Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

vassalité (suite)

vassalus, doublet du mot vassus, formé sans doute sur l’adjectif celtique dérivé de gwas. Le mot vassalus, dont dérive le vocable français vassal, désigne, à partir du xe s. en France et du xie s. en Allemagne, un homme dont la dépendance personnelle à l’égard d’un dominus est consacrée par la prestation de l’hommage et d’un serment de foi à ce dernier, qui, en échange, lui remet un bien : le fief, ainsi nommé depuis la fin du ixe s.

vassus, terme dérivé du mot celtique gwas, latinisé très tôt et signifiant « jeune garçon », « serviteur ». Il désigne un esclave dans la Gaule mérovingienne selon la lex salica, qui date du début du vie s. S’il garde ce sens jusqu’au viiie s., il en acquiert un autre dès le viie s. : celui d’homme libre en état de dépendance, ainsi que l’attestent certains textes de la lex Alamannorum et de la lex Bajuvariorum.

vassus casatus, littéralement « vassal chasé », c’est-à-dire vassal royal qui obtient des souverains carolingiens un bénéfice en général prélevé sur les domaines des anciens souverains ou sur ceux des rebelles dans les pays récemment conquis : Aquitaine, Italie, Bavière, etc.

vassus ou vassalus dominici, littéralement « vassal du seigneur » ; en fait « vassal du seigneur roi », jouissant d’une considération particulière, parfois qualifiée d’« honor » en raison de l’importance des hautes fonctions politiques, judiciaires et administratives qui lui sont généralement confiées par les souverains carolingiens. S’il ne réside pas à proximité du palais royal, il prête serment au souverain entre les mains des missi dominici.

vassus pauperior, littéralement « vassal pauvre », expression par laquelle les Annales de Lorsch désignent dédaigneusement au début du ixe s. le vassal entretenu par le roi au palais et donc non chasé.

vassus regalis, littéralement « vassal royal » ; en fait « vassus dominici », « chasé » (casatus) dans une partie du royaume, mais non titulaire d’honores (fonction publique). Soutenant avec vigueur, au ixe s. et au début du xe, les rois contre les prétentions des potentats locaux (ducs, marquis, comtes), les vassi regales sont généralement médiatisés par ces derniers au xe s.

P. T.

➙ Capétiens / Carolingiens / Charlemagne / Charles II le Chauve / Féodalité / Louis Ier le Pieux / Mérovingiens.

 P. Guilhiermoz, Essai sur l’origine de la noblesse en France au Moyen Âge (A. Picard, 1902). / Recueils de la Société Jean Bodin, les Liens de vassalité et les immunités (Libr. encyclopédique, Bruxelles, 1936 ; 2e éd., 1959). / M. Bloch, la Société féodale (A. Michel, coll. « Évolution de l’humanité », 1939-40 ; nouv. éd., 1968, 2 vol.). / F. L. Ganshof, Qu’est-ce que la féodalité ? (Office de publicité, Bruxelles, 1944 ; 4e éd., Presses universitaires de Bruxelles, 1968). / G. Duby, la Société aux xie et xiie siècles dans la région mâconnaise (A. Colin, 1954). / R. Coulborn (sous la dir. de), Feudalism in History (Princeton, 1956 ; nouv. éd., 1965). / R. Boutruche, Seigneurie et féodalité (Aubier, 1959-1970 ; 2 vol.). / G. Fourquin, Seigneurie et féodalité au Moyen Âge (P. U. F., 1970).

Vatican (État de la cité du)

État souverain dont le pape est le chef, constitué à la suite des accords du Latran (11 févr. 1929).


Pendant des siècles capitale d’un État temporel (v. États de l’Église), le Vatican a vécu sous une situation de violence depuis le 20 septembre 1870, date de la prise de Rome, au 11 février 1929, date à laquelle le cardinal Pietro Gaspard, au nom du pape Pie XI, et le chef du gouvernement italien, Benito Mussolini, signaient les accords du Latran. Cet acte créait l’État de la cité du Vatican « pour assurer au Saint-Siège l’indépendance absolue et visible, avec une souveraineté indiscutable, garantie même dans le domaine international ».


La cité du Vatican

Avec son réalisme lombard, Pie XI, le jour même de la signature des accords du Latran, expliquait aux curés de Rome qu’il avait demandé un minimum nécessaire : « Parce qu’une certaine souveraineté territoriale est la condition universellement reconnue comme indispensable à toute véritable souveraineté de juridiction ; c’est-à-dire au moins la portion de territoire qui suffit comme support de la souveraineté, cette portion de territoire sans laquelle elle ne pourrait subsister, parce qu’elle n’aurait pas où se poser [...]. Il nous plaît de voir le domaine foncier réduit à de si minimes proportions qu’il puisse et doive lui-même être considéré comme spiritualisé par l’immense, sublime et vraiment divine puissance spirituelle qu’il est destiné à soutenir et à servir. »

Constitué de 44 ha, le territoire de la cité du Vatican est le plus petit État du monde. C’est, pour l’essentiel, la place et la basilique Saint-Pierre, les jardins et le palais qui s’étagent sur les pentes de la colline. L’ensemble est entouré de murs que l’on peut franchir en quatre points d’accès : la porte de bronze, qui est l’entrée du palais ; l’arc des cloches, situé à gauche de la façade de la basilique ; la porte Sainte-Anne, qui ouvre sur les services ; l’entrée des musées du Vatican. La place est librement accessible, sauf pendant les sessions conciliaires et les visites officielles de chefs d’État, et sa police est confiée d’un commun accord, pour des raisons de nécessité, au gouvernement italien. Les résidents sont au nombre de 684, dont 358 seulement jouissent de la citoyenneté, qui n’est pas l’expression de l’appartenance à une communauté nationale, mais la reconnaissance d’un statut particulier lié à l’exercice d’une fonction au service du Saint-Siège. La citoyenneté a donc un caractère provisoire et ne se substitue pas à la nationalité d’origine.


Organisation temporelle

Le Vatican est actuellement régi par une loi de Paul VI* publiée par les Acta apostolicae Sedis le 24 juin 1969.

Le pape exerce son pouvoir législatif et exécutif, dont il est seul et souverain détenteur, par l’intermédiaire d’une commission de cardinaux nommés par lui pour cinq ans et dont le président est son cardinal secrétaire d’État.