Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

virus (suite)

Les virus et la vie

Les virus sont des agents infectieux souvent redoutables. Leur caractère essentiel est le parasitisme cellulaire : le virus peut ou non pénétrer dans les cellules. S’il y pénètre, il peut s’exprimer ou non. Dans quelques cas, il peut rester dans la cellule sans exprimer de pouvoir pathogène, en s’intégrant au génome cellulaire, se multipliant avec lui. Il pourra alors, dans des circonstances particulières, retrouver sa virulence. Le problème de rôle de transformation des cellules est donc posé par la possibilité pour le virus de vivre avec le chromosome cellulaire. L’étude des virus est ici bien proche du problème fondamental de la vie cellulaire.

Problème de l’interférence interféron

La présence d’un virus dans l’organisme ou dans une cellule empêche habituellement la survenue d’une infection par un autre virus. Cette interférence n’est pas spécifique : il peut s’agir du même virus, de virus voisins, voire différents. Le mécanisme responsable est fondé sur la sécrétion, par les cellules atteintes, d’une substance appelée interféron, qui protège les cellules contre une seconde agression virale. L’interféron, cependant, est moins actif « in vivo » qu’« in vitro », et les applications thérapeutiques en sont encore limitées.

P. V.

➙ Cancer / Cellule / Immunologie / Infection / Nucléiques (acides) / Vaccination.

 P. Lépine, les Virus (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961 ; 3e éd., 1966). / P. Lépine et coll., Techniques de laboratoire en virologie humaine (Masson, 1964). / R. Sohier, Diagnostic des maladies à virus (Flammarion, 1964). / G. Cateigne et J. Maurin, Isolement et étude des virus dans l’œuf embryonné et en cultures cellulaires (Éd. la Tourelle, Saint-Mandé, 1965). / G. Moustardier, Virologie médicale (Maloine, 1966).

Vischer (les)

Famille de fondeurs et de sculpteurs allemands, animatrice d’un important atelier à Nuremberg* (xve-xvie s.).


La tradition familiale débute avec Hermann l’Ancien († Nuremberg, 1488), maître fondeur en 1463, auteur des fonts baptismaux de l’église de Wittenberg. Son fils Peter l’Ancien (Nuremberg v. 1460 - id. 1529), est reçu en 1488 dans la gilde des fondeurs ; contemporain du grand sculpteur nurembergeois Adam Krafft (v. 1460 - v. 1508/09), il évolue comme lui d’un art d’imagier gothique narratif et fleuri, marqué par l’influence de la peinture des Pays-Bas, vers une manière plus simple, plus ample, qu’on a pu qualifier d’art Renaissance. Mais sa personnalité propre ne se discerne pas aisément, car il travaille dans une ambiance collective, aidé par ses fils Hermann le Jeune (Nuremberg v. 1486 - id. 1517), Peter le Jeune (Nuremberg 1487 - id. 1528) et Hans (Nuremberg v. 1489 - Leipzig 1550). Un autre fils, Paulus (Nuremberg ? - Mayence 1531), dirige un moment l’entreprise à la mort du père.

L’atelier de Peter Vischer pratique surtout la sculpture funéraire. Son importante production de statues et de plaques tombales gravées se répand dans toute l’Allemagne et jusqu’en Pologne par le canal des transports hanséatiques. On citera le tombeau de l’archevêque Ernest de Saxe pour la cathédrale de Magdeburg, composé d’un sarcophage supportant un gisant et orné de statues d’apôtres et de saints, ou celui de l’évêque Johannes Roth à la cathédrale de Breslau.

Le « mausolée de saint Sebald » (Nuremberg, église Sankt Sebaldus) occupe Peter l’Ancien pendant plus de trente ans, car, s’il y travaille avec ses fils de 1508 à 1519, c’est dès 1488 qu’il en a fourni le premier dessin (Vienne, Académie des beaux-arts). Conçu pour supporter et entourer une châsse en argent du xive s., l’ouvrage, en laiton, déploie un ample baldaquin à colonnettes légères et à coupoles, dont la décoration mêle les allégories chrétiennes et mythologiques. Il témoigne du goût traditionnel des sculpteurs gothiques pour une ornementation précise et variée, encore accentuée ici par la maîtrise technique propre aux bronziers ; mais, dans certaines parties, comme les reliefs illustrant la vie du saint ou les statues d’apôtres adossées aux colonnettes, une inspiration italienne marque sans doute la participation de Peter le Jeune et de Hermann le Jeune. Ceux-ci, en effet, après avoir voyagé en Italie en 1508 et en 1515, introduisent dans l’atelier une connaissance plus directe de la Renaissance transalpine.

Dans le temps où il travaille à ce monument, Peter l’Ancien reçoit la commande de deux grandes statues de bronze, représentant Théodoric et le roi Arthur, pour le mausolée de l’empereur Maximilien dans l’église des franciscains d’Innsbruck. L’atelier Vischer achève en 1513 ces deux œuvres, dont le style, cette fois, doit assez peu à l’art gothique et beaucoup à la Renaissance italienne. Mais, jusqu’à la fin du xvie s., divers sculpteurs compléteront la série des statues des ancêtres de l’empereur veillant autour du sarcophage, selon un programme grandiose qui transpose, en les teintant d’humanisme, certaines conceptions monumentales gothiques.

Parmi les dernières réalisations de Peter l’Ancien figure la grille de la chapelle funéraire des Fugger à Augsbourg — dont le château de Montrotier, en Savoie, conserve certains fragments (reliefs des Combats de centaures et d’hommes sauvages) — et l’épitaphe de Marguerite Tucher à la cathédrale de Ratisbonne (1521), parfois attribuée à Paulus.

La réputation des fils de Peter l’Ancien rayonne longtemps après la mort de celui-ci sur toute l’Europe centrale, et des œuvres notables leur sont dues : ainsi le tombeau de Frédéric le Sage à l’église du château de Wittenberg (1527), par Peter le Jeune, et la fontaine d’Apollon au nouvel hôtel de ville de Nuremberg (1532), par Hans.