Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
X

Xénophon (suite)

Ce journal de marche, ce reportage d’un correspondant de guerre qui finit par prendre la tête des opérations, a une saveur extraordinaire. Xénophon n’annonce rien à l’avance, n’intervient pas dans la narration, ne s’indigne pas, ne cherche pas à émouvoir son lecteur. Celui-ci doit garder son jugement libre. L’auteur s’efface constamment dans ces petits tableaux vrais et courts, où le dessin est plus marqué que la couleur, un dessin si précis et si juste qu’on voit les faits et les objets comme s’ils étaient présents. On pense à Mérimée ou, plus encore, à Stendhal (le récit de la bataille de Counaxa, par sa netteté et sa sobriété du trait, par sa discontinuité, n’a-t-il pas des caractères communs avec le récit de la bataille de Waterloo vue par les yeux de Fabrice del Dongo ?). La fraîcheur des impressions, la vie qui anime chaque page, les croquis rapides de ces mercenaires grecs, qui ont chacun leur personnalité propre, font de l’Anabase une œuvre originale, presque unique.

« Xénophon, écrit Diogène Laërce, est un homme remarquable à beaucoup d’égards, notamment pour son goût pour les chevaux, la chasse et l’art militaire, comme on le voit par ses écrits ; un homme pieux, qui aimait à offrir des sacrifices, se connaissait aux choses religieuses, et fut un disciple fidèle de Socrate. » Si ce n’est pas son moindre mérite d’avoir introduit, peut-être plus que Platon, la doctrine de Socrate dans la conscience athénienne, il reste qu’il n’est pas négligeable aujourd’hui de pouvoir lire une œuvre qui aborde des sujets graves avec un parfait naturel et sans que son auteur élève jamais la voix.

A. M.-B.

 A. Croiset, Xénophon, son caractère et son talent (Thorin, 1873). / A. N. Roquette, De Xenophontis vita (Kœnigsberg, 1884). / K. Muenscher, Xenophon in der griechisch-römischen Literatur (Leipzig, 1920). / G. Colin, Xénophon historien (Les Belles Lettres, 1933). / J. Luccioni, les Idées politiques et sociales de Xénophon (Les Belles Lettres, 1947) ; Xénophon et le socratisme (P. U. F., 1953). / L. Strauss, On Tyranny, an Interpretation of Xenophon’s “Hieron” (New York, 1948 ; trad. fr. De la tyrannie, précédé du Hiéron de Xénophon, Gallimard, 1954). / E. Delebecque, Essai sur la vie de Xénophon (Klincksieck, 1957). / C. Mossé, Xénophon. L’Économique. Commentaire historique (Thèse, Paris, 1960).

xérographie

Procédé d’impression sans contact, utilisant la photoconductivité et l’effet tribo-électrique.


Les Grecs connaissaient déjà l’électricité statique 500 ans avant l’ère chrétienne : frottant un morceau d’ambre, ils constataient qu’il attirait des poussières. Ce phénomène est devenu le principe d’un procédé d’impression. Chester F. Carlson († 1967) étudia la question dès 1935, d’abord seul, puis épaulé par l’organisme de recherche Battelle Institute. Les applications du procédé sont nombreuses : impression, obtention de réserves pour la gravure, de stencils, de plaques offset, xérocopie.


Principe

L’impression xérographique se fait par transfert de colorants qui, chargés électriquement, se déplacent dans un champ électrostatique et sont attirés par une surface chargée d’électricité de signe contraire.

La plaque de la xérographie correspond au film ou au papier de la photographie ordinaire. Elle est constituée par une feuille conductrice, métal ou papier métallisé, dont la surface est couchée avec un matériau photoconducteur, sélénium ou oxyde de zinc. Ce matériau n’est pas conducteur dans l’obscurité, mais le devient lorsqu’il est exposé à la lumière. On rend la plaque sensible en donnant à sa surface une charge électrique au moyen d’un dispositif de charge, un bobinage en couronne par exemple. Puis on l’expose sous l’original dans un appareil photographique ou dans un châssis. Partout où la lumière frappe la plaque, la couche devient conductrice, et sa charge s’écoule dans le support. Aux endroits non atteints par la lumière et qui correspondent aux noirs de l’original, la charge de surface subsiste et constitue une image latente électrique que le développement va révéler. On développe en versant sur la plaque une poudre fine dont les particules sont chargées d’électricité de signe contraire. Pour imprimer, on place à une très faible distance au-dessus de la plaque une feuille de papier et on la charge fortement avec un dispositif analogue à celui qui a chargé la plaque. Les particules de poudre se trouvent attirées et, quittant la plaque, se déposent sur le papier. L’image ainsi imprimée est ensuite fixée, par exemple par un chauffage qui fait adhérer définitivement la poudre. Comme dans tous les procédés photographiques, la qualité de l’image finale dépend de celle de l’image latente et des caractéristiques du système de développement. Des instruments permettent la mesure du potentiel électrique des surfaces chargées. Les particules de colorant, appelées toners, dont le diamètre est très petit, de l’ordre de 10 μ, peuvent être chargées de diverses façons : en cascade, par brosse magnétique, etc. On utilise aussi des particules en suspension dans un liquide isolant ou en suspension dans l’air sous forme d’aérosol.

La xérographie, procédé d’impression électrostatique, n’a pas besoin de formes d’impression lourdes ou encombrantes, et les presses à imprimer sont faciles à régler. Mais leur vitesse est encore relativement faible et le prix des encres est élevé.


Procédés utilisés

Jusqu’ici, quatre méthodes d’impression ont été mises au point.

• Méthode photoconductrice électrostatique de Sun Chemical. Un ruban-grillage reçoit une charge électrique au moyen d’un rouleau en peluche en contact léger avec lui. Il est exposé à la lumière, et son image latente reçoit la poudre colorée. Puis il passe devant une électrode de signe contraire ; attirée par celle-ci, la poudre se dépose sur le support à imprimer. On peut ainsi imprimer des papiers peints, des textiles. On peut imprimer recto-verso en utilisant comme seconde électrode un second ruban-grillage.

• Méthode d’impression avec stencil d’Electrostatic Printing Corp. of America. Le matériau à imprimer est placé entre un stencil en gaze métallique portant l’image à déposer et une plaque d’appui chargée de signe contraire. Comme la méthode précédente, elle est apparentée à la sérigraphie.