Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
V

Vannes (suite)

Malgré l’essor du secteur industriel (41,5 p. 100 d’accroissement entre 1962 et 1968), le secteur secondaire n’occupe encore que 20 p. 100 des travailleurs. Vannes reste traditionnellement une ville tertiaire : une ville administrative (25 p. 100 de la population active) avec des fonctions de préfecture, la plus importante ville de garnison de l’armée de terre en Bretagne, une petite cité universitaire (I. U. T., École de droit) et surtout un centre commerçant, riche de 600 établissements et dont l’influence s’exerce sur 35 communes environnantes. La vocation touristique est ancienne ; au cœur d’une région qui triple ou quadruple sa population l’été, Vannes attire par le charme de ses vieux quartiers, aux ruelles pittoresques, par les promenades agréables de la Rabine, au long du chenal, ou de la Garenne, d’où la vue est magnifique sur les remparts et les jardins. Bientôt, le port, abandonné par les navires de commerce, mais réaménagé, sera un havre recherché par les plaisanciers, qui apprécient déjà le plan d’eau du golfe.

Ainsi change peu à peu l’image de marque de la ville, qui, en favorisant l’implantation de l’industrie et en développant ses activités tertiaires, non seulement assure son avenir, mais encore rééquilibre une région agricole en mutation.

N. P.

➙ Bretagne / Morbihan.

Van Orley (Bernard)

Peintre flamand (Bruxelles v. 1488 - id. 1541).


Il a probablement été l’élève de son père, le peintre Valentin Van Orley. En 1518, succédant à Iacopo de’Barbari (v. 1445 - v. 1516), Bernard (ou Barend) Van Orley devient peintre de Marguerite d’Autriche, qui a fait de sa cour de Malines un foyer d’humanisme où brille Jean Lemaire de Belges (1473 - v. 1515), ce précurseur de la Pléiade. Amie d’Érasme, elle partage ses idées tolérantes, et c’est grâce à son intervention que Van Orley échappa à l’Inquisition. Après la mort de Marguerite d’Autriche, en 1530, il reste, jusqu’à son décès, peintre de la cour de Marie de Habsbourg, la sœur de Charles Quint.

Van Orley appartient — avec Gossart* et Lucas* de Leyde — à cette première génération de peintres dits « romanistes », qui, très impressionnés par les maîtres italiens de la Renaissance, unissent le style de la scuola nuova à celui, traditionnel et minutieux, de la Flandre ; après 1520, il se dégage d’une certaine raideur gothique et crée l’illusion de l’espace, notamment par de nombreux détails d’architecture.

Peintre de sujets religieux, portraitiste et surtout excellent cartonnier de tapisseries et de vitraux, Van Orley réalise de vastes compositions où la fougue et le dynasmisme l’emportent sur la sérénité, au détriment parfois de l’esprit de synthèse ou de l’ordonnance de l’œuvre (retable de 1521, les Épreuves de Job, musées royaux des Beaux-Arts, Bruxelles). Mais peu à peu, malgré l’attitude tourmentée des personnages, l’harmonie et la puissance dominent (le Jugement dernier, 1525, musée d’Anvers).

Selon Carel Van Mander, il dorait ses panneaux pour obtenir des ciels transparents. Cependant, les couleurs gardent une certaine dureté. Il est plus à l’aise dans le portrait, où il ne s’écarte guère de la tradition de ses devanciers (portrait de Marguerite d’Autriche, musée du Louvre). Il réalise plusieurs cartons pour des vitraux, dont certains, aux coloris harmonieux, sont conservés dans la cathédrale Saint-Michel à Bruxelles.

On ignore s’il fait le voyage d’Italie, mais il est profondément marqué par les cartons d’une tenture de Raphaël* (les Actes des Apôtres, destinés à la chapelle Sixtine) tissée à Bruxelles* entre 1517 et 1519. De magnifiques tapisseries sont réalisées dans les ateliers bruxellois d’après les cartons de Van Orley : les quatre pièces de la Légende de Notre-Dame du Sablon (1518, musée d’Art et d’Histoire, Bruxelles), les sept pièces de la Bataille, de Pavie (musée de Naples) et les douze des Chasses dites de Maximilien (1521-1530, musée du Louvre). Ces dernières sont probablement une commande royale, où Van Orley s’affirme par un accent personnel. La composition est claire ; un souci de perspective, inconnu des cartonniers anciens, apparaît. Les personnages habitent le paysage, qui n’est plus réduit à un simple fond : on reconnaît les sites magnifiques des environs de Bruxelles (forêt de Soignes, bois de la Cambre). L’artiste unit ici ses dons flamands d’habile observateur de la nature à sa parfaite connaissance de l’esprit antiquisant de l’époque. Ces tapisseries n’imitent pas la peinture ; elles sont l’expression parfaitement adéquate d’une autre discipline.

Esprit curieux et artiste prodigieusement fécond, Van Orley, en ce premier quart du xvie s., est l’une des figures dominantes du maniérisme* dans les pays du Nord.

R. A. et A. B.

 A. Wauters, Bernard Van Orley (Librairie de l’art, 1893). / S. Pierron et A. Houtart, les Belles Chasses de Maximilien, tapisseries de Bruxelles (Impr. Van Buggenhoudt, Bruxelles, 1923). / M. J. Friedländer, Die altniderländisches Malerei, t. VIII (Berlin, 1930). / Bernard Van Orley, 1488-1541 (Dessart, Bruxelles, 1943). / M. Crick-Kuntziger, la Tenture de l’histoire de Jacob d’après B. Van Orley (Anvers, 1955). / E. J. Holm, Pieter Bruegel und Bernart Van Orley (Hambourg, 1964).

Van Ostade (les)

Famille d’artistes néerlandais, illustrée par l’activité de deux frères : adriaen et isaac.



Adriaen Van Ostade

(Haarlem 1610 - id. 1685). L’un des peintres hollandais de genre les plus populaires, toute sa vie se passe à Haarlem*. Il entre en 1627 dans l’atelier de Frans Hals* et, en 1634, il est membre de la gilde des peintres de sa ville natale ; il en devient doyen en 1662. Il a laissé près d’un millier de tableaux, souvent signés et datés, ainsi que de nombreuses gravures et des dessins de qualité, parfois rehaussés d’aquarelle ; on connaît des sujets qu’il a traités dans les trois techniques. De temps en temps, il a dessiné avec verve les petits personnages qui peuplent les œuvres de ses confrères Jacob Van Ruysdael* ou Jan Vermeer de Haarlem (1628-1691).