Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
W

Wrocław (suite)

Le symbole de la nouvelle ville est fourni par l’extension remarquable des grands ensembles autour de la vieille ville (si bien que la superficie de Wrocław dépasse 200 km2) : des quartiers nouveaux se greffent sur toutes les routes aboutissant au cœur de la ville. On a gardé la forêt et les plans d’eau : de nombreuses cités portent des noms évoquant la nature ou reprenant celui du lieu-dit.

A. B.


L’art à Wrocław

La ville ancienne n’est pas très étendue, mais elle offre cette particularité pittoresque de former un ensemble insulaire, cerné de toutes parts par le cours d’un beau fleuve. À défaut de restes importants de la brillante civilisation polonaise du xiie s., et négligeant les constructions utilitaires du xixe s., on remarquera la fécondité de la fin du Moyen Âge et la richesse de l’époque autrichienne.

De la première période, on retiendra un certain nombre d’églises qui ont été remarquablement restaurées, mais auxquelles leurs malheurs ont donné une sobriété qui n’est peut-être pas d’origine : ainsi Notre-Dame-des-Sables, très belle église-halle des xive et xve s., Sainte-Croix, un peu plus ancienne, à deux étages et à la couverture originale, et surtout la cathédrale, terminée vers 1430 et qui a conservé un riche mobilier. Ajoutons un très bel édifice profane, l’hôtel de ville, qui n’a pas trop souffert de la guerre et qui, avec sa décoration très abondante et ses voûtes nervurées, est un bon témoignage de la prospérité urbaine au xve s.

À l’époque autrichienne, après les traités de Westphalie, la ville renaît. L’université, ancien collège des Jésuites, épargnée par les hostilités, l’atteste ; et surtout son aula Leopoldina, salle d’honneur construite en 1731 sur les plans de Christoph Tausch (1673-1731), dont la décoration peinte et sculptée offre un remarquable échantillon de l’iconographie de l’humanisme baroque. Dans le même style, on admire, à côté, les belles fresques de Johann Michael Rottmayr (1654-1730) dans l’église du Saint-Nom-de-Jésus.

P. M.

➙ Silésie.

Wurtemberg

En allem. Württemberg, ancien État du sud-ouest de l’Allemagne, aujourd’hui réuni au Bade pour former le Bade-Wurtemberg*.



Le Moyen Âge

Le Wurtemberg apparaît au xie s., constitué par les seuls biens patrimoniaux d’un certain Conrad de Wirtinisberc, issu de l’ancienne noblesse souabe* (v. 1080). Ayant d’abord fait partie de l’opposition à l’empereur Henri IV dans la querelle des Investitures*, la famille s’attache assez vite à la dynastie des Hohenstaufen*, ducs de Souabe, ce qui lui permet d’obtenir le titre comtal en 1135. Pendant un siècle, dans l’orbite des puissants voisins, les comtes élargissent leurs possessions dans la vallée de la Rems et obtiennent en fief des droits d’octroi sur de nombreuses routes, surtout celle qui va de Spire à Ulm par Esslingen, qui joue un rôle décisif dans la consolidation de la puissance politique de la dynastie. Après 1250, celle-ci profite du Grand Interrègne et de la dislocation du duché de Souabe en une multitude de petites principautés urbaines ou féodales pour étendre ses domaines dans la vallée du Neckar sous l’impulsion d’Ulrich Ier (comte de 1240 à 1265), qui a fondé de nombreuses bourgades fortifiées, dont Stuttgart, et acquis le comté d’Urach (1265).

Cette extension est un instant menacée par l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, qui a tenté de reconstituer à son profit le duché de Souabe par une guerre coûteuse et dévastatrice. Eberhard Ier l’Illustre (comte de 1279 à 1325) contraint l’empereur à lui céder le bailliage de la Basse-Souabe et transfère sa résidence à Stuttgart*.

Les querelles de succession impériale et la disparition de maisons féodales ont favorisé de nombreuses acquisitions, mais cette politique se trouve bloquée à l’est et au sud par les villes libres, alors qu’elle élimine les Habsbourg* de nombreuses seigneuries à l’ouest et au nord, comme Calw et Tübingen. Eberhard II le Querelleur (1344-1392) poursuit avec succès et ténacité cette politique d’extension territoriale qui a en partie ruiné l’économie. Il a vaincu les ligues de chevaliers, empêché la noblesse locale de constituer des seigneuries et acquis le duché de Teck, de sorte qu’il n’a plus en face de lui que des principautés ecclésiastiques et des villes libres. Celles-ci, craignant d’être absorbées également, s’unissent en une Ligue des cités souabes, écrasée en 1388 à Döffingen.

Mais, restées immédiates de l’Empire et donc indépendantes, les cités vaincues aident Eberhard III (comte de 1392 à 1417), neveu d’Eberhard II, à briser la Ligue de la petite noblesse, dite « du maillet ». Par son mariage avec Henriette de Montfaucon, Eberhard III acquiert en 1397 la principauté de Montbéliard (Mömpelgard), qui s’ajoute aux territoires alsaciens de Riquewihr et d’Horbourg, obtenus dès 1324.

Au début du xve s., le Wurtemberg a en gros la structure territoriale de l’âge moderne et constitue un des principaux territoires du Sud-Ouest. Mais il demeure un agglomérat de territoires comtaux, de villes et de chevaliers d’Empire, de droits patrimoniaux et de suzeraineté. Son unité n’est maintenue que par l’habileté des comtes et un appareil administratif remarquable et précoce. Mais en 1442 le partage entre les deux fils d’Eberhard IV (1417-1419), créant les lignées d’Urach et de Neuffen, provoque un affaiblissement politique jusqu’en 1482. Cette année-là, le pacte de Münsingen consacre l’indivisibilité territoriale du comté en faveur d’Eberhard V le Barbu (comte [puis duc sous le nom d’Eberhard Ier] de 1459 à 1496), fondateur de l’université de Tübingen (1477) et d’une administration moderne et efficace qui assure pour la première fois l’unité juridique du territoire, érigé en 1495 en duché indivisible par l’empereur Maximilien Ier*. Eberhard dote son territoire d’un Landtag pourvu de larges prérogatives. Il bloque la progression bavaroise en Souabe par son adhésion à la Ligue souabe (1488).