Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

veine (suite)

Le traitement chirurgical consiste dans l’extirpation des veines déficientes par introduction, après ligature aux deux extrémités, d’un cathéter spécial, ou « stripper », qui permet d’arracher complètement le vaisseau. Cette méthode est devenue de pratique courante, mais, en cas de varices compliquées, elle nécessite des précautions particulières, telle la recherche préalable d’une phlébite profonde par un examen radiologique après injection de substances de contraste dans le réseau veineux du membre atteint (phlébographie).


Phlébite

C’est l’inflammation d’une veine avec formation d’un caillot qui entraîne son oblitération.

La phlébite peut être due à des affections générales (cancers viscéraux, hémopathies malignes, infections diverses), mais les causes les plus fréquentes sont les interventions chirurgicales (surtout celles qui portent sur le bassin), les accouchements, les traumatismes avec ou sans fracture. Le rôle déclenchant essentiel est l’absence d’exercice musculaire, le décubitus forcé.

Les signes de la phlébite sont minimes au début de l’évolution, à la phase dite « de phlébothrombose » : sensibilité à la pression, empâtement des masses musculaires du mollet, douleur provoquée par la flexion dorsale du pied, fièvre discrète avec anxiété, accélération du rythme cardiaque. À un stade plus avancé, dit « de thrombophlébite », le membre est très douloureux, gonflé par un œdème important sur toute son étendue (v. thrombose). Même dans les cas les plus favorables, l’évolution est longue ; la résorption de l’œdème demande plusieurs semaines et les séquelles sont fréquentes : lourdeur à la station debout, œdèmes persistants, troubles trophiques. Mais le risque majeur est la survenue d’une embolie pulmonaire, accident sévère, souvent mortel, parfois foudroyant, dont la fréquence fait toute la gravité des phlébites.

La prévention des phlébites et de leurs embolies exige une surveillance rigoureuse des opérés, des accouchées, de tous les sujets contraints au décubitus prolongé : recherche quotidienne des signes de début de la phlébothrombose et, à la moindre alerte, mise en œuvre du traitement anticoagulant (v. anticoagulants). La mobilisation active et passive, les massages des membres inférieurs et surtout la pratique du lever précoce des opérés ont fait considérablement diminuer le nombre des phlébites. Lorsque la mobilisation précoce est impossible (fractures du membre inférieur par exemple), le traitement anticoagulant systématique apporte une grande sécurité. Néanmoins, malgré toutes les précautions, l’embolie pulmonaire demeure un risque imprévisible redouté de tous les chirurgiens.

P. D.

➙ Circulation.

 C. Olivier, Maladies des veines, diagnostic et traitement (Masson, 1957).

Vélasquez

En esp. Diego Velázquez de Silva, peintre espagnol (Séville 1599 - Madrid 1660).



La vie

Diego Velázquez est fils d’un Portugais, Juan Rodrígues de Silva, d’une famille de petite noblesse venue de Porto à Séville, et d’une mère andalouse, Jerónima Velázquez, dont il adoptera le nom en première ligne. Les épisodes qui rythment sa carrière et l’ordonnent, en gros, en quatre périodes, sont sa transplantation de Séville à la Cour (1623) et les deux séjours en Italie (1629-30 et 1649-1651).

Une vocation précoce le fait entrer à douze ans dans l’atelier de Francisco Pacheco (1564-1654), bon peintre de second plan flottant entre le maniérisme en vogue à Séville à la fin du xvie s. et un réalisme encore timide, mais excellent professeur, écrivain et humaniste : Vélasquez lui devra une culture bien rare chez les peintres espagnols. L’adolescent, devenu l’élève préféré de Pacheco, passe brillamment en 1617 l’examen de maître peintre et, l’année suivante, épouse Juana Pacheco, qui lui donne bientôt deux filles et lui assurera un foyer constamment heureux.

Admirateur de son gendre, dont le succès est rapide comme peintre de bodegones autant que de sujets religieux, Pacheco profite de la faveur d’un Andalou, le comte-duc d’Olivares, auprès du nouveau roi, Philippe IV, pour envoyer Vélasquez tenter sa chance à Madrid. Un premier voyage, en 1622, lui assure des contacts précieux ; il fait alors le portrait du poète Góngora. L’été suivant, le comte-duc l’ayant appelé avec son beau-père, il obtient de faire le portrait du roi, qui d’emblée se l’attache comme peintre de la Chambre. Un portrait équestre de Philippe IV, exposé à l’entrée de la calle Mayor en 1625, lui vaut un succès triomphal ; en 1627, sa victoire sur les peintres chevronnés de la Cour (tel Vicente Carducho [1576-1638]) dans le concours qui doit célébrer l’expulsion des Morisques par Philippe III (tableau perdu dans l’incendie du palais royal en 1734) désarme les envieux et achève de le mettre hors de pair : il reçoit le titre d’« huissier de la Chambre », le premier d’un cursus honorum qui lui assurera une carrière de fonctionnaire du palais parallèle à celle de peintre, et non moins brillante. Le roi lui accorde un logement à l’Alcázar, avec un atelier où il vient presque chaque jour le voir peindre. Lorsque Rubens* vient à Madrid en mission diplomatique (1628), c’est Vélasquez qui l’accompagne à l’Escorial et, seul entre les peintres madrilènes, gagne son amitié ; et c’est Rubens qui le presse d’aller étudier sur place les maîtres italiens.

Mis en congé par Philippe IV, voyageant officieusement comme « favori du roi », Vélasquez s’embarque à Barcelone en août 1629. Ses étapes principales sont Gênes, Milan, Venise, Rome, où il loge au Vatican, puis à la Villa Médicis, Naples, où il rend visite à son aîné Ribera*. Rentré à la fin de 1630, ses activités officielles ne font que croître. Tandis que sa fille aînée épouse en 1633 son assistant, Juan Bautista Martínez del Mazo (v. 1612-1667), il dirige de 1634 à 1636 la décoration du « salon des Royaumes » au nouveau palais du Retiro, puis celle du pavillon de chasse de la Torre de la Parada dans la forêt du Pardo. Nommé en 1643 super-intendente de obras reales, il devient le conservateur de toutes les collections royales.