Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

variole (suite)

Traitement

Le varioleux est isolé, mais la thérapeutique ne peut être que symptomatique. Les antibiotiques ne servent qu’à éviter les surinfections, car ils n’agissent pas sur le virus.

La prophylaxie est assurée par l’isolement et la désinfection, et surtout par la vaccination*.

En cas de contage, ou en période d’endémie, il est possible d’utiliser les gammaglobulines hyperimmunes ou surtout la méthyzazone, qui est très efficace en prévention, mais n’agit pas dans la variole déclarée.

P. V.

 J. Boyer et A. Roussel, Épidémiologie et prophylaxie de la variole (Institut national d’hygiène, Auteuil, 1962).

Varsovie

En polon. Warszawa, capit. de la Pologne ; 1 326 000 hab.


Varsovie est située en Pologne centrale, au cœur de la province de Mazovie. Elle fut de tout temps un carrefour de grandes routes terrestres, nord-sud (l’axe de la Vistule) et ouest-est (la route de Berlin à Moscou) ; ces deux axes sont encore matérialisés dans la ville contemporaine.

Le site est classique en Europe orientale. La ville s’étend le long de la Vistule, fleuve navigable pour de petites embarcations ; sa majeure partie occupe une terrasse sur la rive gauche, qui domine le fleuve par un coteau d’une trentaine de mètres ; les quartiers de la rive droite sont moins étendus en superficie et en population. Comme Prague et Budapest, Varsovie est une ville dissymétrique.

A. B.


L’évolution historique


Les origines médiévales

Petit village établi sur un coteau dominant la rive gauche de la Vistule, contrôlant de ce fait le pont qui franchit le fleuve, Varsovie est mentionnée en 1289 en tant que centre urbain ; c’est la résidence des ducs de Mazovie, qui y édifient leur château et la soumettent au droit allemand. La ville médiévale est bâtie au milieu de marais, près d’un petit port fluvial et d’un village de pêcheurs. Menacée par l’ordre Teutonique en 1339, elle est épargnée en vertu du compromis négocié en 1343 par le roi de Pologne Casimir III le Grand, à qui elle rend hommage en 1351.

Incendiée en 1431, la Vieille Ville (Stare Miasto) est reconstruite en pierre, et la Nouvelle Ville surgit alors (Nowe Miasto) à l’ouest de la première. Varsovie est bien située — au carrefour de la voie fluviale sud-nord Cracovie-Gdańsk et de la voie terrestre ouest-est reliant l’Allemagne à la Russie — et profite alors de l’essor de la Grande-Pologne : exportations de céréales et, subsidiairement, de bois ; déplacement du centre de gravité du royaume vers le nord. Pourtant, malgré la présence d’une population marchande d’origine allemande très active, la ville ne peut pas rivaliser économiquement avec Poznań, mieux située et moins unidirectionnelle.


La capitale du royaume de Pologne indépendant

Varsovie, qui est réunie à la couronne en 1526, après la mort du dernier duc de Mazovie, bénéficie de la conclusion de l’Union polono-lituanienne de Lublin le 1er juillet 1569. Située au cœur de la « République » nobiliaire, alors instaurée, elle en devient le principal centre politique. À la mort de Sigismond II Auguste en 1572, elle est le siège de la diète dite « de convocation » : décidant que, désormais, tous les nobles prendront part à l’élection du souverain, celle-ci élabore, en outre, la Confédération de Varsovie, paix perpétuelle inter dissidentes de religione, c’est-à-dire entre les protestants et les catholiques, parmi lesquels l’évêque de Warmie, Stanislaus Hosius (Stanisław Hozjusz, 1504-1579), prône l’esprit de la Contre-Réforme. Enfin, l’élection comme roi de Pologne de Sigismond III Vasa (1587-1632) et surtout son avènement au trône de Suède en 1592 entraînent en 1596 le transfert de la capitale à Varsovie, plus proche de la Baltique.

Entre 1621 et 1624, la ville est protégée par de nouvelles fortifications. Elle est pourtant occupée par le roi de Suède, Charles X Gustave, en 1655 ; reconquise par le roi de Pologne Jean II Casimir en 1657, elle est traversée en 1701 par un autre Suédois, Charles XII, en lutte contre Auguste II le Fort, Électeur de Saxe devenu roi de Pologne. Réunissant le Sénat et la noblesse (szlachta), une nouvelle Confédération de Varsovie dépose ce souverain en 1704 et accepte le candidat du roi de Suède, le palatin de Posnanie, Stanislas Ier Leszczyński. Occupée après Poltava par le tsar de Russie, Pierre le Grand, qui y restaure en 1709 Auguste II, victime de la peste de 1709, Varsovie compte alors moins de 20 000 habitants. Mais elle est favorisée par une forte immigration d’Allemands, de Français et d’Italiens, et bénéficie d’un important flux de capitaux ; elle est en outre le centre du renouveau intellectuel, que marque en 1740 l’ouverture du Collegium nobilium par le père Stanisław Konarski (1700-1773). Elle devient une ville de 80 000 habitants, au sein desquels une active bourgeoisie obtient alors d’importants droits politiques. De nombreux travaux d’urbanisme soulignent d’ailleurs cette réussite sous le règne de Stanislas II Auguste Poniatowski, élu en septembre 1764 dans cette ville occupée une nouvelle fois par l’armée russe. Celle-ci y revient en 1792 pour imposer la dictature de Stanisław Szczęsny Potocki (1751-1805), destinée à briser la révolution urbaine inaugurée en 1789 par le président de la ville, Jan Dekert (1738-1790), qui y avait réuni les délégués de 141 cités royales et autorisé la « procession noire » des bourgeois de la capitale. En réalité, cette occupation est le prélude au deuxième partage de la Pologne de 1793. Chassant en deux jours la garnison russe (17-18 avr. 1794), l’insurrection de Varsovie est prise en main par Kościuszko*, qui résiste pendant un mois et demi aux Russes et aux Prussiens. Mais, après la défaite de Maciejowice le 10 octobre, la ville tombe entre les mains des Russes, qui détruisent le faubourg de Praga le 4 novembre 1794.


Sous l’occupation étrangère (1794-1918)