Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

volley-ball (suite)

Ce ne fut que quelques années plus tard, au début du siècle, que le nouveau jeu, adopté au collège de Springfield (où James A. Naismith avait « inventé » le basket*-ball), organisé et codifié, prit valeur de sport, enseigné comme tel aux futurs animateurs des YMCA, établissements qui, avec la Première Guerre mondiale, se multiplièrent dans le monde entier, et plus particulièrement en Europe.

Les États baltes, la Russie, la Tchécoslovaquie et la Pologne furent les premiers conquis en Europe par le volley-ball, devenu depuis lors dans ces pays un sport traditionnel. Les débuts du volley-ball furent beaucoup plus difficiles en France, où ce sport fut longtemps considéré comme un simple jeu de plein air, et plus particulièrement de plage. L’arrivée des Russes blancs, réfugiés de l’Union soviétique, à partir de 1920, en fit mieux connaître les possibilités. Mais ce ne fut qu’en 1936, avec la création de la Fédération française de volley-ball, que le volley-ball connut en France sa consécration officielle.

Sur le plan international, quatorze nations étaient représentées au premier congrès de Paris d’avril 1947 : Belgique, Brésil, Égypte, États-Unis, France, Hollande, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Tchécoslovaquie, Uruguay et Yougoslavie. La Fédération internationale de volley-ball (F. I. V. B.) comptait 30 pays affiliés en 1951, 92 en 1964 et 119 en 1974. Le volley-ball est devenu un sport universel, qui organise régulièrement, tant chez les féminines que chez les masculins, championnats continentaux et championnats du monde. Il figure aux jeux Olympiques depuis 1964 (à Tōkyō).


Les règles

• L’équipe. Formée obligatoirement de six joueurs sur le terrain, elle ne peut être composée de plus de douze joueurs, entrant ou non en jeu selon les consignes du manager.

• Placement. Les six joueurs entrés en jeu se placent au départ comme ils l’entendent, mais ils doivent obligatoirement, chaque fois que leur camp prend le service adverse et préalablement à toute action, effectuer un tour de rotation (d’un sixième de tour), dans le sens des aiguilles d’une montre, de façon à occuper successivement chacun des six postes.

• Zone d’attaque. C’est une surface avancée de 27 m2, déterminée dans chaque camp par la largeur du terrain et 3 m en profondeur en partant de la ligne centrale, c’est-à-dire du filet. Dans cet espace, seuls les trois avants ont le droit de frapper la balle.

• Contre (ou block). Il s’agit d’un moyen efficace avec les mains rapprochées et disposées dans l’angle le plus favorable de contrer (ou bloquer) le smash adverse au moment où le ballon franchit le filet. Le contre s’effectue à un, à deux ou à trois joueurs, appelés à conjuguer leur saut en une action simultanée. Les trois arrières n’ont pas le droit de participer au contre. Même si le ballon touche plusieurs joueurs du « block », il ne sera compté qu’une seule touche de balle. D’autre part, l’avant qui vient de participer au contre a le droit d’effectuer aussitôt une seconde touche de balle. Depuis 1964, les contreurs sont autorisés à passer les mains dans le camp adverse, mais à deux conditions : ne pas toucher le filet ; que le ballon ne soit pas touché chez l’adversaire lors de la phase préparatoire, c’est-à-dire avant que celui-ci n’ait déclenché son attaque.

• Service. La zone de service, délimitée par deux traits, se situe derrière la ligne de fond, sur une largeur de 3 m, à la droite de chaque camp. Le service peut être effectué d’aussi loin et aussi haut que le permet la longueur et la hauteur du terrain ou de la salle. Pour marquer un point, il faut, préalablement, avoir obtenu ou gagné le service.

Une équipe perd le service ou son adversaire marque un point dans les cas suivants : ballon qui touche le sol dans son propre camp ; ballon placé ou frappé hors des limites adverses ; ballon joué plus de trois fois consécutives par la même équipe ; ballon tenu ou poussé ou porté ; ballon touché par un joueur au-dessous de la ceinture ; joueur qui touche le filet ; joueur qui touche la balle deux fois consécutives (à la seule exception du contre) ; joueur qui dépasse la ligne centrale ; joueur qui, « au-dessous » du filet, touche le ballon ou l’adversaire dans le camp opposé ; sur une faute de position au moment du service ; sur un changement de joueur irrégulier (par exemple le remplaçant occupant un autre poste que le remplacé) ; arrière qui, ayant pénétré en « zone d’attaque », adresse le ballon dans le camp adverse en l’ayant pris, chez lui, au-dessus du filet ; contre ou block effectué irrégulièrement.

• Durée du jeu. Comme au tennis, le volley-ball se joue en sets gagnants (deux ou trois selon les compétitions). Chaque set se dispute en principe en quinze points, mais il faut qu’il soit gagné avec un minimum de deux points d’écart, ce qui conduit à d’éventuels prolongements.

On distingue deux formes de service : le service bas (le ballon frappé au niveau de la ceinture) et le service haut (le ballon frappé au-dessus de la tête). Dans tous les cas, le service peut être rendu « flottant », c’est-à-dire que le ballon est frappé avec effet de façon à rendre sa trajectoire incertaine et, partant, sa réception plus difficile.

• Attaque. L’attaque se fait le plus souvent après la passe de réception et celle de l’attaque. Mais elle peut être également effectuée directement sur la passe de réception.

On distingue deux sortes de smashes : le smash tennis (la balle frappée de face) et le smash balancier (la balle frappée latéralement, dans un large et puissant geste de circumduction du bras).


L’évolution

À l’origine simple jeu récréatif, le volley-ball, depuis 1947, c’est-à-dire avec la création de la Fédération internationale, est devenu un grand sport collectif qui a obtenu (depuis 1964 à Tōkyō) la reconnaissance olympique.

Les Soviétiques, qui adhérèrent à la F. I. V. B. en 1948, démontrèrent, les premiers, que le nouveau jeu pouvait être un passionnant sport de haute compétition.

Ils développèrent la technique et la tactique de jeu, inventèrent la « roulade arrière », qui permettait à la défense de relever les smashes les plus percutants, et leur influence fut décisive dans le sens d’un jeu plus vivant et moderne.