Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

Vernet (les) (suite)

À la suite d’un voyage en Algérie en 1835, il devient le chantre de la conquête coloniale : Louis-Philippe lui fait exécuter, pour la galerie des Batailles du château de Versailles, de grandes compositions sur le siège de Constantine. Vernet illustrera aussi la Prise de la smala d’Abd el-Kader (1845), la Bataille de l’Isly (1846), sans compter de nombreuses scènes pittoresques situées en Afrique du Nord. Son rôle de peintre officiel ne pâlit pas avec le second Empire : Vernet fait le portrait de Napoléon III et représente la campagne de Crimée.

Sa réputation, fondée de son vivant sur la précision anecdotique de l’image, le mouvement, un faire porcelaine issu du néo-classicisme, était déjà mise en question avant sa mort, et en particulier par Baudelaire, qui, dans ses Salons, fustige sans pitié le manque d’unité de ses compositions et son penchant à la facilité.

E. P.

 H. Roujon, Horace Vernet (Lafitte, 1913). / F. Ingersoll-Smouse, Joseph Vernet, peintre de marine (Étienne Bignou, 1927 ; 2 vol.).
CATALOGUE D’EXPOSITION. Ph. Conisbee, Joseph Vernet, Londres et Paris, 1976 (musée de la Marine, 1976).

vernis

Préparation non pigmentée composée de liants, de solvants, de diluants et d’adjuvants, capable de donner par application en couche mince un feuil adhérent et dur, lisse, translucide et brillant, doué de propriétés protectrices, décoratives ou techniques particulières.



Composition

Les principaux constituants d’un vernis sont :
— les constituants feuillogènes non volatils, formés essentiellement de résines (naturelles, d’origine végétale, fossile ou de récolte, artificielles, obtenues par modification de substances naturelles, ou synthétiques, obtenues par polycondensation, polyaddition ou polymérisation de composés organiques plus simples), d’huiles siccatives et, éventuellement, de plastifiants (en général des esters lourds de monoacides ou de diacides) ;
— les constituants non feuillogènes volatils, solvants et diluants formant le dilutif comme les hydrocarbures et les hydrocarbures chlorés, les alcools, les cétones, les esters, les éthers, les éthers oxydes, les nitroparaffines, les solvants terpéniques, employés isolément ou sous forme de mélange ;
— divers adjuvants : colorants solubles, siccatifs, agents de matité, antiultraviolet, antiparasitaires, ignifuges, surfactifs, etc.

Un vernis est une solution colloïdale du constituant feuillogène dans le dilutif. Depuis peu, d’autres types de vernis ont fait leur apparition : les vernis en dispersion ou en émulsion, dont l’emploi répond au désir de supprimer ou de réduire les solvants dangereux ou toxiques. On distingue les vernis en dispersion dans un milieu aqueux ou dans un solvant. Ces vernis, à même teneur en extrait sec, sont beaucoup moins visqueux que les vernis constitués de solution colloïdale, ce qui permet d’opérer sur des produits à plus forte teneur en constituants solides et, par conséquent, de réduire la quantité de solvant à évaporer lors du séchage.


Définition et classement des vernis

Un vernis est défini par le nom du liant prédominant qu’il contient et qui lui communique ses propriétés spécifiques. Dans une définition, les termes se rattachant à la finalité ou au procédé de mise en œuvre des vernis sont insuffisants ; pour être licite, une indication de ce genre doit être complétée de la désignation du liant prédominant. De même, un vernis ne saurait être convenablement identifié par la seule indication du solvant. Il ne faut pas dire vernis à l’alcool ou vernis pour parquet, mais préciser vernis à la gomme — laque à l’alcool ou vernis aux résines formophénoliques pour parquet.

Si les vernis peuvent se classer d’après leur emploi ou leur mode d’application, le classement d’après la nature chimique de leur liant est plus intéressant. Actuellement on les classe suivant la nature du liant et de ses constituants filmogènes, qui assurent la formation d’un film sec au cours des phénomènes de séchage et de durcissement du film frais.


Fabrication des vernis

Cette opération prend différents aspects suivant qu’elle se résume à une simple dissolution du constituant feuillogène dans le solvant soit à froid, soit à chaud, ou qu’on procède à une cuisson de certains des constituants feuillogènes, comme les résines dans les huiles, en opérant dans des récipients à chauffage direct ou à chauffage par serpentin ou par double enveloppe pour éviter des surchauffes locales, l’appareil étant muni d’agitateurs efficaces. Elle peut s’effectuer en atmosphère de gaz inerte pour éviter l’oxydation et le jaunissement du vernis. La solution obtenue est amenée à la consistance d’emploi par addition de solvants et de diluants. Enfin, on procède à un tamisage, à une filtration ou à une centrifugation du vernis afin d’éliminer les impuretés et les constituants insuffisamment dissous.


Emplois des vernis

Avec l’apparition des résines synthétiques et l’amélioration des qualités décoratives et protectrices des vernis obtenus avec ces résines, l’utilisation des vernis s’est généralisée dans de nombreuses branches de l’industrie, notamment dans le bâtiment (travaux d’intérieur et d’extérieur), dans l’industrie du bois (meubles, parquets, boiseries extérieures), dans la construction navale, dans l’industrie électrique (vernis isolants), pour la protection des métaux contre la corrosion atmosphérique ou chimique, et la protection de subjectiles les plus divers (papier, cuir, tissu, caoutchouc, plastique).

G. G.

➙ Liants / Matière colorante / Peinture / Résine naturelle / Siccatif / Solvant.

 R. Magnier, L. Cleuet et R. Nebut, Encyclopédie pratique du fabricant de vernis, laques, émaux, peintures (Girardot, 1951-1953 ; 3 vol.). / G. Champetier et H. Rabaté (sous la dir. de). Chimie des peintures, vernis et pigments (Dunod, 1956 ; 2 vol.). / P. Grandou et P. Pastour, Peintures et vernis (Hermann, 1966-1969 ; 2 vol.). / G. Nedey, Peintures et vernis (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1969).