Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

vol (suite)

Le vol dans le règne animal


Insectes

Si l’on excepte quelques groupes inférieurs dits « aptérygotes », c’est-à-dire dépourvus d’ailes, la plupart des familles d’Insectes sont hautement adaptées à la locomotion aérienne, bien que certains groupes l’aient secondairement perdue. Certains Insectes réalisent même des performances dignes de celles des Oiseaux et accomplissent de véritables migrations : on connaît des Diptères (Tabanides, Syrphides) et des Papillons (Rhopalocères, comme Danaïs archippus) qui peuvent parcourir plusieurs centaines, voire des milliers de kilomètres.


Reptiles

Aucune espèce actuelle n’est, à proprement parler, capable de voler, contrairement à divers Sauriens du Jurassique (v. Ptérosaures), mais il est des espèces qui présentent un allongement des côtes antérieures servant de soutien à d’importants replis de la peau. On ne peut donner le nom d’ailes à ces extensions cutanées, qui n’impliquent aucune modification de la structure des membres et sont, de ce fait, dépourvues de mouvement autonome. Tout au plus servent-elles de parachute, permettant à l’animal de faire des glissades plus ou moins longues entre les arbres (Dragons des îles de la Sonde par exemple).


Oiseaux

Toute l’évolution de cette classe de Vertébrés s’est faite autour de la locomotion aérienne. Mis à part certains groupes comme les Autruches, les Nandous, les Émeus et quelques espèces insulaires dont les ailes se sont secondairement atrophiées, tous les Oiseaux volent et accomplissent des performances souvent extraordinaires, soit sous le rapport de la vitesse (jusqu’à 280 km/h chez le Faucon Pèlerin), soit sous celui des distances parcourues et de l’endurance. Certaines grandes espèces pélagiques, comme les Albatros, passent la plus grande partie de leur vie à voler, et de nombreux migrateurs parcourent chaque année plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres. La faculté de se déplacer rapidement dans les trois dimensions de l’espace a permis aux Oiseaux d’occuper les habitats les plus variés ; elle leur a permis aussi d’acquérir des comportements et des adaptations écologiques leur permettant d’occuper des « niches » inaccessibles aux autres Vertébrés terrestres.


Mammifères

Bien qu’essentiellement terrestres les Mammifères présentent quelques groupes qui ont « appris » à se déplacer dans l’air. Un ordre entier, celui des Chiroptères (Chauves-Souris), ne comporte que des espèces volantes. La locomotion aérienne chez les Mammifères présente deux types très différents : le vol plané des Écureuils volants s’apparente aux glissades aériennes des Dragons, car il n’implique aucune modification des membres, mais il est rendu possible par le développement d’une membrane parachute, sous-tendue par les membres et parfois la queue de l’animal ; le vol battu, type de vol très perfectionné, fait des Chauves-Souris des animaux aussi strictement aériens que les Oiseaux. Il est rendu possible par une profonde modification des membres, notamment des membres antérieurs, grâce à l’allongement des doigts et au développement des membranes interdigitales en une surface unique, appelée patagium.


Fonctions du vol

Les avantages que procurent à l’animal la possibilité de se déplacer rapidement ont été utilisés pour de multiples fonctions.


Recherche de la nourriture

De nombreuses techniques de chasse reposent sur une utilisation judicieuse des ailes : poursuite de la proie, comme chez les Faucons ; prospection minutieuse de vastes espaces, puis capture par surprise, comme chez les Busards ; vol sur place pour accéder à une source de nourriture inaccessible par locomotion terrestre, comme chez les Oiseaux-Mouches ou les Sphinx (Papillons), qui sucent le nectar des fleurs ; recherche du plancton aérien, comme chez les Hirondelles et les Chauves-Souris ; etc. La forme et le mode d’utilisation des ailes sont souvent étroitement adaptés au régime alimentaire.


Migrations

En offrant aux animaux la possibilité de parcourir de grandes distances en peu de temps, la faculté de voler a permis à de nombreux groupes de résoudre l’épineux problème de la survie hivernale. Pour de petits organismes à température constante et élevée comme les Oiseaux, la thermorégulation n’est possible que grâce à une ingestion permanente de nourriture. Le fléchissement de la nourriture disponible en hiver, notamment pour les petits insectivores, a conduit l’évolution à trouver une solution pour assurer à l’organisme sa nourriture quotidienne, en particulier le système des migrations « au long cours », qui permettent aux mêmes populations d’exploiter alternativement des écosystèmes saisonniers souvent fort éloignés les uns des autres (v. migrations animales et Oiseaux).

Si les migrations sont particulièrement développées et spectaculaires chez les Oiseaux, certains Insectes accomplissent également d’extraordinaires voyages. Témoin le Danaïs archippus, Papillon du Nouveau Monde qui se reproduit en Amérique du Sud et migre ensuite en Amérique du Nord pour revenir à la fin de l’automne dans son continent d’origine. Des millions d’individus sont impliqués dans ces voyages intercontinentaux. Ces hautes performances de vol ont permis à ce Papillon de se répandre au-delà des océans, aux îles Hawaii, en Australie et dans les îles Canaries. En Europe, certains Papillons, comme la Vanesse Belle-Dame (Vanessa cardui), entreprennent également d’importantes migrations et traversent couramment la Méditerranée.


Techniques du vol

Machine volante hautement perfectionnée, l’Oiseau peut servir de modèle pour comprendre le mécanisme du vol. Le mouvement de l’organisme doit déterminer deux vecteurs : un vecteur vertical, qui doit compenser la pesanteur, et un vecteur horizontal ou propulseur, qui doit assurer le déplacement de l’organisme. Ces deux composantes sont réalisées par les ailes, moteur proprement dit, mais aussi par l’ensemble du corps, et notamment la queue, qui sert de gouvernail de direction et de profondeur.