Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
W

western (suite)

(Phœbe Anne Oakley Mozee) [Darke County, Ohio, 1860 - Greenville, Ohio, 1926]. Née dans une humble famille de paysans de l’Ohio, Annie Oakley, dite « Annie du Far West », atteint la célébrité en relevant un jour le défi lancé par un tireur d’élite du Wild West Show. Championne incontestable du tir à la carabine, elle est engagée par le cirque de Buffalo Bill, où elle se produit plusieurs années durant, émerveillant les spectateurs par sa virtuosité.

➙ De Mille (Cecil B.) / États-Unis [cinéma] / Ford (John) / Hawks (Howard) / Ince (Thomas H.) / Lang (Fritz) / Wyler (William).

 A. Chiattone, Il Film Western (Milan, 1949). / T. Kezich, Il Western maggiorenne (Trieste, 1953). / H. Agel (sous la dir. de), le Western (Lettres modernes, 1962 ; nouv. éd., 1969). / G. N. Fenin et W. K. Everson, The Western from Silents to Cinerama (New York, 1962). / C. Ford, Histoire du western (P. Horay, 1964). / J.-L. Rieupeyrout, la Grande Aventure du western (Éd. du Cerf, 1965 ; nouv. éd., 1974) ; Histoire du Far-West (Tchou, 1967). / A. Eyles, The Western (Londres, 1967 ; nouv. éd., 1975). / W. K. Everson, A Pictorial History of the Western Film (New York, 1969). / D. J. Kitses, Horizons West (Londres, 1969). / P. French, Westerns (Londres, 1973). / J.-L. Leutrat, le Western (A. Colin, 1973). / G. A. Astre et A. P. Hoarau, Univers du western (Seghers, 1973). / C. Lémie et R. Samuel, le Western (Bordas, 1976).

Westphalie (royaume de)

État créé par Napoléon Ier le 18 août 1807 dans le cadre de la Confédération du Rhin, il fut réduit à néant le 1er octobre 1813 et officiellement supprimé par le congrès de Vienne (1814-15).



La création

Dès la signature des traités de Tilsit (7-9 juill. 1807), Napoléon écrivait à son frère Jérôme : « Vous avez été reconnu comme roi de Westphalie... » Ainsi surgissait, dans ce chantier germanique ouvert après Austerlitz et déjà meublé par une Confédération germanique « première manière », un nouvel État napoléonien. Sous un vocable historico-géographique, celui-ci rassemblait des éléments jusqu’alors séparés et dissemblables : la Hesse électorale, un morceau de Hanovre (avec Göttingen), des comtés médiatisés, des évêchés sécularisés, et aussi des terres prussiennes. Qu’en attendait l’Empereur ? Sans aucun doute l’existence et la consolidation d’un allié qui surveillerait la Prusse en tenant la ligne de l’Oder ; mais également l’existence et la consolidation d’un modèle, pour l’Allemagne, de rénovation et de modernisation, d’un instrument appelé à exercer une influence plus considérable que le grand-duché de Berg, État proprement rhénan. Royaume de deux millions d’habitants, avec pour capitale Kassel, un carrefour de routes, la Westphalie jouerait donc un rôle analogue à celui du royaume d’Italie, capitale Milan.

En désignant pour former la régence (sept. 1807) des administrateurs de la qualité de Joseph Jérôme Siméon (1749-1842), de Jacques Beugnot (1761-1835), de Jollivet, du général Joseph Lagrange (1763-1836), Napoléon montrait bien tout l’intérêt qu’il prenait à cette création. Il le montrait aussi en confiant à J.-J. R. de Cambacérès (1753-1824) et à Michel Regnault de Saint-Jean d’Angély (1761-1819) le soin d’élaborer une constitution (proclamée le 15 nov.) qui, ne tenant guère compte des avis des notables convoqués, adoptait « sans atténuation » (Georges Lefebvre) les principes de l’État moderne : non seulement l’unité de l’organisation administrative, mais encore l’égalité civile, la liberté religieuse et le régime constitutionnel. En lui envoyant, pour simple promulgation, cet acte fondamental, Napoléon adressait à son jeune frère un étonnant commentaire : « Ce que désirent avec impatience les peuples d’Allemagne, c’est que les individus qui ne sont point nobles et qui ont des talents aient un égal droit à votre considération et aux emplois... Il faut que vos peuples jouissent d’une liberté, d’une égalité, d’un bien-être inconnus aux peuples de la Germanie... Soyez roi constitutionnel... »

