Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

Vichy (gouvernement de) (suite)

 Y. Bouthillier, le Drame de Vichy (Plon, 1950-51 ; 2 vol.). / R. Aron, Histoire de Vichy (Fayard, 1954). / A. D. Hytier, Two Years of French Foreign-Policy, Vichy, 1940-1942 (Droz, Genève, 1959). / G. Willard, De Munich à Vichy. La drôle de guerre (Éd. sociales, 1960 ; 2e éd., 1969). / H. Amouroux, la Vie des Français sous l’occupation (Fayard, 1961). / H. Michel, Vichy, année 40 (Laffont, 1966) ; la Seconde Guerre mondiale (P. U. F., 1968-69 ; 2 vol.) ; Pétain, Laval, Darlan, trois politiques (Flammarion, 1972). / E. Berl, la Fin de la IIIe République. 10 juillet 1940 (Gallimard, 1968). / A. S. Milward, The New Order and the French Economy (Oxford, 1970). / R. O. Paxton, Vichy France : Old Guard and New Order, 1940-1944 (Westminster, Maryland, 1972 ; trad. fr. la France de Vichy, Éd. du Seuil, 1973). / Le Gouvernement de Vichy, 1940-1942. Institutions et politiques (A. Colin, 1972). / De la guerre à la Libération. La France de 1939 à 1945 (Éd. sociales, 1972). / G. Miller, les Pousse-au-jouir du maréchal Pétain (Éd. du Seuil, 1975).

Chronologie du gouvernement de Vichy

1940

22 juin

Armistice franco-allemand de Rethondes.

1er juillet

Le gouvernement s’installe à Vichy.

3 juillet

Mers el-Kébir.

10 juillet

L’Assemblée nationale délègue les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

11 juillet

Trois « actes constitutionnels » (promulgués au Journal officiel du 12 juill.) fondent l’État français.

12 juillet

Acte constitutionnel no 4 (promulgué au Journal officiel du 23 juill.) désignant Laval comme successeur de Pétain.

MINISTÈRE LAVAL

17 juillet

Loi qui permet d’épurer les personnels civils et militaires de l’État.

30 juillet

Création des « Chantiers de jeunesse » (général Paul de La Porte du Theil).

Acte constitutionnel no 5 instituant la « Cour suprême de justice » de Riom.

13 août

Interdiction légale de la franc-maçonnerie.

16 août

Création des comités d’organisation.

29 août

Création de la « Légion française des combattants » (fondateur Xavier Vallat).

3 septembre

Loi sur l’internement administratif.

7 septembre

Weygand, exclu de son poste de ministre de la Défense nationale, est nommé délégué général du gouvernement en Afrique.

3 octobre

Statut des Juifs.

18 octobre

Cession de l’or belge (confié à la Banque de France aux premiers jours de l’invasion) à l’Allemagne. 24 octobre

Entrevue Hitler-Pétain à Montoire.

9 novembre

Dissolution des syndicats ouvriers et patronaux.

1er décembre

Acte constitutionnel no 6 permettant la déchéance des parlementaires.

2 décembre

Création de la « Corporation paysanne ».

13 décembre

Renvoi de Pierre Laval.

14 décembre

MINISTÈRE P. É. FLANDIN

15 décembre

Retour des cendres de l’« Aiglon » à Paris.

1941

24 janvier

Loi créant un « Conseil national » (décret d’application : 22 mars 1941).

27 janvier

Acte constitutionnel no 7 obligeant les hauts fonctionnaires au serment.

9 février

Démission de P. É. Flandin ; Darlan vice-président du Conseil et « dauphin » du maréchal Pétain.

17 février

MINISTÈRE DARLAN

11 mars

Loi américaine du prêt-bail.

1er mai

Fête du Travail.

6 mai

Accord Darlan-Vogl sur l’utilisation des aérodromes syriens par la Luftwaffe.

27 mai

« Protocoles » de Paris (Darlan-Warlimont).

