Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

vent (suite)

• En atmosphère perturbée.
Ici, nous excluons les basses latitudes. Dans les très basses couches de l’atmosphère, le vent souffle obliquement, et non parallèlement, par rapport aux isobares, avec lesquelles il fait un angle d’environ 30° sur terre et 10° sur mer, tout en se dirigeant vers les basses pressions. C’est qu’intervient la force de frottement, qui diminue la vitesse du vent. Or, une telle diminution réduit l’intervention de la force de Coriolis et augmente d’autant l’importance de la force antagoniste, celle du gradient de pression (on sait que si la force déviante de Coriolis n’existait pas, les flux, du fait du gradient de pression, s’écouleraient des dômes vers les creux isobariques, perpendiculairement aux isobares).

• Les situations liées à la latitude et à l’altitude.
Aux basses latitudes, où s’estompe l’intervention de la force de Coriolis, la tendance, pour les vents, est également à faire un angle avec les isobares. Entre les tropiques, les cartes isobariques de surface n’ont plus de signification véritable. C’est pourquoi on leur substitue le plus souvent des cartes de lignes de flux.

Nous venons de voir que des modifications interviennent dans l’importance relative des forces avec l’altitude. En général, la force de frottement suscite, dans les très basses couches, des vents relativement faibles et obliques par rapport aux isobares. Abstraction faite des basses latitudes, au-dessus de la couche turbulente, l’importance de la force de Coriolis va croissant ; elle s’accompagne d’une tendance au parallélisme des flux avec les isobares, en même temps qu’à une accélération des vitesses. Celles-ci n’augmentent cependant pas systématiquement avec l’altitude, car intervient alors le jeu complexe des températures et des pressions.

Indiquons encore que l’échelle des phénomènes éclaire le degré d’intervention des forces : la force de Coriolis, dont le rôle est grand à l’échelle synoptique, n’intervient pas aux échelles très fines (brises de terre et brises de mer).


Caractères et mesures du vent

Le vent se caractérise par sa direction, sa vitesse et son degré de turbulence. Le calme représente le cas limite où l’air ne se manifeste par aucun mouvement perceptible (vitesse horaire inférieure à un nœud). Les caractères d’un flux en un lieu donné sont ceux du vent synoptique, ou vent moyen ; ils impliquent plusieurs mesures et non une seule mesure instantanée.


La direction

Elle est celle d’où vient le vent ; un vent d’ouest est un vent qui vient de l’ouest. Elle peut être observée grâce au déplacement des nuages. Elle est mesurée à l’aide d’une girouette et s’exprime en une rose de 32 ou de 36 directions. Dans ce dernier cas, on compte 10° entre deux directions successives. Le nord est à 36 (360°), l’est à 09 (90°), le sud à 18 (180°), l’ouest à 27 (270°) [fig. 5]. La direction est représentée sur les cartes par une hampe qui vient de l’endroit d’où souffle le vent et aboutit au point (station) où cette direction est appréciée.


La vitesse

Elle est obtenue à l’aide d’un anémomètre et peut s’exprimer en mètres par seconde, en kilomètres et nœuds par heure ou à l’aide de l’échelle de Beaufort. Par convention internationale, la vitesse du vent est normalement exprimée en nœuds (par heure). L’échelle de Beaufort est fondée sur une graduation de 0 à 12, les valeurs croissantes exprimant des vitesses croissantes (v. ondes océaniques). Les degrés de cette graduation sont assortis de termes descriptifs et d’une correspondance des vitesses exprimées en m/s, km/h et nœuds (par heure). Par exemple : 5° Beaufort évoquent une « bonne brise » (de 8 à 10,7 m/s ; 29 à 38 km/h ; 17 à 21 nœuds) ; 10°, la tempête (de 24,5 à 28,4 m/s ; 89 à 102 km/h ; 48 à 55 nœuds) ; 12°, l’ouragan (souffle de 32,7 m/s, 118 km/h ou 64 nœuds au minimum). La vitesse est représentée sur les cartes par des barbules et des flammes pleines supportées par la hampe de direction. Une demi-barbule représente 5 nœuds ; une barbule entière, 10 ; une flamme pleine, 50. Dans l’hémisphère Nord, barbules et flammes sont à gauche de la hampe, en tournant le dos à la direction d’où vient le vent ; dans l’hémisphère Sud, à droite (fig. 6).


La turbulence

La régularité du souffle du vent peut être perturbée à la fois dans la vitesse et la direction. L’accélération du vent peut se faire en rafale, brusque renforcement de la vitesse suivi d’une accalmie ou d’un affaiblissement ou aussi grâce à la présence d’un grain, qui dure quelques minutes, donc plus que la rafale.


Les mesures

La hauteur standard de mesure des vents en surface est de 10 mètres au-dessus d’un sol plat et découvert (il ne doit pas y avoir d’obstacles proches du lieu d’observation, capables de modifier l’allure naturelle de l’écoulement de l’air). Mais outre le vent de surface, mesuré en direction et en vitesse, il convient de connaître le vent d’altitude. Plusieurs techniques sont alors employées : l’observation des nuages, l’emploi du ballon captif placé à l’altitude voulue et transportant un anémomètre, l’usage du ballon-pilote, observé directement ou à l’aide d’un théodolite. Mais le ballon-pilote présente l’inconvénient de ne fournir aucune indication dans les nuages et au-dessus, d’où l’utilisation des procédés radioélectriques avec poursuite d’un ballon soit au moyen du radar, soit grâce à un radiothéodolite. Dans ce dernier cas, le ballon emporte un émetteur de radio qui permet de le suivre. L’adjonction au ballon d’un baromètre, d’un thermomètre et d’un hygromètre permet de fournir au sol, pour différentes altitudes, des renseignements complets sur l’état de l’atmosphère. On aboutit ainsi à la radiosonde. Les avions constituent également un moyen d’observation du vent en altitude. Les fusées-sondes sont venues s’ajouter à un ensemble de moyens d’une haute technicité.


Le classement des vents