Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

adduction (suite)

Les pompes utilisées sont des pompes centrifuges multicellulaires, qui, accouplées à des moteurs électriques, constituent des groupes légers, peu encombrants, peu coûteux et d’un très bon rendement. La pression doit correspondre à la hauteur manométrique théorique totale d’élévation nécessaire. Cette hauteur totale comprend la hauteur d’élévation entre le plan d’eau de pompage et le point le plus haut à atteindre, ainsi que la hauteur correspondant aux pertes de charge tant à la pression qu’au refoulement. Les moteurs qui conviennent le mieux à la vitesse constante d’une pompe sont les moteurs asynchrones, et, parmi ceux-ci, les moteurs à cage, simples, robustes, et aux dispositifs de démarrage variés, de préférence aux moteurs à bague.


Problèmes spéciaux


Commande et régulation

Il importe d’effectuer dans le minimum de temps et avec le minimum de surveillance toutes les manœuvres que peuvent exiger les évolutions des conditions de fonctionnement : abaissement anormal du niveau d’aspiration, remplissage total du réservoir, incident sur une conduite. L’arrêt ou la reprise des pompages, la manœuvre des robinets sont en général rendus automatiques par la robinetterie, avec contrôle visuel ou sonore. Ils peuvent être aussi commandés à distance.


Comptage des débits

Celui-ci ne peut que très exceptionnellement s’effectuer par remplissage d’une capacité dont le volume est connu. On utilise plus fréquemment le moulinet, qui mesure la vitesse de l’eau au centre de gravité de chaque surface élémentaire théoriquement isolée dans la section totale du jaugeage, le tube symétrique de Pitot, qui mesure la vitesse de l’eau, ou encore des appareils déprimogènes, tels que les venturis ou les diaphragmes, qui créent dans une conduite de section S1 un rétrécissement de section S2 au droit duquel la vitesse du flot augmente alors que la pression diminue, cette diminution étant mesurée par un manomètre différentiel qui permet de déterminer la valeur de la vitesse. Dans les meilleures conditions, et après étalonnage sérieux, les écarts de comptage sont de l’ordre de 2 p. 100. On peut encore mesurer les débits en utilisant un circuit électromagnétique pour estimer la conductibilité de l’eau, fonction de sa minéralisation et de sa vitesse d’écoulement.


Protection contre la corrosion

Les eaux à faible résistivité, fortement minéralisées ou contenant du fer même à petite teneur, peuvent provoquer des dépôts qui constituent autant de petites piles avec attaque du métal. Le revêtement intérieur des canalisations doit être particulièrement soigné et la vitesse du courant doit être suffisante pour éviter ces dépôts. Extérieurement, le sol constitue de par sa nature un électrolyte pouvant présenter des conductibilités variables et constituer une pile géologique avec apparition d’un courant dans le circuit extérieur que constitue la conduite. Plus généralement, les courants dits vagabonds, à proximité de distributions électriques, peuvent engendrer des phénomènes d’électrolyse qui attaquent la conduite dans la zone où le courant la quitte et où elle joue le rôle d’anode. Une première protection des conduites en acier est assurée par un enrobage isolant dont la continuité sera parfaitement réalisée au droit des joints. Un moyen plus sûr est d’établir la protection cathodique, soit en rendant le fer cathodique en constituant une pile avec un métal plus électronégatif qui jouera le rôle d’anode, soit en reliant la conduite d’une part à une source d’énergie électrique extérieure et d’autre part à une anode enterrée destinée à se corroder.

Vocabulaire de l’adduction

aqueduc, ouvrage couvert utilisé pour l’amenée gravitaire de l’eau destinée à l’alimentation humaine.

bonde de fond, appareil constitué par une tubulure d’écoulement, munie d’une soupape commandée par vis de manœuvre et servant à assurer la vidange d’un réservoir.

canal, conduit établi pour le passage d’un liquide d’un point à un autre.

canal découvert ou conduit à plan d’eau libre, canal non entièrement rempli par l’eau qui y circule, de sorte qu’à la surface libre règne une pression constante, en général la pression atmosphérique.

clapet, obturateur libre, se fermant automatiquement dans un sens déterminé.

clapet d’arrêt, clapet de retenue, destiné à empêcher que la vitesse de l’eau ne dépasse une valeur déterminée. (Il est surtout utilisé comme organe de sécurité en cas de rupture de conduite.)

clapet de retenue, appareil de sectionnement, à fonctionnement automatique, destiné à empêcher le passage d’un fluide dans certaines conditions.

conduite forcée, conduit sous pression entièrement rempli par l’eau.

crépine, cylindre perforé dont le rôle est d’arrêter les graviers et les corps solides.

gravitaire, se dit de l’amenée d’eau par un ouvrage dans lequel la circulation de l’eau est due à la seule action de la pesanteur.

robinet, appareil de sectionnement d’une conduite dont l’obturateur est commandé de l’extérieur.

robinet à flotteur, robinet qui s’ouvre ou se ferme progressivement quand le niveau de l’eau, suivi par un flotteur, a tendance à baisser ou à monter.

robinet quart-de-tour, robinet équipé d’une pièce tronconique évidée qui laisse passer l’eau lorsque l’évidement est dans l’axe de la conduite et dont la rotation de 90°, à partir de cette position, interrompt la circulation de l’eau.

robinet-vanne, robinet dont l’obturateur, appelé vanne, peut être déplacé verticalement à l’aide d’une vis de manœuvre. (Remontée dans la calotte hémisphérique du robinet, la vanne est ouverte ; descendue, la vanne est fermée.)

vanne, obturateur, commandé au moyen d’une tige, qui se déplace parallèlement à ses surfaces de contact, appelées sièges.

vanne murale, appareil de sectionnement comportant un cadre muni de glissières dans lesquelles coulisse une plaque. (Elle est surtout utilisée dans les installations hydrauliques à l’air libre : barrages, bassins, égouts, canaux.)