Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

Vatican (deuxième concile du) (suite)

La principale caractéristique du deuxième concile du Vatican est l’importance et l’efficacité de son prolongement ; on a même pu dire que l’esprit de ce concile a bouleversé profondément la mentalité des catholiques, en les incitant à être beaucoup plus attentifs aux courants de pensée contemporains et, tout en les rendant beaucoup plus exigeants quant à la manière de vivre leur foi, en les amenant à la tolérance et à la compréhension vis-à-vis des incroyants.

Pour contribuer à la mise en œuvre des décisions et des orientations du concile, plusieurs organismes sont restés en place : le Secrétariat pour l’unité des chrétiens (1963) ; le Conseil pour l’application de la Constitution sur la liturgie (1964) ; le Conseil pour les communications sociales (1964) ; le Secrétariat pour les non-chrétiens (1964) ; le Secrétariat pour les non-croyants (1965). D’autres organismes sont mis en place dans les années suivantes. Mais le prolongement le plus important du second concile du Vatican reste le synode épiscopal — véritable concile en réduction —, dont la première session a lieu à Rome en 1967 et a été suivie, après une session extraordinaire en 1969, d’une seconde en 1971 et d’une troisième en 1974.

P. P.

 K. Barth, Réflexions sur le deuxième concile du Vatican (trad. de l’allem., Labor et Fides, Genève, 1963). / Y. Congar, Vatican II, le concile au jour le jour (Éd. du Cerf, 1963-1966 ; 4 vol.). / H. Küng, Kirche im Konzil (Fribourg-en-Brisgau, 1963 ; trad. fr. le Concile, épreuve de l’Église, Éd. du Seuil, 1963). / R. Caporale, Vatican II, Last of the Councils (Baltimore, 1964 ; trad. fr. les Hommes du concile, Éd. du Cerf, 1965). / C. Falconi, Documents secrets du concile (Éd. du Rocher, Monaco, 1965). / R. Garaudy, De l’anathème au dialogue. Un marxiste s’adresse au concile (Plon, 1965). / O. Karrer, Das zweite vatikanische Konzil (Munich, 1966 ; trad. fr. Ouvertures œcuméniques de Vatican II, Spes, 1969). / Les Actes du concile Vatican II (Éd. du Cerf, 1966). / G. Martelet, les Idées maîtresses de Vatican II. Initiation à l’esprit du concile (Desclée De Brouwer, 1967). / Le Concile vu par les observateurs luthériens, t. II : Rome nous interpelle (Delachaux et Niestlé, 1967). / A. Casanova, Vatican II et l’évolution de l’Église (Éd. Sociales, 1969). / Vatican II. Pour construire l’Église nouvelle (Éd. du Cerf, 1969). / P. Levillain, la Mécanique politique de Vatican II (Beauchesne, 1975).

Vauban (Sébastien Le Prestre de)

Maréchal de France (Saint-Léger-Vauban, Nivernais, 1633 - Paris 1707).


Issu de la petite noblesse du Morvan, il se trouve orphelin à dix ans, et l’héritage de ses parents était si mince qu’il sera élevé par un curé de campagne ; en 1651 l’un des officiers du régiment de Condé* accepte de l’enrôler. En 1653, Vauban participe au siège de Sainte-Menehould : c’est le premier des nombreux sièges auxquels il prendra part.

La conduite de la guerre exige alors de prendre ou de défendre des places fortes, car les armées sont tributaires des convois transportant leurs canons, leurs bagages et leur ravitaillement ; or, les axes routiers sont rares et, comme ils sont jalonnés par des villes plus ou moins fortifiées, il faut s’emparer de ces dernières quand on pénètre en territoire ennemi et les disputer à l’adversaire quand on est réduit à la défensive.

La possession des villes constitue d’autre part la prise de gages territoriaux en vue des futures négociations de paix. Vauban est donc présent à la plupart des sièges ; il en conçoit souvent les plans et participe à leur exécution. Revêtu alors de la cuirasse de tranchée et coiffé du casque rond des sapeurs, il surveille l’avancement des travaux d’approche et s’expose au feu des bastions qu’on va aborder. Il verra tomber beaucoup d’hommes à ses côtés et ressentira vivement l’amertume de voir disparaître nombre de ses subordonnés. Il cherche donc à diminuer les pertes en perfectionnant les méthodes d’attaque et notamment le tir de l’artillerie. C’est ainsi qu’on lui doit l’usage du tir à ricochet, qui permettait aux boulets de prendre d’enfilade des alignements des remparts ennemis. Vauban généralise d’autre part l’emploi de la grenade et des pétards pour la dernière phase des sièges, et il dote l’infanterie de la baïonnette pour l’assaut final. Enfin, on lui est redevable d’améliorations dans le fonctionnement des ravitaillements et des réquisitions.

La prise des villes n’est pas cependant le seul mérite de Vauban : pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg, celui-ci remporte une victoire sur les côtes bretonnes en repoussant un débarquement anglais dans la baie de Camaret le 18 juin 1694. La défense des côtes retient aussi son attention, et Vauban fait plusieurs fois une reconnaissance attentive du littoral.

De nombreux rapports attestent d’ailleurs un sens profond de la stratégie, car Vauban sait discerner les axes éventuels d’invasion, les positions qu’il faut tenir, les grands accidents du relief qui doivent être maîtrisés et aussi les portions du littoral qu’il convient de contrôler ou seulement de surveiller.

Élevé par Louis XIV au grade de commissaire général des fortifications (1678), Vauban est reconnu comme « plus habile et plus entendu qu’aucun ingénieur qui ait jamais été en France ». Certes, il n’apporte pas de grandes innovations dans les techniques de la fortification*, mais il sait plier ces techniques aux problèmes que lui posent chaque fois le terrain et les conditions locales. Parcourant inlassablement les frontières, revenant parfois à son château de Bazoches pour mettre au point les plans qu’un bureau de dessin ajustait, il dirige des travaux dans 300 places, dont 33 sont construites ex nihilo, tandis que les autres sont plus ou moins remaniées.

Ses premières réalisations sont les deux citadelles de Lille et d’Arras, dont la construction est entreprise après 1668. Elles sont un premier exemple d’une géométrie savante, mais Vauban y manifeste déjà son sens de l’urbanisme : les casernements, la chapelle, l’hôtel du gouverneur, les magasins, l’arsenal, le moulin répondent à la fois aux impératifs de la technique et aux exigences de l’esthétique, tandis que les portes atteignent par leur décoration somptueuse la majesté des arcs de triomphe. Cet ensemble architectural s’ordonne harmonieusement sur les cinq côtés d’une cour aux dimensions d’une esplanade.