénus, ou pénil.


Contenu du bassin

Le grand bassin forme la partie inférieure de la cavité abdominale. Il est limité en avant par les muscles de la paroi abdominale antérieure, qui s’insèrent aux bords antérieur et supérieur de l’os iliaque ; il communique avec la région crurale par un orifice, l’anneau crural. Il contient essentiellement, outre des vaisseaux, des nerfs et les deux uretères, le cæcum, l’appendice et le côlon ilio-pelvien.

L’excavation pelvienne est limitée en bas par un diaphragme musculo-aponévrotique, le périnée : sa couche profonde est formée par les puissants muscles releveur de l’anus et ischio-coccygien ; la région postérieure du périnée, ou triangle anal, à peu près semblable chez l’homme et chez la femme, livre passage à la portion terminale, anale, du rectum, entouré de son appareil sphinctérien ; le triangle antérieur, urogénital, comprend les muscles annexés aux organes érectiles, ischio- et bulbo-caverneux.

Chez l’homme, au-dessus du plancher périnéal se trouve la vessie, qui reçoit les deux uretères et est séparée de la face postérieure de la symphyse pubienne par l’espace de Retzius ; du col de la vessie part l’urètre, qui, dans sa partie initiale, est entouré par la prostate ; dans l’urètre prostatique débouchent les canaux éjaculateurs, venus des vésicules séminales, petits réceptacles situés à la face postérieure de la vessie et recueillant les sécrétions testiculaires par les canaux déférents. À sa sortie de la loge prostatique, l’urètre traverse l’aponévrose moyenne du périnée et pénètre dans une gaine érectile, le corps spongieux, qui l’enveloppe jusqu’à sa terminaison.

Chez la femme, la vessie a une disposition identique, mais l’urètre est très court : 3 cm jusqu’à la vulve. Entre la vessie et le rectum se trouvent l’utérus, les trompes et les ovaires. La partie inférieure de l’utérus, ou col utérin, est enchâssée dans le vagin, qui traverse le diaphragme périnéal pour aboutir à la vulve ; entre l’isthme utérin et la partie supérieure du vagin, d’une part, et le rectum, de l’autre, existe un prolongement de la cavité péritonéale, le cul-de-sac de Douglas.


Physiologie

La symphyse pubienne et l’articulation sacro-coccygienne sont pratiquement immobiles en dehors de la grossesse. Par contre, les articulations sacro-iliaques sont le siège de mouvements de bascule dans le sens antéropostérieur, la base et le sommet du sacrum se déplaçant en sens inverse ; ces mouvements, dits « de nutation » et de « contre-nutation ». sont freinés par les capsules et les puissants ligaments articulaires : ainsi est constitué un véritable appareil amortisseur entre le tronc et les membres inférieurs.

Pendant la grossesse, les parties molles des articulations du bassin se relâchent ; au cours de l’accouchement, l’amplitude des mouvements de nutation et de contre-nutation augmente : dans un premier temps, la bascule en arrière de la base du sacrum entraîne un écartement des ailes iliaques, qui agrandit le détroit supérieur ; puis l’antépulsion de la base du sacrum écarte les branches ischio-pubiennes, agrandissant le détroit inférieur, les pubis s’écartent légèrement l’un de l’autre et le coccyx bascule en arrière.

Les muscles du périnée ont un rôle très important dans la physiologie générale et obstétricale : ils soutiennent les organes pelviens (vessie, prostate, organes génitaux) ; ils contrôlent les sphincters et, par le muscle releveur de l’anus, jouent un rôle important dans la défécation ; enfin, en comprimant les réseaux veineux qui les traversent, ils interviennent dans le mécanisme de l’érection. Au cours de l’accouchement, ils se distendent considérablement, formant une véritable filière musculaire au passage du fœtus.


Les affections du bassin

• Les malformations congénitales peuvent réaliser tous les degrés, depuis une simple asymétrie pelvienne jusqu’à l’agénésie totale d’un os (le sacrum par exemple) ; ces formes majeures sont le plus souvent associées à d’autres malformations incompatibles avec la vie. Une des malformations les plus fréquentes est l’aplasie de la cavité cotyloïde, responsable de la luxation congénitale de la hanche* ; cette affection, uni- ou bilatérale, si elle n’est pas traitée dès la naissance, entraîne de graves troubles de la statique et de la marche.

• Les affections acquises peuvent être d’origine carentielle (rachitisme, ostéomalacie) ou infectieuse : ostéite ou ostéomyélite de l’os iliaque ou du sacrum ; ostéo-arthrite tuberculeuse de la hanche, ou coxalgie, et de l’articulation sacro-iliaque, ou sacro-coxalgie.

• Le bassin peut être le siège de tumeurs propres à chaque tissu (tumeurs osseuses, musculaires, conjonctives, nerveuses, etc.), et tous les organes qui y sont contenus (organes digestifs, urinaires, génitaux) peuvent être envahis par un processus tumoral particulier. Mais, quelle que soit leur nature, ces tumeurs, se développant entre des parois rigides, peuvent se bloquer, s’incarcérer dans l’excavation pelvienne : ce sont les « tumeurs enclavées du petit bassin », causes de troubles de compression divers et de difficultés opératoires particulières.