Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

Vertébrés (suite)

 P.-P. Grassé (sous la dir. de), Traité de zoologie (Masson, 1950-1974 ; 16 vol. parus). / J.-P. Lehman, l’Évolution des Vertébrés inférieurs (Dunod, 1959). / C. Devillers et P.-P. Grassé, Précis de zoologie, t. II : Vertébrés (Masson, 1965). / C. Devillers, Introduction à l’étude systématique des Vertébrés (Doin, 1973). / Évolution des Vertébrés (C. N. R. S., 1976).

vertige

Sensation erronée de déplacement du corps ou des objets fixes l’environnant, l’un par rapport aux autres.



Signes cliniques

Le déplacement illusoire du vertige peut s’effectuer dans différents plans. Le plus fréquent est le vertige rotatoire, dans lequel les objets environnants paraissent tourner dans un plan horizontal, à la manière d’un manège, mais d’autres types sont possibles : impression de bascule, de translation horizontale ou verticale (ascension ou descente). Le vertige est une sensation ; il doit donc être différencié du déséquilibre, trouble moteur, qui lui est souvent associé. L’intensité des vertiges est sans rapport avec la gravité des lésions causales. Les vertiges s’accompagnent souvent d’un malaise profond et de troubles dont les plus habituels, analogues à ceux que provoque le mal des transports*, sont la pâleur, les nausées, les vomissements, les sueurs, l’angoisse.

Les circonstances d’apparition des vertiges comme leur mode évolutif sont variables avec leur cause. Cette définition neurologique du vertige exclut divers troubles parfois qualifiés du même nom : il en est ainsi des syncopes*, des lipothymies, etc. (v. symptôme). Les sensations vertigineuses ne sont pas rares au cours des grands états anxieux. La distinction la plus importante en pratique est à faire avec certaines manifestations de l’épilepsie* telles que les « absences » ou les « pseudo-absences ».

Les vertiges traduisent un trouble du comportement de l’appareil vestibulaire, spécialisé dans la fonction d’équilibration.


Rappel anatomique

L’appareil vestibulaire comprend des organes récepteurs situés dans le labyrinthe de l’oreille* interne (cavité située dans un os du crâne, le rocher, et contenant les canaux semi-circulaires où les positions de la tête se traduisent par des informations des filets nerveux). Les fibres nerveuses issues de ces récepteurs constituent le nerf vestibulaire, qui se termine dans le tronc cérébral au niveau des noyaux vestibulaires.


Causes des vertiges

Elles sont différentes suivant le niveau d’atteinte des voies vestibulaires.


Les lésions vestibulaires périphériques

Elles sont caractérisées par l’atteinte des récepteurs labyrinthiques et/ou du nerf vestibulaire. Les vertiges sont souvent d’intensité très forte, calmés par l’immobilité, déclenchés ou aggravés par les changements de position. Les affections labyrinthiques sont dominées par les traumatismes (fracture du rocher), les infections de l’oreille (otites), les hémorragies et le syndrome de Ménière. Le syndrome ou vertige de Ménière, de cause obscure (accumulation probable de liquide dans les canaux du labyrinthe), est caractérisé par la survenue brutale, inopinée, de grands accès vertigineux avec pâleur, sueurs, nausées, troubles importants de l’équilibration obligeant à garder le lit, pendant quelques heures ou quelques jours. Il s’y associe souvent des troubles auditifs. Entre les accès, tout trouble peut disparaître ; mais les récidives sont la règle, la surdité ayant tendance à s’aggraver. Le traitement de ce syndrome, assez décevant, utilise les vaso-dilatateurs, certains dérivés de la pipérazine doués de propriétés antiémétisantes et antivertigineuses, et les sédatifs.

Le nerf vestibulaire peut être atteint au cours de certaines infections ou de traitements par certains médicaments, telle la streptomycine.


Les lésions vestibulaires centrales

Elles résultent de l’atteinte des noyaux nerveux vestibulaires du cerveau et/ou des voies nerveuses qui en partent. Elles sont typiquement caractérisées par des vertiges discrets, mais s’accompagnant de grande anxiété. Leurs causes sont multiples : accidents vasculaires (hémorragies, thromboses), sclérose* en plaque, syringomyélie*, tumeurs du tronc cérébral ou du cerveau.