Édifié sur un peuple qui, selon le mot de Napoléon, « divisé entre un si grand nombre de souverains, n’avait pas même un nom », la veille encore, le royaume prit rapidement forme. Dès décembre 1807, Jérôme (que Napoléon a marié en août à la princesse Catherine de Wurtemberg) arrive à Kassel. Beugnot va s’en aller, mais Siméon reste, personnage central, ministre de l’Intérieur et de la Justice de 1807 à 1809, de la Justice entre 1809 et 1812, et une sorte de Premier ministre en 1812-13. Ce modéré de la Révolution, proche des idéologues mais monarchiste, préside à la mise en place de l’administration, au fonctionnement de la nouvelle machine politique et à l’œuvre de refonte sociale.


La mise en place

Mise en place administrative : les huit préfectures sont immédiatement pourvues ; elles vont à des Allemands, les Français n’apparaissant que dans les conseils de préfecture.

La machine politique : la nomination d’un Conseil d’État ; la désignation, dans chaque département, des deux cents « électeurs » dont le vote désignera les cent membres des états du royaume — soit soixante-dix propriétaires fonciers, quinze « entrepreneurs », quinze « savants » —, l’équivalent du Corps législatif, tenant une première session en juillet 1808.

Refonte sociale : le décret du 23 janvier 1808 porte la hache dans le système de la féodalité, supprimant toutes les corvées et ne soumettant à rachat que les redevances réelles ; une traduction des codes français est entreprise sans retard, en commençant par le Code civil et le Code de procédure civile ; le décret du 27 janvier 1808 accorde aux Juifs les mêmes droits qu’aux autres sujets.

Français et Allemands travaillent côte à côte et, si dans l’ensemble les Hessois restent hostiles au nouveau régime, si l’aristocratie ne peut que tenter de freiner les réformes, nombre de talents, surtout parmi les Hanovriens et les Brunswickois, ne se dérobent pas. La responsabilité de l’armée a sans doute été réservée à un Français, le très estimable général Jean-Baptiste Éblé (1758-1812) [jusqu’en 1810], mais non les autres commandements. Ancien ministre du duc de Brunswick, le baron von Wollfradt a accepté l’Intérieur en 1809, s’entourant indifféremment de Français et d’Allemands, et Hans von Bülow (1774-1825) n’a pas fait de difficulté pour passer du service de la Prusse à celui de la Westphalie, aux Finances (1808-1811). Au Conseil d’État œuvrèrent Leist, le savant professeur de Göttingen, traducteur des codes, Johannes von Müller (1752-1809), le « Tacite allemand », au passé déjà riche et contrasté, qui dirigea l’instruction publique, Georg Friedrich von Martens (1756-1821), le spécialiste d’histoire diplomatique, Jacob Grimm (1785-1863), etc. On ne peut omettre tout à fait la reine, Catherine de Wurtemberg, d’éducation sans doute plus française qu’allemande. Nobles allemands et fonctionnaires français se coudoyaient et se fréquentaient à Kassel, les conseillers d’État discutaient en français, l’allemand était la langue des administrations et des tribunaux. « Dans les institutions, remarquait Johannes von Müller dès 1808, on aperçoit les germes d’une transformation complète, d’un développement nouveau du caractère allemand... » Si les départements de la rive gauche du Rhin représentaient la « France allemande », la Westphalie ne devenait-elle pas l’« Allemagne française » ?