Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
Y

yachting (suite)

La construction classique en bois utilise une technique fort ancienne : la quille s’étend de l’étrave à l’étambot et porte les membrures, sur lesquelles se fixent les bordées. Elle comporte des variantes, telle la construction en contre-plaqué, en bois moulé, en bois lamellé, en latté collé. Le bois rencontre encore nombre de partisans, épris de tradition et de belle matière. Il a fait ses preuves au point de vue solidité et longévité. Mais il est cher et nécessite une main-d’œuvre spécialisée, fort coûteuse. Les coques en bois exigent également un entretien fréquent.

Aussi, depuis quelque temps déjà, on a de plus en plus recours, en yachting comme dans nombre d’industries, au plastique. Moins belle sur le plan esthétique qu’une coque en bois, une coque en plastique présente les avantages d’être parfaitement étanche et de ne nécessiter aucun entretien particulier. Utilisé tout d’abord pour la construction des petites embarcations de plaisance, notamment pour celle des monotypes de compétition et des canots à moteur, le plastique entre à présent dans la fabrication de plus grandes unités. Le principe de base de la construction en plastique est simple. L’intérieur d’un moule soigneusement poncé est enduit au pistolet d’un agent démoulant, puis d’une couche de résine appelée gel-coat, destinée à remplacer la peinture de la coque. Dès que cette première couche commence à geler sous l’influence d’un catalyseur incorporé, on applique un tissu de verre en exerçant une pression afin de chasser les bulles d’air. Ces diverses opérations doivent être effectuées dans un local chauffé à une température élevée et constante. Les procédés industriels d’exécution font intervenir des contre-moules qui ménagent un espace permettant de contrôler l’épaisseur de la pièce moulée ; ce procédé est nécessaire pour la fabrication des ensembles que composent le pont, le roof, le cockpit, exécutés d’un seul morceau. Pour donner plus de résistance aux pièces définitives, on utilise des tissus en fils de verre obtenus en faisant fondre électriquement des billes de verre et en passant ce verre en fusion dans des filières de platine. Se prêtant particulièrement à la fabrication en série, la construction en plastique constitue un facteur déterminant de l’expansion du yachting à voile et à moteur.


La pratique du yachting

Les responsables d’un sport ont pour mission de se préoccuper de l’apprentissage de ceux qui désirent le pratiquer.

• La conduite d’un canot à moteur ne présente pas les mêmes difficultés que celle d’un voilier. Le volant de direction, la commande d’embrayage en avant et en arrière, l’accélérateur sont autant de pièces que l’automobile a rendu familières au grand public. En revanche, un canot à moteur peut constituer, par son poids, sa vitesse, son hélice immergée, des dangers pour les baigneurs ou les passagers d’embarcations légères. Il est donc apparu nécessaire d’exiger un permis de conduire pour les embarcations mues par un moteur de plus de 10 CV, trois catégories étant prévues selon la possibilité de s’éloigner de la côte et selon le tonnage du bateau. Un apprentissage auprès des écoles spécialisées est nécessaire pour réussir l’examen du permis.

• S’il n’existe pas encore de permis de conduire pour voilier, des écoles de voile se sont créées un peu partout en France, sur les plans d’eau marins et intérieurs. Outre le « matelotage », portant sur la façon de gréer un bateau, de préparer et d’entretenir son accastillage, les élèves des écoles de voile apprennent à manœuvrer aux différentes allures. Les premières leçons sont données en groupe, sur des embarcations solides et stables ; au fur et à mesure des progrès réalisés, les élèves sont embarqués sur des embarcations plus rapides et plus sportives. Les bases-écoles du Touring Club de France et le Centre nautique des Glénans sont, en France, des exemples de ce genre d’organisations.

Lorsque les rudiments de navigation sont assimilés, le yachtman débutant acquiert son premier bateau. D’instinct, il sait s’il doit se tourner vers la plaisance à voile ou vers celle à moteur. La taille du bateau est fonction de ses possibilités financières et des objectifs qu’il poursuit. En règle générale, le yachtman commence par une petite unité et, au fur et à mesure qu’il avance en âge et en science, il acquiert un bateau plus grand. Les petites embarcations à moteur sont utilisées pour la promenade, le ski nautique, la pêche et les déplacements d’un point de la côte à un autre. En matière de voile, les amateurs débutent le plus souvent sur des monotypes de série, qui leur permettent de mettre en pratique les principes qu’ils ont acquis dans les écoles de voile : Optimist lorsqu’on a moins de quatorze ans, puis Vaurien (420, 470 ou même 505) pour deux équipiers et Moth, Yole O. K. ou Finn en solitaire.

La compétition attire un très grand nombre de pratiquants du sport de la voile ; elle constitue la meilleure école de perfectionnement dans l’art de la barre et la meilleure façon d’acquérir le sens de l’eau.

Lorsque l’on avance en âge, on est généralement attiré par les bateaux habitables, comportant une cabine munie de couchettes et d’un certain confort. En France, le premier bateau moderne de ce type a été le Belouga. Sa coque, de dimensions réduites (longueur 6,50 m), présente les qualités marines suffisantes pour le cabotage côtier ; le bateau est rapide à la voile et suffisamment logeable pour que deux ou trois personnes puissent y vivre. Son poids permet le transport par terre, sur une remorque tractée par une voiture de tourisme ; il est, en effet, important de pouvoir changer d’horizon sans avoir à effectuer des traversées trop longues.

Les bateaux de tourisme côtier, qui peuvent également participer entre eux à des régates et à des championnats nationaux, sont des dériveurs ou des bateaux à quille de faible tirant d’eau, ou des bateaux dont la quille se prolonge par une dérive. S’ils composent la grande masse du parc de plaisance en France, ils ne sont pas les seuls. Des voiliers de toutes dimensions sont proposés au choix des amateurs. Les yachts de classe I et II sont considérés aujourd’hui comme de grands yachts. La catégorie des très grands yachts (au-dessus de 20 m de longueur) compte un nombre réduit d’unités.