Une atteinte vestibulaire, en général mixte (centrale et périphérique), caractérise les compressions tumorales du nerf vestibulaire, dont la forme la plus fréquente est le neurinome.

C. V.

Vesaas (Tarjei)

Écrivain norvégien (Ytre Vinje, Telemark, 1897 - Oslo 1970).


Son enfance, passée dans la ferme de ses parents, est imprégnée des légendes locales qui comptent parmi les plus belles de toute la Norvège. Après un hiver au collège de Voss, il tâche de se faire un nom dans le monde des lettres, non sans mal. Dès 1929, il s’établit dans sa propre ferme, dans sa région natale, puis il épouse Halldis Moren (elle-même écrivain), en 1934.

Le côté romantique, voire sentimental, de ses premiers écrits, dont De simples hommes (1923), fait bientôt place à plus de réalisme, dans les Chevaux noirs (1928), roman de l’espoir frustré. Le Voyage du père (1930), premier volume d’une tétralogie dont le héros a pour nom Klas Dyregodt, évoque le thème de la lutte entre les forces positives et négatives de la vie ; paraissent ainsi Sigrid Stallbrokk (1931), les Inconnus (1932) et Des cœurs entendent les voix de leur pays (1938). Cependant, avec le Santal (1933), Vesaas touche au cœur du mystère de la vie et de la mort ; le récit, soutenu par l’inéluctable (l’héroïne sait qu’elle doit mourir en accouchant), fait briller la lueur d’espoir liée à la naissance. Le Grand Jeu (1934), puis Des femmes appellent à la maison (1935) retracent l’histoire de Per Bufast, qui d’abord se révolte contre son sort : il sera paysan, mais qui est vite fasciné par son travail au contact de la nature. Ils dépeignent la campagne et les paysans, le rythme rassurant de la vie à la ferme. C’est aussi le sujet principal du recueil de nouvelles l’Argile et la roue (1936).

Toutefois, en 1934, Vesaas exprime déjà sa peur de la guerre dans un drame pacifiste de style expressionniste, Ultimatum ; et, lorsqu’en 1940 il publie son roman le Germe, il est le premier à laisser entrevoir les données nouvelles d’un pays occupé, unissant réalisme et symbolisme. Sur une île paisible, un homme tue une jeune fille dans un moment de folie ; le frère de celle-ci pousse les habitants à poursuivre le meurtrier, qui est lynché sans pitié, et ce n’est qu’ensuite qu’ils se rendent compte comment ils ont été victimes d’une suggestion qui les a conduits à agir aveuglément et se sentent coupables. La Maison dans la nuit (1945), roman allégorique de l’oppresseur et de l’opprimé, donne une image authentique de l’occupation allemande, des différentes attitudes devant les événements et analyse la force et la faiblesse de chacun à l’heure de l’épreuve. Le thème du roman suivant, la Blanchisserie (1946), est encore celui des puissances inconnues qui hantent l’esprit : elles conduisent le héros, Johan Tander, à des actes irréparables ; il les réprouve, mais il est trop tard. Ces romans sont plus proches de l’existentialisme que de la psychanalyse. La Tour (1948) a pour titre le symbole de la conscience : nous portons une tour en nous où s’amassent pensées et actes, qui menace de nous écraser si nous ne nous en rendons pas maîtres. Toutes les nuances du sentiment de culpabilité s’y trouvent analysées. Le Signal (1950) traite des indécis, perdus dans un monde en proie à la confusion : et cela sous forme de voyageurs qui attendent en gare devant un train qui ne part jamais. Moins sombre et plus réaliste, Nuit de printemps (1954) montre comment un jeune garçon et sa sœur aînée, en des circonstances dramatiques, sortent de leur monde d’enfants et entrent dans celui des adultes pour lequel ils sont mûrs à présent.

Deux recueils de nouvelles, les Vents (1952) et Un beau jour (1959), reprennent les thèmes préférés de l’auteur. Le lyrisme de certains portraits alterne avec les études psychologiques et l’emploi des symboles, ce qui donne à ces nouvelles un côté révélateur de l’ensemble de l’œuvre.