Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

utérus (suite)

L’expulsion des annexes fœtales se produit après l’accouchement et dure de une à huit heures chez la Vache et la Brebis, et de une à trois heures chez la Jument. L’utérus vidé de son contenu reprend alors sa forme et sa dimension primitives, et restaure son endomètre. Sa structure normale est rétablie au bout de vingt-cinq jours chez la Jument, de trente jours chez la Vache et la Brebis. La plupart des femelles des animaux sauvages mangent l’arrière-faix, c’est-à-dire le placenta fœtal et les annexes embryonnaires.

P. B.


L’utérus de la femme

Muscle creux en forme de poire, l’utérus est situé dans le petit bassin et constitue avec les trompes, les ovaires et le vagin, les organes génitaux internes de la femme.

Son rôle est de recueillir l’œuf fécondé et d’assurer la gestation. En l’absence de fécondation, le renouvellement de la muqueuse utérine correspond à la fonction de menstruation (les règles).

L’utérus se forme, chez l’embryon femelle, par l’accolement des deux canaux de Müller, suivi de la résorption de la cloison interne.


Anatomie

On distingue à l’utérus trois parties : le corps utérin, triangulaire, aplati, dont les angles se continuent par les trompes ; le col utérin, cylindrique, étroit, faisant saillie dans le vagin, sous le nom de « museau de tanche » ; l’isthme, qui unit le col et le corps.

L’utérus est relié aux parois du bassin par les ligaments larges, les ligaments ronds et les ligaments utéro-sacrés. Normalement, il est basculé en avant par rapport au vagin (antéversion) et plié en avant (antéflexion).

Sa paroi, épaisse de près de 1 cm, est constituée de trois tuniques : la tunique séreuse, péritonéale, qui recouvre tous les organes abdominaux ; la tunique musculaire, ou myomètre, faite de deux couches longitudinales séparées par une couche circulaire ; la tunique muqueuse, ou endomètre, faite d’un épithélium cylindrique cilié, à une seule couche de cellules, s’invaginant en tubes glandulaires.

Cette muqueuse, sous la dépendance de la fluctuation des hormones ovariennes, est en constant remaniement : prolifération sous l’action des œstrogènes, après la menstruation ; sécrétion sous l’action de la progestérone, après l’ovulation. C’est elle qui desquame, si la fécondation n’a pas eu lieu, pour donner les règles. Si la fécondation a eu lieu, elle persiste et se transforme en caduque pour assurer la nidation de l’œuf. La biopsie de l’endomètre est une exploration essentielle en gynécologie ; pratiquée en dehors de la grossesse, elle permet de préciser quelles influences hormonales a subies l’utérus.


Pathologie

• Malformations congénitales. Elles sont dues à une anomalie dans le fusionnement des canaux de Müller, lors de l’embryogenèse. L’utérus peut être : double, ou didelphe, en cas de non-accollement ; cloisonné, en cas de non-résorption de la cloison ; unicorne, en cas d’agénésie d’un canal de Müller. Ces anomalies peuvent être la cause de dysménorrhée (règles douloureuses, anormales), de stérilité, d’avortements à répétition ou de présentation anormale du fœtus lors de l’accouchement.

• Anomalies de position. L’utérus, organe relativement mobile, est susceptible de positions anormales, congénitales ou acquises. Il peut s’agir de déviations en arrière (rétroversion), de déviations en avant (antéversion exagérée) ou d’une descente de l’utérus (prolapsus), souvent accompagnée d’une chute des parois vaginales (colpocèle), qui entraîne à son tour la vessie (cystocèle) ou le rectum (rectocèle).

• Infections de l’utérus. Elles constituent les métrites. En fait, l’infection est le plus souvent limitée à l’endomètre et constitue une endométrite. L’endométrite peut être tuberculeuse ou à germes banals ; dans ce cas, elle succède à un accouchement ou à un avortement. La présence de pus dans la cavité utérine constitue une pyométrie et s’observe en général comme une complication d’une affection utérine préexistante (fibrome ou cancer).

L’infection peut être également limitée au col de l’utérus et constitue alors une cervicite (exocervicite et endocervicite).

• Tumeurs de l’utérus. Elles peuvent être bénignes ou malignes.

Les tumeurs bénignes se distinguent en fibromyomes, ou fibromes*, et en polypes. Les polypes peuvent être fibreux, muqueux ou d’origine placentaire.

Les tumeurs malignes sont représentées par les cancers du col et du corps de l’utérus.

Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent des cancers de la femme, mais l’un des plus curables en raison de son accessibilité. Il ne se manifeste au début que par des pertes sanglantes anormales en dehors des règles et sans aucune douleur. Le diagnostic en est assuré par les examens cytologiques et par la biopsie du col.

Le cancer du corps de l’utérus est un cancer de la femme après la ménopause. Peu évolutif, il reste longtemps circonscrit à l’intérieur de l’utérus. Comme le précédent, il se révèle par des pertes sanglantes anormales.

La prophylaxie de ces cancers peut être assurée par une surveillance gynécologique rigoureuse et la pratique de frottis vaginaux de dépistage tous les ans à partir de la quarantaine.

Le traitement des cancers de l’utérus fait appel à la physiothérapie (radium et rayons X) et à la chirurgie (hystérectomie totale [ablation de l’utérus] simple ou complétée par l’ablation des ganglions et des tissus cellulaires pelviens [intervention de Wertheim]).

Ph. C.

➙ Accouchement / Fécondation / Génital / Menstruation / Œstral (cycle).

 J. Salvanet, Gynécologie, t. V : les Affections de la vulve, du vagin et de l’utérus (Heures de France, 1958). / J. Huguier et G. Cerbonnet, Chirurgie de l’utérus (Masson, 1961).