22 juin

Entrée en guerre de l’U. R. S. S.

11 juillet

Création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (L. V. F.).

14 août

Actes constitutionnels nos 8 et 9 : l’obligation du serment est étendue aux magistrats et aux officiers.

4 octobre

Charte du travail.

21 et 22 octobre

Exécution des otages de Nantes, Châteaubriant, Bordeaux et Paris.

18 novembre

Weygand est rappelé d’Afrique.

7 décembre

Pearl Harbor. Entrée en guerre des États-Unis.

1942

19 février - 14 avril

Procès de Riom.

18 avril

MINISTÈRE LAVAL

Darlan devient commandant en chef des forces armées.

22 juin

Discours de P. Laval sur la « relève » : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne... »

16 juillet

La « grande rafle » des Juifs.

11 août

Arrivée à Compiègne du premier train de prisonniers rapatriés au titre de la relève.

4 septembre

Loi d’orientation de la main-d’œuvre au service de l’Allemagne.

8 novembre

Débarquement anglo-américain en Afrique du Nord.

11 novembre

Occupation de la zone libre par la Wehrmacht.

18 novembre

L’Acte constitutionnel no 12 donne les pleins pouvoirs à Laval.

1943

30 janvier

Création de la « Milice » (Joseph Darnand).

16 février

Institution du Service du travail obligatoire (S. T. O.), conséquence de l’échec de la relève.

juillet-septembre

Débarquement anglo-américain en Sicile et en Italie. Chute du fascisme.

30 décembre

Joseph Darnand et Philippe Henriot secrétaires d’État.

1944

10 janvier

Joseph Darnand responsable du maintien de l’ordre.

20 janvier

Les résistants seront jugés par des cours martiales.

30 janvier

Projet de constitution de la République française, signé par Pétain.

16 mars

Marcel Déat secrétaire d’État au Travail.

mars

Action milicienne contre le plateau des Glières (Savoie) et assaut de trois bataillons de la Wehrmacht (26-27 mars).

6 juin

Débarquement anglo-américain en Normandie.

28 juin

Philippe Henriot est tué.

12 juillet

Dernier Conseil des ministres à Vichy.

12 août

Laval libère Édouard Herriot.

18 août

Fin du gouvernement de Vichy.

20 août

Enlèvement de Pétain par les Allemands.

24 août

Libération de Paris.

8-9 septembre

Pétain et Laval en Allemagne, à Sigmaringen.

10 septembre

Abolition de la législation de Vichy.

Vico (Giambattista)

Philosophe et écrivain italien (Naples 1668 - id. 1744).


Les très modestes origines de Vico n’ont pas peu contribué à son « isolement », aussi bien social qu’idéologique. Son père, lui-même d’origine paysanne, tenait une misérable librairie, et sa mère était la fille d’un ouvrier carrossier. Sa formation intellectuelle fut essentiellement celle d’un autodidacte. Sa scolarité est caractérisée par d’éphémères enthousiasmes pour tel ou tel de ses maîtres, suivis de longues périodes de défiance (pendant lesquelles il abandonne l’école purement et simplement) à l’égard de leurs méthodes pédagogiques. C’est ainsi qu’en 1681, dès qu’il a compris qu’il faut « répéter pendant le second semestre ce qu’on a déjà fait au cours du premier », il déserte la deuxième classe de « grammaire » des Jésuites pour se consacrer, tout seul, à l’étude de la logique. Moins de deux ans plus tard, séduit par une conférence académique à laquelle il a assisté par hasard, il se remet à suivre les cours du père jésuite Giuseppe Ricci da Lecce : mais, bientôt lassé par la lenteur de ses arguties métaphysiques, il préfère aborder seul la lecture de Francisco Suárez (1548-1617). Il en fut de même de ses études de droit, fruit presque exclusif de lectures personnelles, si l’on excepte les deux mois de cours que, pendant l’été 1685, Vico suivit auprès d’un voisin, le chanoine Francesco Verde.