Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

aviculture (suite)

Des additifs alimentaires, soumis en France à l’autorisation préalable de la Commission interministérielle et interprofessionnelle de l’alimentation animale, complètent le régime : antibiotiques, facteurs de croissance ou d’équilibre sanitaire à des doses de 10 à 20 mg par kg d’aliment ; antioxygènes stabilisant les matières grasses de la ration ; pigments caroténoïdes assurant une coloration régulière du jaune de l’œuf ou de la peau des volailles ; substances médicamenteuses éventuellement.


La protection sanitaire

Les problèmes sanitaires prennent tout leur relief en production industrielle marginale, où tous les écarts sont durement ressentis du point de vue économique.

L’aviculteur qui ne veut pas prendre de risques est amené à parfaire le contrôle de l’environnement des animaux et à mettre en œuvre une prophylaxie sanitaire et médicale rigoureuse.

La pathologie de l’espèce poule présente trois dominantes : le parasitisme ; les maladies respiratoires, surtout virales ; les leucoses.

Les coccidies parasitent l’intestin des volailles à différents niveaux, provoquant des hémorragies qui entraînent la mort de l’animal non protégé et, dans la pratique courante de l’élevage, une réduction du pouvoir d’assimilation, donc une diminution de la production, cependant que l’animal devient plus réceptif à toutes les formes d’attaque.

Les maladies respiratoires virales doivent faire l’objet d’un plan de vaccination rigoureux, cependant que l’on s’oriente vers la production de poussins indemnes chaque fois qu’il s’agit de germes transmissibles par l’œuf. La maladie de Marek et les leucoses constituent des problèmes préoccupants, et, devant l’impuissance relative des mesures de prophylaxie, le sélectionneur s’efforce de créer des souches résistantes.

La production industrielle de demain paraît devoir être une production d’élevages peuplés à partir d’animaux exempts de germes et à environnement rigoureusement contrôlé, qui sera le fait de très grandes unités, aboutissement du processus actuel de concentration, cependant que diverses formes d’artisanat pourront coexister.

Le commerce international de produits avicoles

Les échanges ne portent que sur des quantités très limitées de produits et n’intéressent qu’un petit nombre de pays.

• Le principal courant vise à approvisionner l’Allemagne fédérale, qui, du fait du régime de préférence communautaire, s’est adressée de moins en moins aux États-Unis et au Danemark, les Pays-Bas étant devenus son principal fournisseur, suivis par la Belgique ; l’Allemagne fédérale a elle-même développé très fortement sa production d’œufs durant les années 60, de sorte que la communauté tend vers l’autosuffisance.

• Les États-Unis, par voie de conséquence, ont vu leurs exportations de poulets vers la communauté passer de 50 000 tonnes à 6 000 tonnes de 1962 à 1969 ; ils ont pu en revanche développer leurs ventes de dindes sur l’Allemagne. Les exportations américaines se portent donc sur les pays les plus divers à travers le monde (Hongkong [ou Xiang gang], Japon, Grèce, etc.).

• La Grande-Bretagne continue à s’approvisionner essentiellement au Danemark.

• Les pays de l’Est maintiennent un bon courant vers l’Allemagne fédérale, l’Autriche, la Suisse et l’Italie.

J. B.

 J. Castaing, Aviculture et petits élevages (J.-B. Baillière, 1964). / K. Fritzsche et E. Gerriets, Maladie des volailles (Vigot, 1965).

Avignon

Ch.-l. du départ. de Vaucluse, sur le Rhône ; 93 024 hab. (Avignonnais).



Situation et site

Avignon occupe une position privilégiée à la jonction du Languedoc (auquel appartiennent Villeneuve-lès-Avignon et Les Angles sur la rive droite du fleuve) et de la Provence. C’est la capitale des pays du Rhône moyen et le centre actif des riches campagnes du Comtat, au carrefour des voies naturelles qui se greffent sur le couloir rhodanien, conduisant vers l’Espagne par l’axe urbain Nîmes-Montpellier, vers Marseille, la Côte d’Azur et l’Italie, vers Lyon et le Bassin parisien. Le confluent de la Durance au sud, les réseaux des voies ferrées et des routes nationales soulignent bien toute la valeur du passage. Mais en fait le Rhône ne constitue pas un trait d’union, il traduit plutôt une barrière fondamentale, héritage de l’histoire, entre le royaume de France et les terres d’Empire ; il est resté longtemps une barrière physique avant d’être aménagé, si bien qu’Avignon s’est cantonné au rôle de ville étape avant de voir s’affirmer sa fonction de nœud de communications.

Le site de la ville résulte de la combinaison de trois éléments majeurs : le fleuve et les îles (Piot, Barthelasse), la plaine basse et marécageuse soumise aux caprices du fleuve et les escarpements calcaires à vocation défensive, servant de refuge contre les divagations du fleuve et les incursions des hommes (le rocher des Doms domine la vallée d’une quarantaine de mètres). Les affleurements rocheux qui ont guidé le cours du Rhône ont fourni les points d’ancrage, et les îles, les relais nécessaires, pour la construction d’un pont, grâce auquel Avignon devait éclipser Arles et Beaucaire en infléchissant vers le nord les courants de trafic entre le bas Languedoc et la Provence.

R. D. et R. F.


Avignon dans l’Antiquité et au Moyen Âge

Agglomération gauloise située en territoire cavare et intégrée sans doute au domaine marseillais au iie s. av. J.-C., Avignon (Avenio) est élevée par Auguste au rang de colonie latine (colonia Avenio).

Incorporée au diocèse de Viennoise à la fin du ive s. apr. J.-C., la ville devient le siège d’un évêché au début du ve s. Victime des invasions barbares, elle tombe tour à tour sous la domination des souverains burgondes (476-508), ostrogoths (508-536) et francs, qui s’en disputent la possession.