Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

vide (suite)

 R. Champeix, Physique et technique des tubes électroniques, t. I : Éléments de technique du vide (Dunod, 1958) ; le Vide (Hachette, 1965). / G. A. Boutry, Physique appliquée aux industries du vide et de l’électronique (Masson, 1962-63, 2 vol. ; nouv. éd., 1971, 3 vol.). / R. W. Roberts et T. A. Vanderslice, Ultrahigh Vacuum and its Applications (Englewood Cliffs, N. J., 1963 ; trad. fr. l’Ultra-vide et ses applications, Dunod, 1966). / D. A. Trendelenburg, Ultrahochvakuum (Karlsruhe, 1963 ; trad. fr. l’Ultra-vide, Gauthier-Villars, 1967). / R. P. Henry, Cours de science et technique du vide (Soc. fr. des ingénieurs et techniciens du vide, 1968-1971 ; 2 vol.). / R. David et A. Richardt, le Vide (Dunod, 1970). / P. Duval, le Vide et ses applications (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1975).


Deux biographies


Wolfgang Gaede,

physicien allemand (Lehe-Wesermünde 1878 - Munich 1945). Il est l’inventeur d’une pompe à vapeur de mercure produisant un vide du millionième de millimètre de mercure (1916).


Otto von Guericke,

physicien allemand (Magdeburg 1602 - Hambourg 1686), bourgmestre de sa ville natale. Il inventa vers 1650 une machine pneumatique qui lui permit de constater que le vide ne transmet pas le son et n’entretient pas la vie. Il mit en évidence la pression atmosphérique par sa célèbre expérience des hémisphères de Magdebourg (1654) et imagina la première machine électrostatique, à globe de soufre.

vie

La vie n’étant pas autre chose que l’ensemble des caractères distinctifs communs aux êtres vivants (animaux et plantes) et qui disparaissent au moment de leur mort, le lecteur trouvera aux articles animal, végétal et mort les éléments d’une description de la vie.


L’étude scientifique de la vie est présentée à l’article biologie. Les limites de la notion d’être vivant sont évoquées au mot virus. Il nous reste donc à tenter ici quelques définitions.


Vivre, c’est assimiler

Seules les structures vivantes sont aptes à remanier plus ou moins profondément d’autres structures, de façon à les rendre semblables à elles-mêmes. À cet égard, une particule de virus, qui détermine une Bactérie à édifier d’autres particules de virus identiques au modèle qu’elle fournit, présente une propriété fondamentale des êtres vivants.

Dans toutes les espèces, l’assimilation* est plus rapide que la désassimilation, de sorte que les individus grandissent et se multiplient. L’expansion vitale de chaque espèce n’est arrêtée que par les frontières physiques du milieu qui lui est favorable, par le manque de nourriture et par la concurrence ou l’hostilité des autres espèces vivant dans le même milieu. La limite est généralement atteinte très rapidement, de sorte qu’on observe surtout des espèces « en état d’équilibre » : chaque individu grandit, mais la masse totale des individus de l’espèce reste constante ou oscille autour d’une moyenne.


Vivre, c’est résister au changement

Tout être vivant possède des dispositifs de régénération ou de cicatrisation qui reconstituent plus ou moins ses parties amputées ou blessées, des processus de régulation qui abritent ses tissus des changements trop brutaux en provenance du milieu extérieur (cf. la notion de « milieu intérieur »), enfin un comportement, lui aussi, régulateur (cf. migration hivernale des Oiseaux vers les régions chaudes). Tout cet ensemble constitue l’homéostasie des systèmes vivants. En contrepartie, tout forçage de l’homéostasie, en particulier chez les animaux supérieurs, peut provoquer la mort, de sorte que Bichat a pu écrire : « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. »


Vivre, c’est édifier et maintenir des structures complexes

De l’échelle de la molécule à celle d’une société d’Insectes, toutes les structures homéostatiques du vivant sont hautement complexes si on les compare à celles d’un cristal ou de tout autre objet inanimé. Un chromosome, par exemple, est un monde de complexité. Le monde vivant a évolué, entre autres directions, vers une complexité croissante du cerveau (Teilhard de Chardin). On a pu dire que la vie était un défi permanent à l’entropie et créer à son propos le terme contraire d’ectropie.


Vivre, c’est être parcouru

Ces structures complexes, tenaces, assimilatrices n’ont nullement pour fondement un stock permanent d’atomes stables. Tout être vivant garde longtemps la même apparence, mais chacun de ses atomes est très souvent remplacé par un autre atome identique. Un courant d’eau, un courant d’oxygène, un courant d’aliments (carbone, azote, phosphore, etc.) traversent chaque organisme animal ou végétal à une vitesse des plus variables, toujours très supérieure à celle de son vieillissement. Le vivant est un chaînon d’une chaîne respiratoire, d’une chaîne alimentaire, etc. Il constitue un point singulier de chaque grand cycle biochimique. Il n’est pas excessif de dire que, dans son ensemble, la biosphère (ensemble du monde vivant ou vivable) tend à constituer elle-même un système structuré et équilibré qui, en tant que totalité, exploite au maximum le monde minéral. D’où la notion de climax, c’est-à-dire d’association végétale et animale capable de réaliser la plus grande masse vivante (biomasse) sur un espace donné pendant une longue période.

Se pose alors le problème de la « vie suspendue ». Un hibernant profond, un être en anhydrobiose totale (graine ou Tardigrade), que ne parcourt aucun courant, qui ni ne boit, ni ne mange, ni n’excrète, ni ne respire, est-il un vivant ? Oui, tant qu’un changement de conditions peut le ramener à la vie active qui avait été la sienne avant son entrée en sommeil. Comment déclarer mort ce qui à coup sûr a été vivant et à coup sûr le redeviendra comme avant, sous certaines conditions assez banales ?


Vivre, c’est descendre d’autres vivants

Cela n’a pas toujours été le cas ; il a bien fallu, à l’origine, une biogenèse. Mais, avant le début des temps fossilifères (600 millions d’années), la vie par voie de reproduction avait déjà, par son succès même, rendu impossible toute biogenèse nouvelle. « Omne vivum ex vivo » disaient déjà anciens. (On a dit de même : « Omne ovum ex ovo ».) Ce principe sera peut-être bientôt transgressé dans quelque laboratoire, mais, à l’heure où paraissent ces lignes, il est resté inviolé depuis ce passé inconnu qu’il est honnête d’appeler la nuit des temps.

H. F.

➙ Animal / Assimilation / Biologie / Mort / Végétal / Virus.