Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

verrue (suite)

• Verrues plantaires. Elles siègent avec prédilection aux points d’appui du pied : talon, tête des premier, troisième et cinquième métatarsiens, quoiqu’elles puissent occuper n’importe quelle partie de la sole plantaire. Obligées de proliférer en profondeur en raison de la pression du poids du corps, elles diffèrent totalement des verrues vulgaires quant à l’aspect. Elles ressemblent à un durillon banal. Si l’on abrase à la curette ou au bistouri le chapeau corné qui les coiffe, on découvre un anneau d’hyperkératose qui entoure une lésion blanche et molle criblée de points noirs (section des papilles hypertrophiées). La pression pratiquée juste au centre de la verrue est très douloureuse (douleur exquise). Cette douleur déclenchée par la station debout appuyée, augmentant progressivement, rend la marche de plus en plus pénible, voire impossible. Si la verrue plantaire est le plus souvent unique, les verrues multiples ne sont pas rares. Moins fréquemment peuvent se voir de nombreuses verrues agglomérées en placards cornés simulant des plaques d’hyperkératose. Différentes sont les verrues en « mosaïque » de Montgomery, observables surtout chez les enfants et les adolescents. Multiples, agminées en nappes, elles sont plus petites et beaucoup plus superficielles que les verrues plantaires courantes.


Verrues séborrhéiques

Ce sont des saillies papillaires, arrondies et de dimensions variables (de 5 à 20 mm de diamètre). Leur surface est recouverte d’une couche plus ou moins épaisse de matière sébacée, assez adhérente, de couleur gris jaunâtre ou noirâtre. Sous cet enduit détaché à la curette, on découvre une surface papillaire, grenue, végétante. Les verrues sont molles, le plus souvent sessiles, quelquefois légèrement pédiculées. Généralement en grand nombre, elles siègent sur les flancs, le dos, le cou, les épaules, plus rarement sur le front. Apparaissant habituellement après la quarantaine, elles peuvent exister avant cet âge, et le qualificatif de séniles qu’on leur donne couramment est loin d’être exact. Elles se multiplient avec les années, procédant parfois par poussées. Elles ne dégénèrent pas en cancer et ne sont pas contagieuses. Non virale, leur origine reste imprécise.


Diagnostic

Le diagnostic des verrues vulgaires est facile ; elles ne peuvent se confondre avec le molluscum contagiosum, qui est pédicule, le nævus verruqueux, généralement congénital, la kératose sénile précancéreuse, faite de croûtes adhérentes saignant à l’arrachage. Les verrues planes sont à différencier des papules lichéniennes miroitantes à jour frisant. La douleur « exquise » de la verrue plantaire s’oppose à la douleur diffuse du durillon. Les verrues séborrhéiques sont facilement reconnaissables. Toutefois une verrue isolée peut faire douter d’un nævus pigmentaire ou d’une kératose sénile et nécessiter un examen histologique (v. dermatose).


Traitement

De nombreuses médications internes ont été proposées contre les verrues : teinture de thuya, magnésie calcinée, chlorure de magnésium. La fréquence des échecs nécessite souvent un traitement local. En ce qui concerne les verrues vulgaires, la cautérisation de la verrue la plus ancienne (verrue mère) peut entraîner la disparition des verrues secondes (verrues filles). Elle peut être effectuée avec le formol, le nitrate d’argent. Mais la destruction individuelle est préférable, par galvanocautère, électrocoagulation ou cryothérapie. L’azote liquide est un excellent procédé en milieu hospitalier. Les verrues planes, surtout les verrues faciales, imposent des traitements locaux de grande prudence de crainte de cicatrices : applications prolongées de pommade à la teinture de thuya, électrolyse négative, cryothérapie sans pression. La verrue plantaire est à détruire à la curette sous anesthésie locale. La radiothérapie présente un risque de nécrose ou de radiodermite. Elle est à réserver pour un sujet diabétique ou intolérant aux anesthésiques.

A. C.

versaillaise (musique)

École musicale liée à la présence de la cour royale de France à Versailles.


Après 1672, Louis XIV délaisse Paris, puis Saint-Germain-en-Laye, pour s’installer, en 1682, à Versailles. Le château devient la résidence habituelle de la Cour jusqu’à la Révolution, sauf sous la Régence, de 1715 à 1722. La musique, attribut indispensable des diverses manifestations de la vie de cour, est cultivée par Louis XIV et Louis XV ainsi que par les princes de la maison de France. Versailles sera un actif foyer musical pendant près d’un siècle.

Les différents organes qui composent la Musique du roi — Chapelle, Chambre et Écurie — se sont constitués, du moins les deux derniers, au xvie s. Louis XIV les réorganise et les développe en fonction des services qu’il en attend. Appelés « ordinaires de la musique du roi », les musiciens du roi achètent leurs charges, qui, assimilées à des offices, se transmettent aussi par don ou par survivance ; ils reçoivent des gages correspondant à leurs fonctions.

La musique de la Chapelle est requise pour les nombreuses cérémonies religieuses — offices quotidiens, Te Deum, funérailles — qui jalonnent la vie de cour. Dépendant d’un haut dignitaire ecclésiastique, le maître de la Chapelle, les sous-maîtres, qui servent tour à tour par « quartier », dirigent les chantres, ecclésiastiques et laïques, les enfants de chœur et les symphonistes. Les parties aiguës sont confiées à des castrats italiens. De même, l’orgue de la Chapelle possède quatre titulaires, que Louis XIV choisit lui-même en 1678 à la suite d’un célèbre concours. Sous-maîtres de la Chapelle-musique et organistes doivent aussi composer le répertoire quotidien, fait de grands motets* concertants et de petits motets à voix seule.

Conduite par deux « surintendants » qui alternent dans leurs fonctions, la musique de la Chambre du roi comprend des chanteurs (hommes, femmes et enfants) et des instrumentistes (claveciniste, joueurs de flûte, de théorbe et de viole). Les chanteuses sont entrées officiellement dans la musique royale dès 1652.