Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
B

Barracuda (suite)

On rangeait autrefois cette espèce, et celles qui lui sont apparentées, dans l’ordre des Percésoces, ou « Perches-Brochets », car on la tenait pour intermédiaire entre les Brochets primitifs (écailles cycloïdes lisses, nageoires à rayons mous, pelviennes en position postérieure ou abdominale) et les Perches évoluées (écailles cténoïdes à rebord dentelé, nageoires en partie soutenues par des rayons épineux, pelviennes en position antérieure ou thoracique). On range actuellement les Sphyraænidés parmi les Perciformes.

Il existe une vingtaine d’espèces du genre unique Sphyræna, connu depuis les temps éocènes. Toutes sont prédatrices et fortement carnassières, chassant en solitaire ou en bandes de brigandage. La vue semble être leur seul sens de détection efficace. Contrairement à une réputation usurpée, leur chair n’est pas vénéneuse, et les connaisseurs l’apprécient, comme ils apprécient la pêche sportive à laquelle le Barracuda donne lieu, sur les côtes de Floride et dans la mer des Caraïbes. Sur nos côtes atlantiques et méditerranéennes, on rencontre une espèce de plus faible taille, le Spet (Sphyræna sphyræna), qui dépasse rarement un mètre.

• La famille des Mugilidés, les Muges, ou Mulets gris, peut être classée au voisinage immédiat des Barracudas, en dépit des grandes différences qui opposent ces deux groupes de Poissons. Les Muges ont le corps peu allongé, la tête large, obtuse et pratiquement édentée, et leur nourriture est composée de vase qu’ils filtrent grâce à un appareil pharyngien. Les éléments nutritifs contenus dans la vase, et d’origine surtout végétale, sont triturés dans un gésier musculeux et absorbés par un intestin démesuré. La disposition des nageoires, toutefois, est en tout point semblable à celle des Sphyrænidés. On connaît une centaine d’espèces de Mulets, appartenant à quatre genres, dont le plus connu est Mugil. Toutes habitent les mers tropicales et tempérées, mais tolèrent des eaux de salinité faible et se rencontrent même en eau douce. Le Cabot (Mugil cephalus), tout à fait cosmopolite, peut atteindre un mètre et peser 8 kg. Les Muges font l’objet d’une pêche intensive et sont même élevés dans des parcs, notamment dans le bassin d’Arcachon, où les éleveurs apprécient leur croissance rapide et leurs besoins alimentaires modestes.

• Les Athérinidés, ou Prêtres, ainsi nommés pour la large bande argentée qui orne leurs flancs, forment une famille voisine des Muges, bien que certains la classent dans un ordre distinct. Les deux nageoires dorsales, épineuses et molles, sont très rapprochées, mais la ceinture pelvienne est, comme chez les Muges et les Bécunes, unie à la ceinture pectorale par un fort ligament. Les Prêtres sont de petits Poissons, groupant 150 espèces environ, réparties en une quinzaine de genres. Ils se rencontrent le long des côtes des mers chaudes et tempérées, et se nourrissent des petites proies qu’ils vont chercher dans les estuaires et les lagunes littorales. L’espèce française est Atherina presbyter. Les Prêtres pondent des œufs démersaux qu’ils déposent très près des côtes. Une espèce américaine, Leuresthes tenuis, vient pondre dans le sable aux grandes marées de vive-eau, à la limite atteinte par la mer. Le développement se fait dans le sable humide et dure deux semaines ; les jeunes alevins éclosent à la marée de vive-eau suivante et gagnent des zones moins superficielles.

À l’inverse des Prêtres, les Barracudas et les Mulets pondent des œufs pélagiques ou flottants, qui sont libérés, à l’occasion d’une migration de faible amplitude, à l’écart des côtes.

Bien qu’apparentés par la structure de leur ceinture pelvienne, ces trois groupes de Poissons montrent dans leur reproduction, et plus encore dans leur mode d’alimentation, une étonnante plasticité.

R. B.

barrage

Ouvrage en général d’assez grandes dimensions édifié soit pour exhausser un plan d’eau dans un fond de vallée, soit pour barrer l’exutoire d’un lac en haute montagne (barrage fixe), ou implanté sur un cours d’eau pour créer une retenue destinée soit à régulariser le débit en aval, soit à surélever le niveau en amont, ou bien encore pour permettre l’irrigation ou pour créer un bief navigable (barrage mobile, ainsi appelé non pas à cause de son implantation, mais à cause de la hauteur d’eau qu’il retient).



Rôle d’un barrage

Les rôles assignés à un barrage sont nombreux et souvent multiples.


Barrage édifié dans le fond d’une vallée

Il peut avoir pour but :
1. d’élever le plan d’eau en vue d’irriguer des terres situées en amont ;
2. d’exhausser le niveau d’eau en créant une retenue en amont de manière à permettre un certain débit à partir d’une hauteur déterminée, ce qui représente une énergie captée dans une usine hydro-électrique grâce à des conduites forcées alimentant des turbines hydrauliques couplées avec des alternateurs électriques ;
3. d’irriguer des terres par gravité à partir du plan d’eau à l’amont du barrage, et de produire en même temps de l’énergie électrique, dont une partie sera utilisée pour des pompages destinés à irriguer des terrains situés très au-dessus du plan d’eau amont ;
4. de créer une réserve d’eau destinée à l’alimentation des villes et des régions à climat sec ;
5. de régulariser un cours d’eau ou de permettre une répartition des débits dans différents cours d’eau, ou encore d’alimenter un canal ;
6. de parer au danger d’inondation des grandes cités en amont par le jeu de réservoirs naturels à remplissage saisonnier ;
7. enfin de créer de vastes plans d’eau mettant en valeur les sites.


Barrage édifié en haute montagne

Généralement établi au droit de l’exutoire d’un lac (alimenté par exemple par la fonte des neiges), il présente un intérêt particulier, car, même avec un débit restreint, il permet de capter une notable énergie, proportionnelle à la hauteur comprise entre le niveau du plan d’eau et l’usine (dite « usine de haute chute »), située très en contrebas, au pied de la montagne, dans le fond de la vallée. Les conduites d’amenée d’eau sont renforcées en raison des pressions énormes développées dans les parties basses de ces conduites. Pour des hauteurs de chute dépassant 1 000 m, on fractionne les hauteurs de chute en tronçons grâce à des usines relais.